‹ L'ArchbitectureChapitre 2 sur 6 · MOYEN AGE. — XIII' , XIV ET XV SIÈCLES. — TYMPANS DES PORTES · texte numérisé non relu

MOYEN AGE. — XIII' , XIV ET XV SIÈCLES. — TYMPANS DES PORTES

comme il faut reconnaître aussi que, joint à d’autres exemples, ce fragment peut donner une idée de ce que fut la décoration des églises ( l ) à telle époque du moyen âge.

Presque toutes les portes peintes ainsi que leurs tympans, qui sont situés à l'extérieur, ont, en grande partie, perdu leur coloration primitive, et il ne reste, eu général, que de faibles traces de couleurs. Une telle altération s'explique d’elle - même ; mais, j'en signalerai la cause : leur situation , qui les expose sans cesse et depuis tant de siècles aux injures du temps et des hommes, devait, l6t ou tard, produire un semblable résultat. Cependant, par un heureux hasard, quelques-unes d'entre elles ont pu arriver jusqu'à nous dans uu étal plus ou moins complet, et nous fournir ainsi des renseignements précieux sur le mode de décor propre à celle |>arlie. Leur conservation semble presque toujours due à des appropriations que l’on fil de la profondeur de ces portes. Pour cela, on élevait uu mur au droit de la façade, ce qui créait uu espace lilue ou local dont on utilisait le vide selon les besoins. A une certaine époque, notre porte de Reims fut, en effet, close par une maçonnerie qui protégea celle décoration peinte, et cet endroit, qui est couligu au trésor et à la sacristie de la cathédrale, («irait avoir reçu dés lors la destination de sacristie secondaire. C’est donc, fort vraisemblablement, à cette cause ou à uu bcsoiu de locaux que l'on doit la conservation de ce curieux spécimen.

Ou comprend très-bien qu’il uous est impossible d'aborder une élude du décor extérieur des églises; un seul exemple ne saurai! suffire pour en montrer l'application ainsi que les modes dl sers aux différentes parties de l'édilice. Tout ce qu’il est |>eriuis, c’est de faire remarquer, dans notre tympan, la simultanéité d’emploi ou de combinaison de deux modes décoratifs : la peinture appliquée sur surfaces planes et la peiuture appliquée aux travaux de la sculpture ; enfin, on doit signaler encore, dans les peintures murales, le caractère du dessiu et la composition des formes de certains ornements. Plusieurs d'entre eux rappellent, de tous points, certains analogues observés dans les miuialures de l'époque, et la fig. 7, en particulier, de notre Planche tU's Détail I reproduit un de ces motifs d’enroulements qu’on retrouve dans les ouvrages eu métal, tels que filigrane, etc. Or, ces différentes remarques prouveut, une fois de plus, l’existence presque constante de celle loi, si souvent reconnue, de l’unité dans l’art, puisqu'ou constate la présence des mêmes idées et des mêmes moyens appliqués daus des choses de nature évidemment diverse.

(I) Dans les notices; consuerve* uu Portait et aux Porches de ta cathédrale de Chartres, nou* a\ on» dit quelque* mots de I* sculpture considérée comme système de décoration extérieure.

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