LE SYMBOLISME
L'art des catacombes est surtout un art symbolique. De là ses qualités et ses défauts, l'austère noblesse, la simplicité de moyens, mais aussi le maaque de traits pittoresques et individuels. Les images qu'il trace, outre leur sens évident et en quelque sorte extérieur, ont un sens intime, approprié à certaines idées religieuses et morales chères aux premiers chrétiens. C'est à déterminer ce sens profond que les esprits se sont donné libre carrière ; des écoles ont surgi, qui luttent encore avec acharnement,
« Toute la religion, ses dogmes, ses enseignements moraux, ses espérances, ses promesses, sont figurés en un langage hiéroglyphique, dans un vaste système de symbolisme savamment organisé », disent avec
I. Martigny, D, a, C, art. Discipline du secret, — Kraus, R, E., art. Symbol, — Raoul Rochette, Discours sur Vorigine des types,,, qui constituent Vart du christianisme, — Schultze, Hasenclbver, Pohl, ouvrages cités. — âubé, la Théologie et le Symbolisme dans les Catacombes de Rome (Revue des Deux Mondes, i5 juillet i883). — Le Blant, Étude sur les sarcophages chrétiens.,, de la ville d'Arles, Introduction, IV et V. — Libll, Die Darstellungen der allerseligsten Jungfrau, p. iSy-Sg.
Martigny tous ceux qui, depuis Bosio, veulent trans' former les peintures des catacombes en une sorte de catéchisme des pauvres et des illettrés. Nous avons vu, en étudiant les peintures de métier, à quelles singulières erreurs s'exposaient ces archéologues. Raoul Rochette, au contraire, partant de ce principe très juste qu' « un art ne s'improvise pas », ne voyait dans les premières peintures chrétiennes qu'une transformation lente des types païens peu à peu pénétrés de l'esprit nouveau. M. Schultze s'attache à y découvrir une philosophie populaire appuyée sur la croyance à la résurrection, et tout étrangère aux subtilités de l'enseignement ecclésiastique : thèse ingénieuse et insuffisante, que certains représentants de l'école protestante ont poussée jusqu'à l'absurde, interprétant au sens ornemental ou historique nombre de sujets où le symbole est manifeste.
On oublie, dans ces théories trop absolues, les périodes qui divisent assez nettement l'histoire de l'art aux catacombes. Ceux qui veulent voir dans nos peintures un exposé complet du dogme chrétien, nous citent avec prédilection quelques fresques évidemment liturgiques; mais ils devraient songer que ces fresques appartiennent au m® siècle, et ne se rencontrent que dans certaines petites chambres du cimetière de Calliste, le cimetière ecclésiastique par excellence; c'est une exception dans le décor des catacombes. D'autre part, on répond justement à l'école adverse que les peintures strictement ornementales et d'origine païenne (celles que nous avons décrites au précédent chapitre) sont -ou peu nombreuses ou de petite importance, et