LE MONOGRAMME ET LA CROIX
La forme dite decussata [d] se rencontre dans quelques re'gîons du cimetière de Calliste. Combinée avec un I (e), elle devient un monogramme qui réunit les deux premières lettres des mots IHIOYC XPIITOC-
Fig. 101. — Formes diverses de la croix et du chrisme.
Ce monogramme apparaît peu de temps avant la Paix de l'Eglise; et presque aussitôt il est remplacé par le monogramme dit constantinien, qui réunit les deux premières lettres du mot XPI2T0C (/).
Sans doute connu avant la vision qui le fit adopter
par Constantin, le célèbre monogramme n'apparaît seul que depuis la Paix de l'Église ; c'est comme la signature chrétienne des monuments nouveaux.
Partout multiplié dans sa forme originale, au cours du iv« siècle, il se complète bientôt par les lettres A et H qui l'accostent à droite et à gauche, et souvent il s'enferme dans un cercle symbolique (fig. 102). A partir du v® siècle, ce même
Fig. 102.
Disque d'albâtre
(musée Kircher).
Fig. 103.
Monnaie de Constantin.
L'AKCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
monogramme prend le plus souvent la forme d'une croix ansée {/).
Le labarum constantinîen (fig. io3), renseigne où brillaient les initiales victorieuses du Christ, devenait, aux yeux de Minucius Félix, une figure de la Croix. Mais il est singulier qu'après Pinvention de la vraie Croix par sainte Hélène, et la dispersion de la précieuse relique dans tout le monde chrétien. Part ait tardé à
Fig. 104. — Croix et colombes (cimetière de Calliste).
représenter isolément le signe du salut. Aux catacombes, on n'en connaît que deux images datant du IV* siècle; encore semblent-elles dissimulées: c'est, au fond d'un arcosoUum du cimetière de Calliste, parmi des rameaux de feuillage et de fleurs, un fût verdoyant coupé d'une branche également verte, abritant deux colombes posées sur le sol (fig. 104); et, dans la région libérienne du même cimetière, au-dessus de la porte d'un cubicuîum, un tronc d'arbre dont les branches horizontalement étendues abritent deux brebis. Au cours du V® siècle, une croix latine entre deux brebis fut
lE MONOGRAMME ET LA CROIX. i^j
peinte sur le rampant du grand Iucernaire,dans la crypte
de sainte Cécile ; et il faut descendre jusqu'au viii" siècle
pour trouver, à l'entrée du cimetière de Pontien, sur
la paroi de fond du
baptistère, une fresque
représentant la Croix
enrichie de gemmes
surgissant d'une touffe
de fleurs, et portant
des flambeaux allumés
sur ses bras d'où pen
dent à des chaînettes
un alpha et un oméga
(fig. io5). C'est une
image tout orientale par h
décor luxueux et les sub
tiles intentions; mais elle
n'appartient plus à 1 an ^^ ^le è e d.
des catacombes; sa veri
table place serait au chœur d une basiliqi
cellement de la mosaïque absidale.