‹ L'archéologie chrétienneChapitre 32 sur 68 · E:NO · texte numérisé non relu

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Nous savons, par les écrits des Pères, que la croix et le signe de la croix furent chèrement aimés des premiers clirétiens, mais nous savons aussi que PEglise ne laissa pas représenter l'image de la croix tant que durèrent les persécutions.

Il était impossible d'exposer aux railleries païennes la figure du divin Crucifié et l'instrument de son supplice; les absurdes calomnies courantes sur

Padoration d'une tête d'âne et d'une croix montraient bien à quelles profanations on se fût exposé. Le musée Kircher, à Rome, conserve la célèbre caricature du Crucifix découverte au Palatin et publiée en i856 par

I. De Rossi, De titutis christianis carthaginiensibus (Spicilegium soîesmense ), — Garrucci, Un crocifisso graffito da mano pagana nella casa dei Cesari sul Palatino,' ï856, — Kraus, R, E, art. Kreu^y Monogramm Christi,

Fig. loo. — Caricature du Crucifix.

L^ARCNÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

\> j\ v^rnicci (cig. loo). Elle date de la fin du ii« siècle, ^ t t*i^ partie de ces innombrables griffonnages - •♦c^ à U pointe sur les murs du Pœdagogium, Papvvrtc^Kttl des pages, dans les dépendances du palais A.vm^ "^^ P*®^ d'une croix sur laquelle est attaché .^^ v^f^innage à tête d'âne, un enfant debout fait le ^(^^ X« Joration antique, en approchant sa main droite jft ^ bouche. Au-dessous est écrit : « Alexamène adore ^^ Weu », ALEEAMENOC lEBETE ©EON, et ce nom ;><^|^x^inène est encore répété au mur d'une autre ^mbre : Alexamenos fidelis .

La religieuse prudence qui empêchait les premiers chrétiens de tracer sur leurs monuments l'image même vW la croix leur suggérait, pour l'indiquer, des repré- ^ntations détournées et symboliques : ainsi l'ancre coupée d'une pièce de bois transversale (fig. 53), le mât Je navire barré d'une antenne (fig. 65), le trident, auquel est parfois suspendu le poisson (le plus parfait symbole du Crucifix, fig. 54). Le tau grec (fig. loi a), image de la croix dite commissa ou patibulata^ c'est-àdire du gibet, se rencontre, avant la Paix de l'Église, sur quelques rares monuments (fig. 59). Quant à la croix équilatérale, dite immissa (é), la croix grecque ou latine habituelle, M. de Rossi n'en connaît qu'un exemple avant Constantin : c'est au bas de l'inscription POY0INA EIPHNH (Rufine, repose en paix), gravée, à la fin du II® siècle, sur un marbre des cryptes de Lucine. Une forme singulière de la croix est la forme dite gammata, composée de quatre f réunis [c) ; c'est plutôt d'ailleurs un simple ornement d'origine orientale, qui ne pénétra aux catacombes que vers la fin du m® siècle.

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