‹ L'archéologie chrétienneChapitre 42 sur 68 · LE MAUSOLÉE DE S AINTE-CON STANCE · texte numérisé non relu

LE MAUSOLÉE DE S AINTE-CON STANCE

Sur la voie Nomentane, et tout voisin de la basilique de S*® Agnès, s'élève le beau mausolée qui abritait jadis le sarcophage de sainte Constance, et que son architecture parfaite aussi bien que les motifs antiques dont il était orné ont fait prendre longtemps pour un temple de Bacchus converti en église. Il est démontré aujourd'hui que sa construction et l'ensemble de sa décoration appartiennent à l'époque de Constantin. Mais il ne reste que bien peu de cette décoration, qui fut splendide, et qui demeura presque intacte jusqu'au XVII® siècle: en 1620, le cardinal titulaire de l'église fit gratter et remplacer par un revêtement de stuc les mosaïques de la coupole ; en i836, une restauralion ordonnée par Grégoire XVI transforma les incrustations de marbre des parois et dénatura le style des mosaïques encore subsistantes. Il nous reste heureusement, pour apprécier ce chef-d'œuvre unique de l'art nouveau, un dessin exécuté vers le milieu du xvi® siècle par l'archéologue Francesco d'Olanda (fig. i35), et des notes pTécieuses, sténographiées en quelque sorte par

I. De Rossi; Musaiciy fasc. xviii. — Muntz, Notes sur les Mosaïques chrétiennes d'Italie (Rqwuq archéologique, 1875 et 1878),

ipo L'ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

Pompeo Ugonio, l'ami de Bosio, dans une visite qu'il fit au mausolée en octobre 1594.

La rotonde tout entière était revêtue de mosaïques et d'incrustations de marbre. Le pavement représentait, en noir sur blanc, des scènes de vendange analogues à celles qui décorent le grand sarcophage de porphyre (p. 307), deux petits génies, dont l'un monté sur un âne, des oiseaux, des chalumeaux, deux autels parmi des pampres.

Les douze arcades appuyées sur les colonnes accouplées qui soutenaient le tambour de la coupole étaient très simplement plaquées de marbre blanc veiné. Le tambour comprenait deux zones séparées par une corniche feinte en opus sectile marmoreum, La zone inférieure portait douze tablettes de marbre bordées de listels et reliées par de petits pilastres, des consoles, des frises en lamelles de marbre multicolores ; la zone supérieure était percée de douze fenêtres reliées par une belle décoration architectonique d'ordre ionien, soutenant une corniche ornée de couples de dauphins enlacés à des tridents.

De celte corniche partait la grande voûte entièrement couverte de mosaïques, d'une composition aussi riche et harmonieuse que possible. A sa base on voyait d'abord une nappe d'eau circulaire, un fleuve sans fin coupé d'îlots et de barrages, où s'agitaient mille scènes gracieuses. Tout un f)etit peuple de génies enfantins, aux ailes d'oiseaux, s'y jouait sur des radeaux et en des nacelles, ramant, péchant les poissons à la ligne ou au filet, harponnant les poulpes, luttant avec les canards et les cygnes qui s'ébattaient,

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