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LE MAUSOLÉE DE SAINTE-CONSTANCE

qui dormaient, qui cherchaient pâture au milieu des eaux. On n'eût rien pu trouver qui rappelât de façon plus exquise la meilleure époque de l'art antique. Mais ce qui donnait ici une empreinte chrétienne à ces aimables sujets, si fréquents dans le décor des villas païennes et des salles de bains, c'était la présence, dans la

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Fig- US- — Décorde la voiile de S" C

DcïBJn de Franceaco d'Olaada (Gassueci, pi. ^ot)-

partie de la mosaïque qui dominait l'autel, d'une nacelle avec deux personnages religieusement vêtus de la tunique et du pallium, assis àla proue, et un troisième au gouvernail. On reconnaît, flottant parmi ce joli décor maritime, la nef mystique qui en précise le sens et l'adapte à la destination du splendide édifice, baptistère en même temps que mausolée.

Douze écueils, divisant à intervalles égaux cette

ipa L'ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

première zone, supportaient de larges touffes d^acanthe d^où surgissaient des cariatides noblement drapées, chacune d'elles ayant deux tigres à ses pieds. De leur tête et de leurs bras elles soulevaient de nouveaux feuillages, entrelacés avec des couples de dauphins; ces volutes de feuillage, symétriquement rejointes, formaient douze élégants berceaux pour encadrer les groupes de personnages qui se mouvaient sur la rive du fleuve. Cependant au-dessus des premières cariatides de nouvelles touffes d'acanthe s'entr'ouvraient pour montrer des figures féminines plus petites, réunies trois par trois, et portant de leurs mains tendues des cartouches où se développaient d'autres scènes. Enfin les gracieux feuillages, s'élançant encore de la tête de ces femmes, se rejoignaient en pavillons au-dessus des cartouches, et, se ramifiant en volutes de plus en plus étroites, rejoignaient le cercle central au sommet de la coupole.

Que signifiaient ces grandes scènes encadrées par les berceaux de feuillage, et que contenaient les cartouches de la zone supérieure? Ugonio n'a pu tout distinguer : la mosaïque était endommagée en plus d'un endroit. Mais il a décrit neuf des grandes scènes, parmi lesquelles on peut reconnaître Elle confondant les prêtres de Baal, le Sacrifice d'Abraham, Tobie et le poisson miraculeux, les vieillards accusant Suzanne, le Jugement de Daniel, l'Offrande d'Abel et de Caïn, et Moïse frappant le rocher. Les cartouches représentaient des scènes plus petites, des figures d'Eros et de Psychés, selon M. Mtintz, ou plutôt, selon M, de Rossi, des tableaux de la Loi nouvelle, en parallèle avec les

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épisodes; de l'ancienne Loi. La mosaïque de la coUpoIe réunissait donc, selon les expressions de M. de Rôs^i, un cycle grandiose d'images bibliques, les prophéties et Phistoire sacrée tout ensemble, traduisant &u regard, sur cette voûte qui abritait la piscine régénératrice, les enseignements de la catéchèse solennelle dont le baptême était précédé.

La voûte annulaire, qui s'appuyait d'une part à la colonnade, de l'autre au mur extérieur de la rotonde, était couverte, dans toute sa longueur, par un décor en mosaïque de onze compartiments; au lieu du douzième, devant l'abside du fond, une petite coupole dominait l'autel. De ces onze compartiments, qui subsistentencore aujourd'hui, après avoir été trop souvent restaurés, six offrent des motifs variés que reproduisent presque identiquement les cinq autres. Les deux plus originaux et plus gracieux à la fois représentent, comme le sarcophage- de porphyre et comme le pavement, des scènes de vendanges (fig. 1 36). Au centre, sur un fond blanc, se détache un buste de grandeur naturelle, vêtu d'une tunique jaune sur laquelle est jeté un pan de pallium pourpre ; dans l'un des tableaux, le buste est certainement d'une femme; dans l'autre, il paraît d'un homme. Seraient-ce les images de Constantine, fille de Constantin, et du césar Crispus?Tout alentour se déroulent des rameaux de vigne où volent des oiseaux, où des enfants s'empressent à la vendange. C'est bien là toute une scène vivante et pittoresque, comme les anciens peintres en savaient improviser; mais les autres compartiments n'ont point la même grâce. Ici, c'est un amas de branches couvertes de fleurs ou de fruits,

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semées en désordre au milieu d'amphores, de cornes d'abondance, de corbeilles, parmi lesquelles des oiseaux de toute espèce vont picorer et se battre. Là, ce ne sont plus que des dessins géome'triques, où la croix alterne avec des rosaces. Deux compartiments plusdéli-

de la Toûie aanulairc de S" Conitittice.

cats, bien qu'un peu monotones, réunissent dans une série de médaillons, l'un des têtes juvéniles à collier de

feuillage et de jolies figurines d'Éros et de Psychés (fig. 137); l'autre, ces mêmes figurines, accompagnées d'oiseaux de toute sorte et de deux brebis, dont l'une porte la houlette et le vase de lait.

LE MAUSOLÉE DE SAINTE-CONSTANCE. loi

Le mur circulaire de l'édifice, tout étincelant de marbres précieux, était, nous l'avons vu, percé de quinze niches, ornées de mosaïques à fond blanc, où se détachaient des étoiles de couleur sombre. Quelques traces de ce décor, avec un cercle enfermant le monogramme du Christ, ont éié retrouvées par M. Armellini dans la grande niche opposée au seuil. Devant cette même niche et au-dessus de l'autel, une petite coupole interrompait la voûte annulaire. Elle était ornée, nous dit

F[g. i}7. — Détail de la voûle annaUircde S<< Constance.

Ugonio, d'une composition où Ton voyait, d'un côté, le Christ siégeant parmi les apôtres, et deux femmes debout, vêtues de robes blanches; de l'autre, l'agneau divin, entouré de vases et de brebis, devant un édifice grandiose. Tout a disparu de cette œuvre s'i originale, premier et parfait exemple des mosaïques absidales chrétiennes. Bien heureusement, la conque des grandes niches latérales a conservé jusqu'aujourd'hui son décor primitif, tout altéré qu'il soit par les restaurations successives. L'abside de droite représente Moïse recevant la Loi ancienne (fig. i38). Dieu, nîmbé d'une simple auréole, et siégeant sur le globe du monde, tend le volume à Moïse imberbe et respectueusement courbé, qui le reçoit sur ses mains couvertes d'un

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voile. La scène est encadrée par dix palmiers, dont l'un, séparant les figures de Dieu et de Moïse, a été maladroitement coupé dans la dernière restauration (i836). L'abside de gauche représente saint Pierre recevant la Loi nouvelle (fig. i3g). Le Christ, couronné d'un simple nimbe, est debout sur la montagne mystique d'où jaillissent les fleuves du paradis. Il lève

la maîn droite, comme pour une proclamation, et, de la main gauche, tend à saint Pierre incliné le volume où sont tracés les mots: DOMINVS PACEM DAT, accostés du monogramme. A droite du Christ est saint Paul, qui l'acclame du geste. Aux deux extrémités de la mosaïque, deux palmiers verdoient derrière deux cabanes, Jérusalem et Bethléem, d'où sortent quatre brebis pour s'abreuver aux sources mystiques. Les restaurations ont horriblement transformé les têtes des deux apôtres ; de la croix que portait saint Pierre elles

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