LES CYCLES HISTORIQUES
plice, comme sainte Agnès dans la mosaïque absidale de sa basilique, sur la voie Nomentane. Ces figures se trouvaient probablement entre les fenêtres, de chaque Côté de la nef. La conception générale de la décoration, comme aussi le texte de l'inscription dédicatoire, montrent que la basilique de S*® Marie Majeure a été destinée à perpétuer le souvenir du triomphe remporté au concile d'Ephèse par le dogme de la maternité y, 3 / divine de Marie. »
L'intention d'honorer la Vierge Mère est particulièrement visible dans le choix des sujets qui décorent Parc triomphal. Ce sont des scènes de Penfance du Christ, inspirées non seulement des Evangiles canoniques, mais aussi des Évangiles apocryphes, dont l'influence, à ^ajtîr.du y® siècle, va pénétrer profondément l'art chrétien.
Au sommet de l'arc, une inscription se détache en lettres d'or sur fond d'azur : XYSTVS EPISCOPVS PLEBI DEI (Xyste, évêque, au peuple de Dieu). Plus haut, un médaillon à fond d'or enferme un trône gemmé, couvert de riches coussins; une couronne et une croix sont appuyées au dossier. C'est le trône dont il est parlé dans l'Apocalypse ; il est escorté par les \/ symboles des Evangélistes et par les figures des apôtres Pierre et Paul.
A droite et à gauche, le champ se divise en quatre zones superposées, qui vont se rétrécissant jusqu'à la base de l'arc; la dernière zone comprenant les images parallèles des deux villes, Jérusalem et Bethléem, devant lesquelles sont des agneaux. On reconnaît du côté gauche : i. V Annonciation (fig, 144). La Vierge
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est assise, occupée à filer, près de sa maison ; au-dessus d'elle planent la colombe et l'ange Gabriel, que Ton voit une seconde fois debout, expliquant son message. En même temps, les deux anges commis par Dieu à la garde de Marie sont figurés à sa droite et à sa gauche en deux actions différentes (selon Texplication de Garrucci} : d'abord ils se consultent avant d'annoncer à Joseph la grossesse de Marie, puis ils parient à Joseph, debout, dans une attitude pensive, devant un temple au
(mosaïqui
fond duquel une lampe est suspendue. — 2. UAdoration des Mages. L'Enfant Jésus, couronné d'un nimbe que surmonte une croix, siège royalement sur un large trône derrière lequel quatre anges sont debout. A ses côtés sont deux femmes, l'une jeune et l'autre vieille, l'Église païenne et l'Église juive. Vers sa gauche s'avancent deux rois Mages apportant leurs dons sur des coussins; à l'arrîère-plan, une ville est indiquée. — 3. Le Massacre des Innocents. Des femmes aux cheveux dénoués tiennent leurs enfants dans leurs bras; elles sont menacées par les bourreaux, dont un lève son épée.
Du côté droit sont trois autres scènes : — 4. La Pré-
LES CYCLES HISTORIQUES. ttg
sentation au Temple {fig. 144). Le fond de la scène est formé par un grand portique aux arceaux cintrés. La Vierge, debout et suivie par deux anges, porte dans ses bras TEnfant Jésus ; devant elle est Joseph, guidé par un ange; Siméon et Anne se précipitent h. leur rencontre, suivis par un groupe de vieillards. Le Temple, précédé d'une cour où paissent les colombes sacrées, est une petite basilique à colonnes corinthiennes et à tympan sculpté; on distingue au centre du bas-relief
Maisurc).
l'image de Dieu siégeant sur les nues et tenant d'une main le sceptre, de l'autre le globe du monde. A ses pieds sont les apôtres Pierre et Paul, et six têtes de chérubins décorent l'entablement. La composition devait se compléter, à droite, par une Fuite en Egypte, dont il ne reste que la figure de l'ange et une partie de celle de la Vierge, — 5. UEnfant Jésus adoré par un roi (Évangile apocryphe de l'Enfance du Christ). A gauche, on distingue le temple d'Egypte, dont les idoles viennent de se briser à l'approche de Jésus ; Aphrodisios, vêtu, comme un empereur byzantin, d'une tunique d'or et d'une chlamyde bleue bordée de pourpre, le diadème en tète, s'incline devant Jésus qu'accompa-
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gnent Joseph et Marie>et deux anges. A droite se presse la suite royale, en vêtements de pourpre et d'or. — 6. Hérode recevant les Mages. Le roi, escorté d'un soldat et de deux prêtres, siège à son tribunal, vers lequel s'avancent les trois Mages.
La belle ordonnance des groupes, la noblesse des attitudes, une certaine recherche du détail pittoresque, rappellent encore, dans ces mosaïques si curieuses, les meilleures traditions de l'art antique. Ce qui marque un progrès vers le style appelé communément byzantin, c'est la richesse nouvelle des costumes et des architectures (Marie est vêtue en impératrice ; l'humble maison de Nazareth est ornée d'une grille somptueuse que surmonte un écusson) ; les couleurs éclatantes, Tor surtout, dominent déjà.
Les mêmes qualités d'agencement des figures, la même science classique des gestes bien équilibrés, la même correction des formes se remarquent, ou plutôt se remarquaient autrefois dans les mosaïques de la nef, pour la plupart affreusement maltraitées par les retouches successives. Ces petits tableaux, juxtaposés en une longue rangée qui s'appuie à l'architrave, étaient d'abord au nombre de quarante. Six ont été détruits par la création, en i586 et 1611, des deux chapelles de Sixte-Quint et de Paul V ; d'autres ont été remplacés par des peintures ou des mosaïques modernes. Ils représentent, dé façon générale, l'histoire des Juifs passant du pays des idolâtres à la Terre Promise ; du côté gauche delà nef sont les épisodes de la vie d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ; du côté droit, ceux de la vie de Moïse et de Josué. Ces épisodes, à
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vrai dire, sont singulièrement choisis, et trop souvent incompréhensibles à qui ne connaît pas minutieusement les moindres détails de la Genèse. Comment le
mosaïste, qui développe sans se lasser l'histoire insignifiante des relations de Jacob avec Laban, a-t-il pu négliger absolument l'histoire bien plus intéressante de Joseph î Ces lacunes, parmi cette prolixité, sont
aia L'ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE,
étranges. L'œuvre est sans doute d'un artiste exercé, mais peu inventif, reproduisant presque au liasard les compositions d'une Bible illustrée; en réalité, les res-
semblances sont frappantes de nos mosaïques k quelques miniatures de la Genèse de Vienne et du Josué Vatican. 11 y a des scènes gracieuses: la rencontre de Jacob et de Rachel, lemariage de Moïse et de Séphora;
MOSAÏQUES t)U V« SIÈCLE A RAVENNE. Js2l
d'autres dramatiques ou solennelles : le passage de la mer Rouge (fig. 145), le combat contre les Amalécites, la mort de Moïse, la rencontre de l'ange et de Josué (fig. 146), la chute de Jéricho. Mais c'est, en somme, une grande œuvre sans cohésion, où l'on devine, auprès des habitudes classiques d'harmonie, l'hésitation et l'inexpérience en face des sujets nouveaux. Le cycle des miracles et de la Passion du Christ, à Ravenne, va nous montrer les merveilleijx progrès accomplis en moins d'un siècle par l'art chrétien historique.
MOSAÏQUES DU V* SIECLE, A RAVENNE, A NOLE, A CAPOUE, A NAPLES, A MILAN*.
Ravenne est aujourd'hui le seul endroit d'Italie où l'on puisse avoir l'impression véritable de l'ancien monde chrétien. Les églises qui surgissent dans les rues tristes et presque abandonnées de cette autre sorte de Pompéi recèlent, sous la froide nudité de leur enveloppe, des trésors d'art presque intacts. Dès les premières années du v® siècle, Honorius, qui fuyait Rome devant la menace de l'invasion barbare, voulut réunir dans sa nouvelle capitale tout le luxe de Rome et de Byzance. L'art y prit aussitôt un magnifique essor, interrompu par la chute de l'empire d'Occident, mais bientôt ranimé et accru sous la domination ostro-
I. Garrucci, t. IV. — RiCHTER, /)z> Mosaiketi von Ravenna, 1878. — DiEHL, Ravenne, 1886. — Muntz, Notes (Revue archéologique, i883).
gothique, qui devait laisser au siècle suivant des merveilles inoubliables.
L'impératrice Galla Placîdia, l'énergique et romanesque sœur d'Honorius, avait fait construire et décorer nombre d'églises ravennates. La basilique de S*® Agathe, celle de la sainte Croix, où était représenté le baptême du Christ; celle de S* Jean Evangéliste, où l'on voyait les portraits de Placidie et de ses deux enfants, Valentinien et Honorîa ; celles de S* Laurent, de S' André, de S* Pierre, ont disparu entièrement ou bien ont perdu leur décor primitif; il n'en est pas de même heureusement du ravissant mausolée (S'* Nazaire et Celse), construit vers 440, où sont encore enfermés les sarcophages de Placidie, de son second époux Constance III, et de son frère Honorius.
C'est une petite chapelle en forme de croix grecque, longue de quinze mètres et large de treize, avec une voûte cintrée. L'intérieur en est entièrement revêtu de mosaïques à fond bleu, d'une harmonie et d'une douceur de ton admirables (fig. i33). Au-dessus du seuil, deux superbes guirlandes de fruits et de feuillages sortent de deux corbeilles et se rejoignent sur un médaillon qui enferme la croix. La voûte porte une croix d'or dans un semis d'étoiles, avec les symboles des Evangélistes aux quatre angles. Dans les quatre lunettes qui soutiennent cette voûte sont debout, deux par deux, au-dessous d'une coquille d'or, des apôtres vêtus de blanc; ils ont l'attitude antique des orateurs ; au pied des petites fenêtres qui les séparent, on remarque la composition bien connue des colombes buvant dans une coupe. Plus bas, aux extrémités du petit transept, deux autres lunettes, percées
mosaïques du V» SIECLE A RAVENNE. tij
également de fenêtres, présentent, au milieu de grands feuillages d'or, les cerfs s'abreuvant à la source mystique; l'arc intérieur de ces luneties est décoré de souples rameaux de vigne d'une parfaite élégance, qui encadrent deux figures d'orateurs, et le monogramme du Christ dans une couronne de laurier, le tout s'enlevam en mosaïque d'or sur le fond bleu sombre. Enfin
- Le Bon Faileur
Gaila Piaciais).
les deux lunettes qui surmontent la porte d'entrée et le fond de la chapelle sont ornées de deux compositions pleines de vie gracieuse et de force, les chefs-d'œuvre peut-être de l'art chrétien au v' siècle- La première représente le Bon Pasteur au milieu de son troupeau (fig. 147)- Jeune, imberbe, couronné d'un large nimbe, il est assis parmi lesroches semées de fleur; et d'arbrisseaux. Ce n'est plus le pâtre populaire des catacombes, rapportant sur ses épaules la brebis égarée; c'est un jeune-roi bienveillant et noble, velu d'un maUf teau de pourpre à plis nombreux, et s'appuyant. à la
aiû L'ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
croiï qui remplace la houlette. Les brebis le regardent et cherchent ses caresses; et le sentiment chrétien donne un charme exquis à cette scène dont tous les détails, le paysage varié, le modelé des chairs et la souplesse des draperies, peuvent soutenir la comparaison avec tes meilleures œuvres de l'antiquité.
En face (fig. 148), saint Laurent, la croix sur Tépaule, son manteau flottant à l'air, s'élance avec amour
Fig. -ifS. -~ Saint Laurent (mauiolfc de Galla Fiicidia).
vers le gril étendu sur les flammes. Près de ce gril, l'armoireouverie.oùl'on distingue les quatre Évangiles, enseigne bien où il a puisé sa foi et son ardeur. L'image du Bon Pasteur rappelait encore, dans nos mosaïques, le souvenir du vieux symbolisme; l'image de saint Laurent ouvre tout un cycle nouveau. L'art chrétien ne craint plus la représentation des supplices qui ont glorifié les saints; la fresque et la sculpture, en même temps que la mosaïque, multiplient ces images nouvelles, mais, il faut le dire, avec une sobriété, une discrétion toutes classiques ; nous sommes encore loin
MOSAÏQUES DU V SIECLE A RAVENNE. aa?
des scènes de torture et d'horreur où se complaira le moyen âge.
Le baptistère des Orthodoxes (S' Jean in Fonte), qui dépendait de l'ancienne basilique de S* Ours, reçut, vers la même époque, son admirable revêtement de mosaïques et de stucs.
C'est une cotistruction octogone, ayant à l'iniérieur deux rangs superposés d'arcades qui soutiennent la coupole. Les riches incrustations de marbre qui tapissaient la base des parois ont presque toutes disparu ; mais les mosaïques qui surmontent le premier ordre d'arcades sont à peu
près intactes. Elles comprennent, au milieu d'élégants feuillages d'or se détachant sur un fond bleu (comme dans le mausolée de Placidie), huit belles figures de prophètes, drapés, à la manière des orateurs et des philosophes antiqu,es, dans leurs manteaux blancs à larges
plis (fig. 149). Au-dessus de cette rangée, un second ordre d'arcades enferme les huit fenêtres, accompagnées chacune de deux niches en stuc blanc, où se dressent des figures analogues aux pre'cédemes, mais en partie
refaites.(fig. i5o). Le tympan triangulaire ou cintré de ces niches, orné d'une simple coquille, est surmonté de curieuses représentations où le symbolisme des catacombes s'allie déjà aux fantaisies décoratives du moyen âge : ce sont des animaux affrontés, des coqs, des colombes, des paons, des lièvres, des cerfs autour d'un vase ou d'une corbeille de fruité, des agneaux au pîed
MOSAÏQUES DU V SIECLE A RAVENNE. ïip
de la croix, Daniel entre les lions, Jonas rejeté par le monstre, le Christ enseignant deux apôtres, ou foulant aux pieds le lion et le dragon. Nous retrouverons ce même décor sur les sarcophages de Ravenne.
Les mosaïques de la coupole forment deux zones concentriques autour d'un médaillon central. La plus basse zone et la plus étroite est ornée d'une série d'images nouvelles dans l'art chrétien : ce sont, en huit compartiments, tantôt des autels portant le livre des Évangiles, tantôt des trônes incrustés de gemmes,
l Av^^' fl^^ domine une croix. Ces tableaux, que Ton voit re- *^'' f. ^ produits un peu plus tard en Orient, à Bethléem et à Salonique, nous montrent le sanctuaire chrétien, avec les sièges de l'évêque et de l'empereur aux côtés de l'autel, et les chancels de marbre qui entourent, au fond de l'église, le trône symbolique de Dieu. La deuxième zone, la plus large, enferme les images des douze apôtres, marchant en procession majestueuse, Pierre et Paul à leur tête. Ils portent des couronnes sur leurs mains voilées ; le type des figures, très original et très varié, la beauté des draperies, les attitydes si vivantes se souviennent encore du grand style romain. Au sommet de la coupole, un médaillon encadré de stuc représente le Baptême du Christ (fig. 1 5 1) ; c'est une composition d^un équilibre parfait et d'un dessin encore suffisant, malgré les difficultés qu'ofiffaît à la mosaïque la représentation de figures nues. Le Jourdain, vieillard à longue barbe, couronné de laurier, qui assiste, les mains respectueusement voilées, à la grande scène chrétienne, semble la reproduction de quelque antique divinité fluviale.
Du v« siècle datent un certain nombre d'autres mosaïques italiennes. Nous avons lu déjà, dans un poème de saint Paulin, la description de la mosaïque absidale qui ornait la basilique de Noie (p. 202), et nous avons appris, par une lettre du même saint, que la nef de cette basilique, dédiée à saint Félix, était couverte de fresques représentant des scènes de pêche et de chasse (p. 186). A Capoue, l'église de San-Prîsco fut décorée, vers le milieu du v« siècle, d'une belle mosaïque absidale, où l'on voyait un groupe de seize saints et saintes, tenant des couronnes, et levant les yeux vers une colombe vo-
MOSAÏQUES DU V" SIÈCLE A NAPLES. aji
lant dans une gloire circulaire ; huit volumes, parmi lesquels les Evangiles^, réunis autour de la colombe, symbolisaient l'intervention de l'Esprit Saint dans l'enseignementde PEglise. La voûte en coupole, qui précédait Pabside, portait un globe étoile au-dessus duquel était figuré le trône de Dieu; alentour quatre zones concentriques renfermaient des compartiments ornés d'abord de fleurons, puis d'oiseaux et de vases, enfin de figures d'apôtres, de saints et de prophètes. Les mosaïques primitives de Capoue ont disparu depuis longtemps.
A Naples, dès la fin du siècle précédent, la basilique construite par l'évêque Sévère était ornée de mosaïques où l'on voyait le Christ, les douze apôtres et les quatre grands prophètes avec les emblèmes des quatre saisons : I saïe tenant une couronne d'olivier, Jérémie des grappes de raisin, Daniel des épis, Ezéchiel des roses et des lis. Le baptistère de S' Jean, édifié dans la seconde moitié <iu V* siècle par l'évêque Sotère, conserve encore aujourd'hui, quoique bien altérée, une partie de son vieux décor. L'édifice, de forme carrée, se termine par une coupole ronde à base octogone. Au sommet, le firmament est représenté par un globe d'azur seméd'étoiles blanches ou dorées ; le monogramme d'or, accosté de l'alpha et de l'oméga, précède la main de Dieu tenant une couronne. Alentour, une zone circulaire enferme, comme à Capoue, des oiseaux et des vases ; puis viennent huit compartiments de forme triangulaire, contenant, dans leur partie la plus large, huit tableaux chrétiens, dont trois ont malheureusement disparu, et deux ont été repeints. Le premier représente le Don de Dieu,
ajl L'ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
dans sa composition la plus simple; le troisième, une figure de femme agenouillée aux pieds d'une autre figure tenant un volumen ; le quatrième, la Cène d'EmmaUs ; le cinquième, la Salutation Angélique : le sixième, peut-être la Pèche miraculeuse. Parmi les compartiments de l'octogone on distingue des figures d'apôtres ou de prophètes, dont plusieurs sont presque effacées, et les quatre symboles des Evangélistes, au-dessus desquels de petites scènes pastorales, cerfs ou agneaux et colombes entourant des bergers, rappellent confusément le symbolisme d'autrefois.
A Milan, la chapelle S* Aquilin, dans la vieille église de S' Laurent, fut ornée, peut-être des le milieu du v" siècle, de deux mosaïques absidales, aujourd'hui presque entièrement refaites, l'une représentant des bergers avec leurstroupeaux, l'autre Jésus assis et enseignant les douze apôtres. Mieux conservées sont les mosaïques de la chapelle de Fausta, appelée aussi, du nom des saints dont elle possédait les reliques, église de S' Satire hors les Murs, église de S' Victor au ciel d'or, ecclesia Victoris in cœlo aureo (par allusion à l'éclat de sa décoration), La petite coupole de cette chapelle (maintenant une dépendance
- Moialqus c
MOSAÏQUES DU VI« SIÈCLE A RAVENNE. 2jj
de la basilique de S* Ambroise) porte en son milieu le buste de saint Victor, entouré d'une élégante couronne où se joignent les emblèmes des quatre saisons. Cette voûte dorée se termine à la base de la coupole par une charmante frise circulaire où l'on aperçoit, entre des rinceaux de feuillage, de minuscules têtes d'hommes ou d'enfants en des médaillons accompagnés d'oiseaux. Les deux parois longues de la chapelle ont dans le haut chacune trois figures de saints, d'un côté Félix, Maternus et Nabor; de l'autre Gervais, Ambroise et Protais. Les symboles des Evangélistes complètent cette jolie décoration, dont la date est demeurée incertaine.
Il faut mentionner enfin, dans cette revue rapide des œuvres du v® siècle, quelques mosaïques africaines, pour la plupart des pavements de basiliques ou de chapelles; elles réunissent des fleurs, des vases, des oiseaux autour d'une inscription. Le panneau ici gravé (fig. 1 52) a été découvert dans les fouilles de la basilique de Cherchell, et publié par le cardinal Lavigerie, qui croit y reconnaître l'image de sainte Perpétue»