‹ L'ArchbitectureChapitre 4 sur 6 · MOYEN AGE. — VUE ET IX' SIECLES. — VANTAUX EN FONTE DE BRONZE · texte numérisé non relu

MOYEN AGE. — VUE ET IX' SIECLES. — VANTAUX EN FONTE DE BRONZE

On conçoit qu’après un tel concours de circonstances, l'œuvre par excellence de Charlemagne, la chapelle de son palais, doive plus que tout autre monument porter les traces ou la preuve de cet enthousiasme, et, comme on le voit, la seule investigation de ces vantaux confirme déjà la véracité des écrits. Pour qui les examine , il devient évident qu'ils sont, en grande partie, conçus et exécutes sous l'influence et dans la donnée des traditions antiques mais surtout romaines, et celte remarque n’a certes rien qui nous étonne; car, indépendamment d’une certaine analogie de composition et de dispositions, l’archéologue y découvre encore l’emploi d'éléments qui sont surtout propres à l’art de l’ancienne Rome, tels qu'oves, perles et canaux ; eufin , il n'est pas jusqu'à l’agencement de ces têtes de lion , placées sur chacun des vantaux , qui ne vienne offrir comme une espèce de preuve de leur source ou de leur origine.

Nous avons dit plus haut quelle est, de nos jours, l’excessive rareté des œuvres de la plastique carolingienne; peut-être, est-ce ici le lieu de le prouver en ajoutant qu'à part certains diptyques, des monnaies, quelques bijoux, désarmés, des ustensiles et une statuette, perdue à jamais pour notre pava, les vantaux et les clôtures d'Aix-la-Chapelle sont, assez vraisemblablement, les seuls ouvrages qui nous restent et qui aient survécu à l’action du temps ou à l’incurie dos hommes. Aussi , n'en saurions-nous recommander assez l’élude à l’attention de nos lecteurs; car, ils leur offrent, d'une part, cet avantage de donner une idée exacte de l étal de l'art au VIH ' siècle, et, de l'autre, ils fouruisseul des documents précieux sur la condition de la technique à cette épispic. Ces quelques lignes n’ont donc d'antre but que de faire comprendre la place, réellement considérable, que ces œuvres occupent dans l'histoire de l’art et dans celle non moius importante de la fonte du bronze.

Par suite de remaniements, l'édifice de Charlemagne ayant subi des modifications qui en ont altéré les dis|Kisitions primitives, nous devons prévenir que ces vantaux u’occupenl plus leur place originelle; on les voit agencés à une espèce de porche dont la construction paraît dater de* XVII? ou XVIII" siècles. A la vue de ce changement, Ciampini, et, plus tard, quelques autres archéologues ont, avec beaucoup de vraisemblance, émis la pensée qu’ils avaient dû être établis sur les points suivants : les ijrumls, à l'entrée prineipale. lundis que les pcli/i servaient plus spécialement de clôture à des portes ouvertes dans les faces ou les murs de l’axe transversal .

. Ces considérations posées, analysons maiuteuant la coui|H>sitioii ainsi que le décor de l’une

et l’autre couple de vantaux, et tâchons d’y trouver, s’il se peut, quelques indices propres à nous faire découvrir quels en furent les auteurs.

Le système général est particulièrement basé sur celui de la disposition eu panneaux ou compartiments, et le nombre comme l'iin|)oriancc de ces derniers varient suivant les dimensions de l'ouverture qu'ils fermaient. Sous le rapport de la composition, les petits vantaux nous paraissent se rapprocher le plus des vantaux de l'art antique cl offrir quelque ressemblance avec certains exemples observés à l’ompéi, sur les bas-reliefs cl dans les peintures romaines. Comme aux battants du temple de Rémus à Rome, les encadrements des panneaux sont chargés de rangées de perles, auxquelles on a joint ici deux ou trois autres élémeuts décoratifs ; ces éléments coustiluent, a très-peu près, l’eusemble du décor, c’est-à-dire qu'ils ornent à la fois et le cadre de chaque vantail et ceux aussi de tous les panneaux des buttants. Il est, toutefois, une remarque que nous nous permettrons de faire : certains profils out du rapport avec plusieurs des moulures qui décorent le chambranle de la porte du tombeau de Théodoric à

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