CHANT IX
SoaaAiRB. — Les Araocans s'approeheat de t' impériale. — ArrÎTés à me distance de trois lieues, ils sont arrêtés et mis en foîte par une apparition merreilleose. — Us retonment dans leors foyers et y passent l'hiver. — An retour da la belle saison, ils reprennent les armes. ~~ Pendant que les ehefi délibèrent, des messz* gers leur font savoir que les Espagnols relèvent les remparts de Peneo. — Laotaro se précipite en avant aTec ses barbares. — Lotte aehaméc. — IfoaveUe défaite des Espagnols conduits par AWsrado.
Si les hommes ne voient plus autant de miracles qu'ils en virent dans le temps passé, la cause en est qu'il y a aujourd'hui peu de saints et que la loi chrétienne est affermie. Voilà pourquoi Ton s'étonne au récit de tous les faits qui s*élèvent audessus des règles de la nature, et non-seulement on refuse de croire l'auteur, mais on décrédite sa bonne renommée ^
> c T no tolo al antor no dan creencia,
Mas ponen en su erédilo dolencia. »
Il est facile de suivre Tordre des idées qn'Ercilla développe dans les premier» octaves du ix* chant. La rareté des saints sur la terre et raffermissement du christianisme expliquent assez pourquoi les miracles se produisent moins sou- Tent. Dans le train ordinaire de la vie, Dieu accomplit ses desseins par les voies communes. Il est Pauteur suf réme de la nature, et il sait la conduire à ses fini. Cependant, il manifeste quelquefois sa volonté par des prodiges, et, les admettre avec une foi pure est plus méritoire que de les accueillir seulement sur le témoignage de ses propres yeui. Le ciel a permis un miracle pour préparer le changement moral des barbares araucans. Ercilla veut faire le récit d^une de ces inter- Tentions menreilleuses ; mais il a bésité, parce qu*on s'étonne aujourd'hui devant tous les faits qui s'élèvent au-dessus du cours habituel des choses.
Qui pourrait ne pas reconnaître ici la singulière analogie que présentent sur cette matière de croyance, les idées d'Ercilla et celles de Shakespeare? « On dit qu'il D^y a plus de miracles, fait dire le poëie anglais à l'nnde ses per»ouna^es ; et nous avons nos philosophes qui sont prêts à traiter comme choses ordinaires et familières les choses surnaturelles et supérieures aux causes connues. De là vient que nous traitons les sujets de terreur comme des bagatelles, nous retranchant derrière une science apparente, alors que nous devrions nous soumettre à une puissance inconnue. » (Shakespeare, Tout eêt bien qui finit bieUf act. lly se. III, édit. Galignani, p. 2?2, trad. par M. Emile Montégut, p. 496.)
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Que si Dieu veut rétablir un malade, c'est par les procédés ordinaires et avec le temps qu'il le guérit ; s'il veut agrandir un homme *pauvre et misérable, c'est par des moyens habituels qu'il l'élève ; s'il veut abattre l'orgueilleux avec toute sa pompe, il le fait par les voies vulgaires ; de sorte que les choses de cette vie suivent leur cours réglé et gardent leur juste mesure.
Preuve pour nous que Dieu se plaSt à exécuter ses conseils par des lois communes I Son instrument" est la nature dont il est Tunique arbitre souverain. Aussi les fidèles qui croient à un prodige avec la foi pure ont plus de mérite que si leurs organes mêmes le leur attestaient, sans qu'ils fussent, après l'avoir contemplé de leurs yeux, plus capables d'en pénétrer le mystère *.
11 est un événement que j'hésite à raconter ; car j'aime peu les récits qu'un doute pourrait accueillir. C'est un fait étrange et miraculeux, mais dont toute une armée fut témoin, et bien que j'éprouve à le redire quelque scrupule, par les motifs que je viens d'exposer, grand Prince, je ne laisserai pourtant pas de le rapporter, puisque les Indiens ne cessent de le soutenir*
Nous savons avec évidence aujourd'hui que pour étendre sa loi sacrée^ notre Dieu a permis que des miracles eussent lieu et que l'ordre naturel fût interverti. L'on pourra donc admettre
1 Winterling supprime la troisième octavei Le raisonnemeot d'Ercilla est écourlé par là et demeure incomplet. De pareilles discussions ii'ont rien de déplacé dans i*A7'aucana. Nous comprenons mal pourquoi le religieux Ercilla eût dû s'absteiiir d'aborder ici une question de théologie, lorsque Rotrou, dans Saint Genest^ lorsque Corneille^ dans PolyeuctCf ne craignent pas de mêler à l'émotion dramatique^ de beaux vers sur ta grâce, et de traiter une matière dont ra£folaient leurs contempo^ rains. Ce qu'osait, sous Louis XIU et sous Louis XIV, la poésie de théâtre, devait-il être interdit à l'épopée espagnole, au seizième siècle ?
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que pour amener à la foi une nation aux coutumes barbares et au cœuraveugle, il se soit servi de merveilles éclatantes ^.
J'ai dit que Tannée araucane s'était arrêtée à quelque distance de l'Impériale. C'était à trois lieues de la ville, dans une heureuse situation et dans une vaste plaine. Caupolicân avait résolu d'entrer dans les murs à force ouverte ^ Hais Dieu différait le châtiment de son peuple ingrat et opioifltre. Il usait de clémence et laissait flotter les rênes '•
L'Impériale manquait d'armes, de munitions et de vivres Ml y avait une troupe d'élite, trop peu nombreuse toutefois pour livrer bataille. Au dehors les fondements de ses remparts étaient ébranlés. La moindre force suffisait pour les faire tomber eo ruines, et pas un homme ne pouvait échapper de l'enceiote, si la nation barbare venait en vue de la place.
Vin
Déjà le camp allait s'ébranler ; déjà la trompette sonnait la marche. Tout à coup l'air commence à devenir trouble, et à s'épaissir avec de sinistres pronostics. Les nuées pressent les
i Octive effacée par VfÎDterliog. Il est pourtant facile de la justiBer. KrcilU m demande si Dieu n'a pas touln frapper par une merveille l'esprit des Indiens pour les amener sous l'empire de U-religiou. Or, la conquête des Ames à la loi cbrctienne n'est-elle pas la cause, Tiagt fois signalée par Ercilla, qui a proToqué la prc senee des armées espagnoles au Chili et dans toutes les régioDF australes ? Il y a dune là une pensée étroitement unie au sujet principal, et que rien n'autorise à faire disparaître.
s Pueblo est un yillage, une ville ; c'est une réunion d'hommes, toute agglomération d'habitants, plus ou moins considérable.
8 « Rienda. » La métaphore est sans doute empruntée du cavalier; mais c'est ici uoe image pleine de noblesse etd'éléfalion. Dieu tient les rois et les peuples dans SCS mains puissantes ; il les gouverne du haut du ciel, il lâche ou serre les rênes.
^ ■ Vitualla. » Le mot français qui répond directement au terme espagnol appartient à notre langue familière. Le rat voyageur de La Fontaine aperçoit une huitre ouverte et s'extasie sur cette vietuaille (Fables^ VUI, 9). Mais nous admet, trious difficilement une pareille expression dans le style épique. « Lebensmitteln n qu'emploie 'WinteMing, est lui-même plus fait pour la prose que pour les vers.
nuées. Une turbulente rumeur s'élève. Ayec des chocs terribles et irrités, les quatre vents déploient leur fureur *•
Torrents de pluie, flots de grêle meurtrière se précipitent des nuages confondus. La foudre éclate. Le tonnerre, l'éclair impétueux décbirent le ciel et entr'ouvrent la terre. Les vents reprennent avec courroux, ils rivalisent de violence. Ce que touche leur troupe rapide, elle Tarrache et Tentraîne dans son implacable tourbillon '.
Une crainte égale accablait tous les guerriers. Il n'y eut courage, il n'y eut cœur si intrépide qui, dans un tel désordre, telle furie et tourmente, ne tremblât, fût-il d'acier. Dans ce moment Eponamon se présente à leurs yeux sous l'image d'un dragon épouvantable et hideux '. Sa queue formait d'horribles
1 Rapprochez de cette description celle que don Ercilla a déjà faite d*ua autre orage affreux, au ive chant de son poëme, octaves 62-64. — Malgré roriginalité bien réelle de tout ce morceau, l'on seut ici Tinfluence de l'antiquité, et particulièrement celle de Virgile. L'écrivain avait sous les yeux un double modèle, la peinture de VÉnéide, ch. I, ▼. 86-96, et surtout les admirables vers des Géorgiquesy I, 356-359 :
0 Continuo, ventis surgentibus, aut fréta ponli
Incipiunt agitala tumescere, et aridus allis
Hontibus audiri fragor, aut resonanlia longe
Littora misceri, et nemorum increbrescere niurmur. »
C'est bien là le :
« Turbulento ramor se levantaba, Que con airados impetus violentes Hostraban su furor los cuatro vientos, ele. »
Cf. encore, ifttef., v, 322 et suiv.
2 « Agua recia, granizo, piedra espesa
Las intricadas nubes despedian^ elc. »
Harmonie imitative d'une rare beauté. Images brèves et fortes, qui rappellent plutôt cette fois la manière d'Homère, mais auxquelles il faut reconnaître un caract»-/e distinctif.
8 « En esto Eponamon... • Comme Ercilla, Dante el le Tasse font toujours précéder ou accompagner le démon par la tempête. C'est le roi des ténèbres et des ouragans, et il se dissipe toujours en fumée. Voyez, dans le Pargatorio, l'épisode de Bonconte de Montefeltro, dont le corps avait disparu à la bataille de Campaidino, sans que jamais on eût connu le lieu de sa sépulture. Au moment de mourir, • une pauvre larme [una lagrimetta) lui valut de ne pas voir tomber son âme entre les mains qui l'atteudaienl; mais l'esprit maudit sut user cruellement du corps qu'il
replis ^ Enveloppé de feux^ d'une voix rauque et farouche, l leur parle aussitôt.
pouvait tourmenter sur U ieric. « De Pratomagno jusqu^aux cimei de TApennic, il couvre la vallée d'un sovbre nuage ; les vapeurs dont Pair est chargé se chaogent en eau; la gluie tombe, des torrents ae forment de celle qae la terre n'a p recevoir. ■ (Cmt. v.) !<< cadavre de Bonconte est entrataé par un torrent, pousse daus TArno, enseveli sous les sables. C/est encore avec le cortège des sombr» nuées et de l'orage que les anges déchus apparaissent dans les fictions de la Genialemme libberata. Godefroi de Bouillon est sur le point de remporter uue Tictoire complète, « et si J)ieu n*ea avait fité le jour dans ses éternels décrets* ie caiBf invincible aurait saos d<Mi|c, ce jour-là même, atteint le but de ses pieuses Tatigues. Mali la cohorte infernale, qui voit son empire menacé dans ce combat, usant du pouvoir qu'elle possède, condense soudain Tair en nuages et déchaîne les Tents. In voile noir dérobe aux mortels le jour et le soleil. Le ciel devient plus ténébreoi que l'enfer; il s'embrase de foudres et d^éclairs; les tonnerres grondent : la grêle tombe sur les prairies qu'elle ravage, et iuonde les campagnes. Ce grand ouragao brise les rameaux, et il semble qu'il déracine non-seulement les chênes, mais aussi les rochers et les collines. La pluie, le vent et l'orage frappent à la fois les Francs dans les yeux. Cette violeute tempête inattendue inspire aux troupes une terreur fatale et les arrête. Quelques-uns se groupent autour des drapeaux, qu*il« peuvent à peine apercevoir. • Clorinde profite de la tempête déchaînée par Veuter pour renvoyer aux croisés l'épouvante qu'ils répandaient. Malgré d'héroïques efforts, Godefroi est forcé de rentrer avec les siens dans l'intérieur des retranchements. Là même « les Francs ne peuvent entièrement se soustraire à la violence de celte horrible tempête. Les feux s'éteignent ; l'eau pénètre partout ; le vent mugit, déchire les toileSf rompt les palissades et les disperse. La pluie fait avec les cris, les vents et le tonnerre une harmonie épouvantable qui assourdit le monde. • (Ch. vu, oct. lU-12t, trad. de H. Auguste Desplaces. Paris, IBM.)
^ « Con enroscada cola. • Eponamon est un personnage déjà esqwissé par le poite; cf. AraucatiOf ch. i, oct. 40-41. Cette fois, il est représenté sous la forme extérieure qu'il préférait d'ordinaire dans ses apparitions. Ercilla le figure avec quelques-uns des attributs dont le démon était affublé au moyen âge ; voici bien le dragon.avec sa queue entortillée et sa voix affreuse. Il ne lui manque que les cornes et le pied fourchu* Le Tasse a conservé aux puissances de l'abime les mêmes traits matériels et leur grossière animalité. « Les unes impriment au sol leurs pieds de bétes fauves et sur un front humain ont pour cheveux des serpents entrelacés. Derrière elles, s'agite une immense queue qui, comme un fouet, se replie et se déroule..*. Pluton siège au milieu, et porte en sa main droite un sceptre grossier et pesant* Il n'est pas d'écueil en mer, ni rocher des Alpes, pas mêïne Calpé ou le grand Atlas, qui ne semble une petite colline auprès de lui, quand U lève son grand front et ses grandes cornes. » {Jérus. déliv.f ch, iv, oct. 4-6; trad. deV . Desplaces, p. 70.) Ce diable populaire peut sembler effrayant ; mais il est loin d'atteindre, pour l'originalité sauvage du tableau, à ce roi des Enfers dont l'Alighieri nous a tracé la peinture. « Le souverain de l'empire des douleurs se trouvait hors du lae glacé jusqu'au milieu de la poitrine. Je serais plus près d'atteindre à la taille des géants, que ceux-ci à la longueur de ses bras. Juge maintenant ce que devait être le tout, proportionné à une telle partie. S'il fut aussi beau qu'il est affreux aujourd'hui^ et s'il eut l'audace de lever les yeux contre son créateur, c'est bien de lui que doit tenir toute désolation. Il m' apparut comme un étrange miracle, quand je via sa tète avec trois faces...* Au-dessous de chacune d'elles s'étendaieut deux grandes ailes assorties à un paçeil oiseau. Jamais navire ne déploya des voiles plus larges. Ces ailes, dépourvues de plumes, étaient comme celles de la chauve-souris. Quand il les
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11 leur crie d*aller^ de courir vers la Tille espagnole épouvan-
agitait, elles donnaient au veut troii mouvements différents. Àut<fur de lui le Cocyte était entièrement gelé. Il pleurait par ses six yeux et les larmes coulaient sur ses trois mentons, aiec un mélange de bave et de sang. » (7n/i?rn., eant. xxxit, trad. de V. Hesnard, p. 437, suiv.) Dante ne va pas Jusqu*à dire avec le Tasse : « L'odeur fétide, les noires haleines et les étincelles de sa bouche sont pareilles aux tourbillons de soufre et de feu, accompagnés de puanteur et de tonnerre, qui sortaient du mont Gibel. • [Loc, cit., ch. iv, oct. 8.) Il a d*autres pensées en décrivant le centre de Tabîme et le cercle des traîtres : « De chaque bouche il broyait un pécheur avec ses dents, comme fait la machine à briser le chanvre, et il en mordait trois a la fois. • Ces trois damnés sont, étrauge rapprochement ! Judas Iscariote, Brutus et Cassiue. C^est en s*attachant aux poils des côtes velues de Lucifer, que Virgile sort de la triste région, tandis que le poëte étreigaait de ses bras le cou de ^on guide. Le Satau de Milton nous montre encore le génie du mal sous un aspect différent. Milton s'est élevé à la plus haute poésie. Son archange n*a pas cessé d'être beau et semble plus digne de la composition épique. Rebelle et sillonné par la foudre, il conserve une beauté voilée et obscure, mais indice encore d'une céleste nature. C'est un soleil éclipsé. Il conserve une rare puissance de métamorphoses, et, lorsqu'il traverse les mondes, il trompe jusqu'à l'œil vigilant d'Uriel. C'est là une admirable -variante et une création rare. Le démon apparaît tout entier dans le caractère moral de Satan. Ici la peinture est aussi forte et aussi saisissante que lorsqu'il s'agit de son enveloppe extérieure. L'orgueil, l'envie, la vengeance, TopiniAtreté patiente, la ruse et l'énergie, forment on ensemble effrayant et sombre, et laissent dans notre esprit l'impression d'un être extraordinaire, aussi terrible qu'odieux. Il lutte malgré les coups qui l'éerasenf. 11 est implacable dans son acharnement et dans sa haine. Enfin uae dernière forme ou plutôt un dernier type de démon est celui que QqUthe a créé dans son Faust; nous voulons parler de Héphistophélès. Dans la pièce allemande, un déd est hardiment proposé à Dieu par l'esprit du mal; il s'engage à lui enlever l'âme de Faust.. U se croit sur de la victoire. C'est toujours l'orgueil indomptable qui l'a perdu et qui Survit à sa chute, comme dans l'épopée anglaise. Mais cette fois il a à la bouche une raillerie plus acerbe et plus familière. Il descend jusqu'à une jovialité narquoise et bouffunue, à des sarcasmes sceptiques mêlés aux jeux de mots dont il assaisonne sa tentative malfaisante. Il s'est adapté aux convenances du drame. Son accoutrement même est celui d'un diable de comédie. Tous ne retrouvez plus en lui cette grandeur colossale et ce reste d'éclat dont l'illunnine le poëte anglais. Son rôle a été merveilleusement compris par les artistes qui ont accompagné de leurs dessins l'œuvre de Gœthe. Sous leur crayon, Uéphisto* phélôs a revêtu le petit manteau ; il porte pantalon collant et souliers à la poulaine ; il a mis à son béret d'étudiant une plume de coq» et il s*est armé d'une rapière. A son langage partout imprégné de blasphèmes et d'impiété insolente, vous voyez que» s'il a traversé l'empire des sorciers, il a fréquenté aussi l'école des sophistes. Il a hérité des doctrines de Pangloss. C'est un diable civilisé; il discute, il argumente ;il usurpe volontiers le bonnet et la robe de docteur* Vous n'entendez plus ces éclats d'éloquence, fière et tribunitienne, que le Satan de Milton emprunte aux débats oragtiux du parlement; moqueur, suborneur, il a de la raillerie stridente et irrémédiable de Figaro. Il ressemble souvent à un Pasquin spirituel et faofnron, sardonique et audacieux. Seulement il porte une marque indélébile, et dénote sa déchéance par ce pied de cheval traditionnel qu'il ne saurait tnut à fait dissimuler. Déjà Héphistophélès avait quelques-uns de ces traits de physionomie dans % trffgé-
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tée : quel que soit le côté par où ils arriveront S elle senpi eux une facile conquête ; qu'ils la livrent au fer et aul. qu'ils ne laissent pas un homme vivant, pas un mur deb Tel était son langage, et tous Fentendirent. Puis il se dissipa fumée % et échappe à tous les regards.
Aussitôt les éléments confondus apaisèrent leur agitation, les quatre vents déchaînés s'enfuirent dans leurs cavernes M^ nuées se retirèrent vers leur demeure et cessèrent de cou^^ les cieux et le soleil, rendus à la clarté \ Seule, la crainte:: laisse pas sa place inoccupée dans la poitrine la plus audacieuse
die anglaise de Uarlowe ; mait c'est le drame de Gœthe qui iea a borinésà j»' Dant le rapprochement de cet portraits divers une grande supériorité tpp»'^''^ à Hilton, à Goethe et à Dante. Le Tasse et Ereilla n*out pas ajouté antu^f"^'' la légende des peuples. Ils ont mieux aimé reproduire le type conna ^ ^^W*'' Mats par quelle ravissante poésie, par quel contraste délicieux récrivaii «^fne va*t-il pas, dans un instant, dédommager ses lecteurs 1 Ajoutons que, po«'' poète historien, jalour de reproduire en beaux vers les merTeilles héroîqncs^''| compagnons d'armes, le prince des ténèbres ne pouvait avoir les mêmes ^t^' remplir un rôle aussi dominant que dans ces vastes épopées reUgi-'o^'s ot * drames immenses dont l'antagonisme entre le ciel et la terre, la foi dans TiaELi luttes engagées pour la cause de Dieu même, forment la base essentielle. I
1 « Que por cualqaier» fcanéa que U^asen. »
Le mot banda est resté dans notre langue pour quelques déstgaatioss g^ i ques. Ainsi nous disons la t bande orientale » pour le territoire de Hontevid' | posé à celui de Buenos-Ajres, en prenant pour ligne de démarcation le ^'■ ruruguay. ,
* t Bu humo se deshiio » La fumée est inséparable des mauvais géai>i forme, si j'osais le dire, leur cortège naturel. Il n'est pas nécessaire de votr k • ' imitation du vers de Virgile :
« Tenues..*, ceu funns, in auras. >
S De Virgile, aoa medèle. Krcilla reproduit jusqu'à ridé« de ces eavemcs(r&'' j
bien décrites au premier livre de Tépopée latine. Mais, avec le guât qa« '' '^!,
inspire, il écarte tout souvenir de paganisme réel. Eole, Mars, FAmovr, Diao«.>
plus d'action, et restent seuleoMat, nous le répétons, des figures p«élJq««*; i
^ Belle opposition, entre It calme et la tempête qui le précède. Cf. Vic]^ù<« ^^