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LE MAUSOLÉE DE SAINTE-CONSTANCE

n'ont laissé qu'un bout de hampe; elles ont supprimé l'un des fleuves du paradis. Les festons de fruits et de feuillages, en partie modernes, qui encadrent ces deux mosaïques, rappellent l'époque classique par la beauté du dessin et de la couleur.

La décoration de S'" Constance fut le type accompli d'une époque unique pour l'art chrétien, la Renais-

sance constantinienne. En un même monument se trouvèrent harmonieusement fondues la tradition antique et l'inspiration des catacombes avec le génie de l'an nouveau. La tradition antique lui donnait ces belles et savantes incrustations de marbre, que l'on voyait répétées dans la basilique construite sur l'Esquilin par Junius Bassus, le consul de l'an 317, et que reproduisirent tant d'édifices chrétiens, le baptistère du Lateran, l'église de S'° Sabine; elle lui donnait surtout le canevas de ses mosaïques, les

gracieuses scènes de vendange, les cariatides et les

,r, enroulements de feuillage, et Pamusante variété du

fleuve sillonné de barques, peuplé de poissons,

d'oiseaux et d'amours. Le souvenir des catacombes

.,..î^tait partout présent dans les figures encore imper-

<> ^feonnelles de la coupole, dans cette nef mystique voguant parmi les amours, sans parler des détails de la voûte annulaire : rameaux de vigne, Eros et Psychés, et brebis portant le vase de lait. C'est Faube charmante

?. de l'art chrétien, et c'est déjà la pleine clarté, car le symbolisme nouveau éclate et triomphe aux trois grandes absides. La composition perdue de la petite coupole était une première ébauche de l'abside de S'® Pudentienne; quant aux deux mosaïques latérales (que l'on se refusait tout récemment encore à dater du iv« siècle, en arguant, bien à tort, de fautes de style dues seulement aux restaurations), elles offrent une synthèse unique de ce parallélisme entre les deux Testaments, si cher désormais à l'art nouveau. L'un des sujets, le Don de l'ancienne Loi, n'est exprimé qu'ici sous cette forme hiératique; l'autre, le Don de la Loi nouvelle, plusieurs fois reproduit aux iv® et v« siècles, s'altère et disparaît rapidement; le symbolisme nouveau, nous Talions voir, sera trop vite arrêté dans son expansion; au moins les mosaïstes de S*® Constance ont-ils eu le mérite d'en condenser tout d'abord les principaux éléments. Et comment dire la beauté, l'harmonie merveilleuse de cette architecture et de ce décor? Dans cette incomparable série de mosaïques, la Renaissance constantinienne résumait les grâces des anciennes peintures, et annonçait les chefs-d'œuvre prochains.

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