REELLE
Le premier décor convenable à une tombe est celui qui rappelle aux parents et aux amis le souvenir du
1. Kraus, R. E,, art. Handwerker, Instrumente, Kampf. — RoLLER, ch. IX. — WiLPERT, Ein unbekanntes Gem'àlde.., und die cœmeterialen Fresken mit Darstellungen ans dem realen Leben (R'ômische Quartalschrift, 1887).
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mort qu'ils ont perdu, c'est l'épitaphç et le portrait. La plupart des épitaphes aux catacombes sont d'une simplicité extrême, qui ne relève guère de l'étude d'art. En dehors des symboles chrétiens dont nous aurons à nous occuper, ces graffiti élémentaires reproduisent parfois les traits du mort (fig. i8), plus souvent les insignes de sa profession, les outils dont il se servait. C'est une heureuse nouveauté que ces épitaphes chrétiennes où paraît la dignité des métiers les plus humbles, où le
marteau, la scie et la doloire du charpentier accompagnent la serpe du vigneron, l'équerre du maçon, l'enclume du forgeron, le burin du graveur, où nous reconnaissons les balances du marchand, le métier du tisserand, la trousse du chirurgien.
Les portraits sont rares dans les fresques des catacombes : il ne seyait guère à la modestie chrétienne de glorifier la dépouille périssable ; et nous verrons bientôt quelle noble figure symbolise l'âme en possession du ciel. Il faut dire aussi que la sculpture, mieux que la fresque, avait l'habitude du portrait, et que le médaillon central — le clypeus — des sarcophages était déjà dans l'art païen réservé à l'image du mort (fig. 208). C'est dans un médaillon circulaire, analogue à ce clypeiiSj que sont peints, aux catacombes, quelques-uns des meilleurs portraits : au cimetière de Domitille, un buste d'homme barbu, la poitrine nue et l'épaule cou-
Fig. 18, — Épitaphe de Severa,
provenant du cimetière de Calliste
(musée de Lateran),