LE CYCLE DES OISEAUX
€ÎPH
excellence, et le symbole le plus fréquent dans Fépigraphie funéraire. En passant de la décoration païenne à Part chrétien, Toiseau de Vénus devient la colombe biblique; et s'il joue parfois encore, aux extrémités d'aune paroi peinte ou aux angles d'un plafond (fig. 35), un rôle purement ornemental, il faut bien convenir, à le voir constamment répété par les fresques, les inscriptions, les lampes, les verres dorés, qu'il tient au plus profond du symbolisme chrétien, et par un triple sens. C'est d'abord la colombe de Noé, qui porte dans son bec ou dans ses pattes le rameau d'olivier : la messagère de paix, l'espérance du ciel après les
souffrances de la vie (fig. 47). C'est aussi le symbole de l'âme chrétienne ; mais, à la différence de la brebis qui représente l'âme dans la vie terrestre, la colombe signifie l'âme affranchie par la mort : ainsi, sur une très ancienne épitaphe, aux images de deux colombes sont joints les noms des deux mortes : BENERIA, SABBATIA. Ailleurs on trouve ces charmantes appellations : âme simple, âme tout innocente, colombe sans fiel, esprit saint {anima simplex, anima innocentissima, palumbus sinefel, spiritus sanctus). Et si ce terme d'esprit saint, joint à l'image de la colombe, peut s'appliquer à l'âme purifiée par le baptême, c'est que la colombe biblique, apparaissant au baptême du Christ, et que nous voyons aussi figurer dans les fresques des
Fig. 47. — Fragment d'épitaphe du cimetière de Calliste.
Fig. 48. — Fragment d'épitaphe du cimetière de Cal liste.
catacombes, préside aussi, comme image du Saint- Esprit, au baptême des néophytes chrétiens; un fragment de coupe baptismale nous la montre planant audessus de la tête d'une jeune fille, Albana, qui reçoit le baptême par infusion (fig. 240).
Le symbole de la colombe est un de ceux qui ont pénétré le plus tôt et se sont perpétués le plus longtemps dans Part chrétien. Les sarcophages et les mosaïques figureront parfois les apôtres sous l'image de colombes, et nous montreront aussi les colombes, symboles des âmes fidèles, posées en adoration sur les bras de la Croix. Peut-être faut-il voir le premier type de cette représentation dans une des plus anciennes fresques de la crypte de Lucine (fig. 49) : deux colombes, posées, à droite et à gauche, sur deux troncs d'arbre jumeaux, se tournent vers un tronc plus élevé, d'où jaillit un rameau verdoyant.
On est d'autant mieux tenté d'attribuer un sens mystique à cette gracieuse peinture, qu'elle répond, dans la même salle, à la fresque tout analogue où le vase de lait vénéré par deux brebis nous est apparu comme un clair symbole de l'Eucharistie.
Fig. 49. — Fresque de la crypte de Lucine.
LE CYCLE MARITIME