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Seul avec ses armes il se défendait contre cette mulli/''^^ |
^ Ceci •■t«iicore unirait emprunté, ainsi que tant d'autrei dans i*iraiM^a"^:*'^, habitudes darEtpagne. Tout à Theure, Tucapel sera comparé par le P<^^* aureau dans i'artne. Or, Ton se rappelle comment le peuple espagnol appl*"''^'.^ siffle le taureau, suivant qa*il est satisfait de ses ezploiU ou indigné de U e^'^^'
barbares Âraucans ^, qui réunis en masse confuse s'efforçaient de le blesser; mais la crainte rendait leurs atteintes légères. Et certes c'était chose merveilleuse que de le voir bondir et fondre sur eux avec une folle furie, briser les membres des combattants, sans qu'ils pussent se garantir de sa massue et de ses vives attaques.
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Devant cet acharnement imprévu, Caupolicân s'irrite et s'enflamme de fureur. Il était résolu à descendre, encore que sa gravité le lui défendit ; mais Lautaro, plein de joie et d'admiration, contemplait cet homme qui seul résistait ainsi à une si grande foule de barbares. C'est à peine si, dans le doute, il pouvait en croire ses yeux K
A ce moment il aborde le général avec toutes les marques du respect, et les yeux baissés vers la terre, il lui dit : « Seigneur, je ne vous demande qu'une récompense, si mon attachement au devoir et mon zèle ne vous semblent pas en être indignes : c'est que vous pardonniez franchement à Tucapel Taudacieuse insolence qu'il a commise. Il nous a montré avec éclat dans cette
1 « Las armas eran soto en defenderle
De la canalla barbara araucana. •
Ce que W^interling traduit ainsi :
« Die Waffen dienten nur, in lu beschûlien Vor der Barbaren grosser Menge. »
Ses armes lui seryaient bien i quelque chose de plus, à tuer ses adversaires; mais elles lui servaient à se défendre »eul contre une multitude, et c'est là l'idée que nous avons essayé de faire ressortir dans notre version.
1 « Pero Lautaro alegre y admirado
Miraba como solo asi contiende .
Un hombre contra tanto barbarismo, Incrédulo y dudoso de si misino. »
Winterling applique le dernier vers aux barbares et traduit :
« Die an sich selbst und ihrem GIQck verzagen. »
Mais si les termes • dudoso de si mismo » peuvent en effet se rapporter à la foule qui combat Tucapel, le mot « incrédulo » ne peut plus convenir aux barbares. Il nous a paru beaucoup plus naturel de Toir dans ce dernier vers une apposition à Lautaro lui-même ; il est ravi d'une telle prouesse, tout étonné, et peut à peine en croire ses yeux.
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lice qu'il vaut mieux à lui seul que toute cette troupe de] guerriers. »
Le général resta quelque temps incertain et irrésolu. Mais i ]a fin, songeant que c'est Lautaro qui demande^ il change aussitôt le projet qu'il allait exécuter^ et répond d'un visage satisfait : « Il trouve ici un puissant auxiliaire, en faveur duquel Je lui pardonne. » Ensemble il dit au héros d'aller vers les combattants, et d'ordonner qu'à l'heure même ils eussent à déposer les armes.
Lautaro descend sur le champ de bataille, et sans retard avec son riche cornet sonne la retraite. A ce signal, la troupe se te* plie et ce mouvement ne coûtait à personne. Il ne mécontente que le barbare intrépide, dont l'ardeur n'était pas encore assouvie. Avec un regard fier^ il se retourne vers Lautaro^ et lui dit, d'une voix haute et libre :
« Comment, brave capitaine I Tu m'as empoché de donner son châtiment à ce vil troupeau, de me voir vengé de ces rustres, et par là de faire éclater davantage ma valeur ? » Lautaro lui répond : « Et quel émule oserait venir prétendre que son bras puisse rivaliser avec le tien^ après la preuve que tu viens de donner ici même ?
« Tu peux venir avec moi; car je t'assure que tu n'as désormais à craindre ni mal ni dommage. » — « Je te jure, réplique Tucapel, que cette £rainte ne saurait m'arrôter d'un pas. C'est dans cette massue que je place mon assurance. Que le reste à son gré aille et vienne. La frayeur est pour les enfants et pour les femmes. Eh bien, allons ; je suis prêt à marcher où il te plaira. »
Tous deox ensemble arrivent au tribunal. Précédé de Lautaro, Tucapel monte les degrés, sans manifester pour ce qui s'est
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passé le moindre signe d'altération. Le prudent général se comprime ; il accueille le guerrier avec des dehors gracieux, et Lautaro, en prenant la parole^ renoue ainsi le fil de la discussion interrompue :
€< Invincible capitaine^ j'ai été attentif aux avis que ces braves ont proposés, et je ne saurais t'exprimer quelle vive joie me donne le spectacle de leur résolution si éclatante. Ai-je moimême la volonté sincère de te servir, c'est ce que diront mes œuvres en échange de tes bienfaits. Pour qu'elles pussent révéler toute ma reconnaissance^ ce serait peu de sacrifier mille fois ma vie.
« Ces vaillants guerriers veulent t'aîder à reconquérir la terre qui est la nôtre, et parce que chacun y a sa part, et parce qu'ils ont soif de la guerre *. Pour moi, bien que tu renfermes toimême toute la sagesse des conseils, je ne puis que t'engager sans cesse à faire ce qui me parait être le plus utile et le plus conforme à l'intérêt public.
a Mon opinion est que tu dois adopter l'avis que t*a exposé le sage Colocolo dans ses paroles pleines de prudence. Aussi bien il me semble de tout point être parfait. Agis donc, puissant général, et que rien ne t'arrête. Fais que ce projet se réalise avant que
*■ « .... Por el vicio grande de la guerra. »
WiiiterliDg traduit :
c Da ûber aie der Krieg sein Unheil ausgegbssen. »
Mais cette explication uous semble peu admissible. Im Araucans aiment les armes, et c*est le sentiment que Lautaro ^eut exalter en eux, au lieu de leur montrer les misères que la guerre entraioe. Vicio exprime très-aouvent un goût décidé, excessif pour une chose. Le Dictionnaire de l'Académie, édit. de 18^3, parmi les différentes significatioos da mot vt'cto, nous donne celle-ci : « Bl gusto especial 6 demasiado apetilo à alguna cosa que incita i usar de ella freeuentemente y con excesso. » Ainsi, au chant vii, oct. 25, nous avons déjà rencontré Tadjectif « viciosos • dans une acception analogue, mais au physique, pour désigner la fertilité surabondante, excessive :
c Mirad loa eampos fertiles viciosos. »
Voyez encore Arauc, ch. xxtii, oct. 24.
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les chré(i<)ns le découvrenl, et parviennent à nous opposer udi plus forte résistance.
« Et puisque Mapocho seule est à craindre, que le reste m présente pas d'obstacles, par le grand Éponanion, confie-moi, je t'en supplie, la charge d'abattre les remparts de cette cité^ J'ai pas à pas mesuré le pays. J'ai toujours combattu avec fô Espagnols. Je connais leurs ruses et leurs stratagèmes. Je san par quels moyens on peut les vaincre, et par quel art, das: quel temps et dans quelles occasions.
« Je demande seulement pour l'entreprise dont je parle, cinq cents guerriers araucans, choisis dans toute l'armée. Pas un soldat de plus ne doit marcher avec moi. Oui, je l'affirme ici, en la présence et devant toute cette assemblée de sages cadques, je m'engage à te remettre entre les mains la ville captivée! cent nobles têtes chrétiennes. »
Le barbare orgueilleux avait fini de parler. Longtemps encore on discuta cette proposition ; mais elle parut être la plus avantageuse, et tous les suffrages se réunirent pour l'adopter. Puis^aui lieux où le peuple se tenait impatient de connaître les nouveaui desseins, les chefs descendirent, et, par une proclamation publique, annoncèrent le projet qu*ils avaient résolu et décrété.
Ils restèrent là durant quatorze jours, en grande réjouissance et au sein des fêtes, livrés aux jeux et à la joie, et engageant des paris à qui viderait le plus souvent la coupe des buveurs. Ensuite rangeant en ordre la foule tumultueuse pour la mener contre les villes du Christ, Gaupolicân marche avec l'avanlgarde, tandis que les derniers bataillons s'avancent guidés par Lemolemo.
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éjà l'armée furieuse est arrivée assez près de Tlmpériale. gré la forte position où cette place est construite, Tennemi 3rbe et vainqueur pensait la livrer sans peine au ravage. 3 l'éternel et tout-puissant souverain avait d'autres vues, et ordres différèrent le châtiment mérité, comme vous le sauen me prêtant une oreille attentive.