H. — LES CYCLES HISTORIQUES
Mosaïques de Sainte-Marie Majeure. — A côté des symboles du triomphe, Part nouveau donne une large place aux représentations historiques ; il reprend aux catacombes leurs compositions tirées de la Bible, mais pour les classer à leur rang dans la série d'histoire dont elles font partie. Un des sujets les plus familiers à l'enseignement chrétien et à la prédication, c'était le parallèle des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testa-* ment, les unes servant de commentaire aux autres. Les décorateurs des basiliques traduisirent aux yeux des fidèles les paroles des docteurs ; dès le règne de
I. Liber Pontiftcalis^ éd. Duchesne, t. I", p. 235. — Growe et Cavalcaselle, Storia délia pittura in Italia, t. I"', p. 17-21. — Garrucci, t. IV, pi. 211-222.
%i6 L'ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
Constantin, la grande nef du Lateran, peinte à fresque, montrait toute une Bible en images. Peintres et mosaïstes furent d'ailleurs secourus dans leur tâche par la publication de la Vulgate de saint Jérôme (384), dont les exemplaires, bientôt orne's de miniatures, se multiplièrent partout; ces Bibles historie'es devenaient des recueils de modèles d'un emploi si facile!
Deux grands cycles de mosaïques, aujourd'hui conservés, ceux de S*® Marie Majeure, à Rome, et de S' Apollinaire Nouveau, à Ravenne, suffisent, par leur riche variété, à nous donner une idée complète de ces belles décorations; deux autres cycles plus tardifs, ceux de l'oratoire de Jean VU et de la nef de S' Pierre, ne nous sont connus que par des dessins,
La vénérable église de S'® Marie Majeure est une des basiliques romaines qui ont le mieux conservé le caractère antique. Construite par Xyste III (432-440), elle possède encore une grande partie de son décor primitif, sa majestueuse colonnade, les mosaïques de sa nef majeure et de son arc triomphal. Nous avons déjà vu quelle part il fallait faire à l'antiquité dans sa mosaïque absidale ; quant au décor de la nef, nous pouvons en suppléer aisément les parties manquantes, grâce à une copie de la dédicace qui se développait autrefois au-dessus de la porte d'entrée, à l'intérieur de l'église. Les deux derniers distiques de ce poème en l'honneur de Marie font allusion, écrit M. l'abbé Duchesne, « à une ordonnance maintenant disparue de figures qui représentaient les martyrs marchant vers le trône de la Vierge Mère, chacun ayant sous les pieds les instruments de son sup-