‹ L'archéologie chrétienneChapitre 35 sur 68 · LE CHRIST DONNANT LA LOI · texte numérisé non relu

LE CHRIST DONNANT LA LOI

V" siècle, par un doublé ou triple cercle, par la figure de la croix inscrite dans son milieu, ou encore par le monogramme accosté de TA et de TCO.

C'est un large nimbe, accompagné des deux lettres symboliques, qui enveloppe la tête du Christ triomphant, dans une fresque du cimetière des S*" Pierre et Marcellin (fig. 108). Cette fresque, unique dans Part des catacombes, peinte sur une voûte de cubîculum inclinée commeune abside, reproduit la composition du Christ donnant la Loi, telle que les mosaïstes Pont créée (p. 300). Une zone inférieure plus étroite , comme il est d'usage aux absides des basiliques, représente Tagneau mystique posé sur un tertre d'où jaillissent les quatre fleuves; près du nimbe on lit le mot lORDAS (le Jourdain). Les saints éponymes du cimetière entourent l'agneau et l'acclament de la main droite.

Le dessin correct, le caractère puissant et original des figures du Christ et des deux apôtres permettent de dater des premières années du v« siècle cette remarquable composition, qui s'inspire si fidèlement des mosaïques contemporaines. Vers la même époque, ou peu d'années auparavant, la même scène abrégée était peinte aux cimetières d'Ostrianus et de Domitille :

Fig. 108. — Le Christ triomphant

(catacombe

des S^' Pierre et Marcellin).

le Christ est assis entre saint Pierre et saint Paul debout; des arbres, deux corbeilles pleines de volumes forment décor dans la première de ces fresques.

le christ juge, l'introduction au paradis et l'assistance

des saints*.

Le symbolisme d'outre-tombe, déjà si riche et si expressif dans les belles représentations du paradis antérieures à la Paix de l'Église, se complète, au iv« siècle, par une série assez nombreuse d'images nouvelles, directement inspirées, comme les précédentes, des prières pour les morts. Elles nous montrent l'âme appelée devant le Souverain Juge, et gagnant le bonheur éternel par l'intercession des saints. De la première scène, qui retrace le Jugement particulier, nous n'avons qu'un exemple, au cimetière de Cyriaque. Nous connaissons déjà cet arcosolium du iv® siècle (fig. 17) dont la base est décorée d'une balustrade feinte. Sa peinture de fond représente le Christ assis entre deux apôtres. Sur les parois rentrantes une même scène est deux fois répétée en des termes presque identiques. Devant une jeune figure nimbée, assise sur un trône à dossier, et faisant un geste d'accueil, une orante voilée, vêtue d'une pénule à larges raies, se tient debout, les bras étendus : c'est l'âme présentée au tribunal du Christ, qui la reçoit dans la paix éternelle. La scène,

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