L'ASSISTANCE DES SAINTS
comme ce dernier, du cours du iv* siècle, représeate le Christ, toujours jeune et imberbe, derrière lequel un saint est debout; il appelle du geste le défunt et lui tend la main avec amour pour l'introduire aux joies du ciel. Un siècle plus tard, un arcosolium de Syracuse représente encore le jugement de l'âme avec une incon-
testable clarté (fig. m). La défunte Marcia, portant au bras gauche, en signe de respect, le manipule habituel aux diacres pendant le saint sacrifice, s'agenouille, au jardin du paradis, et tend les mains vers le Seigneur debout entre saint Pierre et saint Paul. L'Inscription nous apprend que Marcia était âgée de vingt-cinq ans huit mois et quinze jours. Au-dessus de l'arc, un titulus renferme la commémoration collective de tous ceux
iSt L'ARCHEOLOGIE CHRETIENNE,
qui étaient ensevelis dans Varcosolium, selon la formule du mémento liturgique en usage dans les inscriptions grecques, et particulièrement siciliennes; au-dessous, un vase entre deux poissons, emblème des fidèles qui s'abreuvent à la béatitude éternelle, conserve le souvenir du symbolisme primitif, qui a survécu dans les provinces plus longtemps qu'à Rome.
Telle est, dans sa forme la plus parfaite, la scène du Jugement de l'âme par le Christ, en présence des saints protecteurs; mais, le plus souvent, cette belle composition se simplitîe ; la figure du Christ disparaît ; le Jugement est rendu ; il ne reste que l'image de l'âme introduite au paradis par les saints. Le paradis même n'est plus toujours ce jardin fleuri oti chantent les oiseaux; c'est une basilique idéale, Fragmemd'ipiiaphe c'est un palaîs oU Jésus, trônant (Mmie parmi ses martyrs dans la cour inté-
rieure (selon les termes d'un petit poème inspiré des vers damasiens), distribue aux élus la récompense éternelle. Cette cour céleste, qui ressemble au parvis [paradisus) entouré de colonnes qui donnait accès dans les basiliques, se ferme aussi par un vélum, par des rideaux (fig. 112). Les saints ouvrent ces rideaux, la porte du ciel, aux âmes qu'ils protègent. Ainsi, au bas de Varcosolium du cimetière de Cyriaque où nous avons remarqué une peinture des Vierges sages et des Vierges folles |p, 119), une orânte, sans doute la religieuse ensevelie dans cette tombe, s'avance