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LE VII«, LE VIII® ET LE IX* SIECLE

En moins d'un demi-siècle, durant les guerres affreuses qui ont épuisé l'Italie, l'art latin s'est précipité dans une irrémédiable décadence. Les artistes ont quitté Rome, il n'y demeure que des ouvriers. Le nombre considérable de mosaïques dont Rome siéra encore décorée pendant trois siècles ne peut faire illu-

I. De Rossi,Crowe et CAVALCASELLEyViTET,GERSPACHy ouvrages cités. — MuNTZ, Notes (Revue archéologique, 1874, 1877, 1884).

8Si L'ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

sien sur leur valeur ; à part quelques monuments où paraît une imagination nouvelle, on ne rencontre plus que des redites banales du même sujet, des images groupées au hasard, sans expression et sans vie. Ces figures maigres et raides, aux yeux caves, dont on fait si volontiers honneur au style byzantin, ne sont pourtant pas œuvres d'artistes grecs ; elles continuent la tradition romaine, mais avec quelle inconscience et quelle maladresse ! L'art byzantin, qui ne pénètre en Italie qu'à de rares intervalles avant le x® siècle (et surtout à répoque des persécutions des iconoclastes), reste bien supérieur à ces tristes productions du style ascétique; il conserve longtemps encore le sens de la couleur et du mouvement, l'intelligence décorative que riialie a si vite perdue.

L'arc triomphal de S' Laurent hors les Murs, décoré de mosaïques sous le pontificat de Pelage II (578-590), présente en son milieu le Christ assis sur le globe du monde, tenant la croix d'une main et bénissant de l'autre. Saint Pierre et saint Paul sont debout à ses côtés. A droite, saint Etienne tient ouvert un livre où on lit : Adesit anima mea; près de lui, saint Hippolyte s'avance pour offrir au Christ sa couronne de martyr. A gauche, derrière saint Pierre, saint Laurent qui tient, en même temps que la croix, un livre ouvert où on lit : Dispersit,., dédit pauperibus. présente au Christ le pape Pelage, portant sur ses mains voilées le modèle de la basilique. Aux extrémités de l'arc sont les villes mystiques ; mais, l'espace manquant, le mosaïste a négligé de représenter les agneaux qui doivent en sortir.

l DÉCADENCE. — LE Vil' SIECLE.

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De la même époque (fin du vr" siècle et premières années du vu"), dataient les mosaïques des S" Apôtres, de S"" Agathe, de l'oratoire de S" Lucie, qui n'ont pas été conservées. La mosaïque absidale qui orne la charmante basilique de S" Agnès hors les Murs appartient au pontificat d'Honorius I" (625-640); elle ne comprend que trois figures sur fond d'or : au milieu s'avance sainte Agnès, vêtue en impératrice et coiffée d'un diadème, avec l'épée de son martyre jetée à ses pieds*, à sa gauche esr le pape Symmaque, à sa droite le pape Honorius, portant le modèle de sa basilique. En haut apparaît, parmi des nues blanchâtres, au-dessus de deux zones bleues semées d'étoiles, la main de l'Eternel qui tend à la jeune sainte la couronne de gloire.

Le pape Jean IV (640-642) enrichit l'oratoire de S* Venance d'une mosaïque absidale intéressante à étudier, malgré la barbarie des figures; c'est évidemment une imitation delà grande mosaïque du Lateran, telle qu'elle devait être avant la restauration deXorriti,

Parmi des nuages rouges qui ressortent vivement sur un fond d^or, se détache le buste gigantesque du Christ bénissant, figure robuste et barbue, aux longs cheveux bouclés (fig. 170) ; deux anges au manteau flottant volent à ses côtés. Au bas de la mosaïque, la Vierge voilée, dans l'attitude orante, est entourée des saints Pierre et Paul, Jean-Baptiste et Jean Evangéliste, Domnius et Venance, enfin de deux papes dont l'un, Jean IV, porte, selon l'ordinaire, un modèle d'église. Sur les parois latérales de l'arc sont représentés huit martyrs de la persécution de Déce ; sur le tympan, les symboles des évangélistes et les deux villes saintes.

La petite mosaïque absidale de S* Etienne le Rond, qui date du pontificat de Théodore I" (642-649), représente la Croix gemmée, dressée sur le sol fleuri, et portant le médaillon du Christ; au-dessus, dans une zone semée d'étoiles blanches, la main de Dieu tient une couronne ; aux côtés de la Croix sont debout les saints Primus et Felicianus. A S* Pierre aux Liens, l'image votive de saint Sébastien, exécutée en 680, rappelle les dernières mosaïques de Ravenne; le saint dont les peintres de la Renaissance célébreront la radieuse jeunesse est devenu ici un vieillard au corps étroit et maigre, dont un coloris terne et grisâtre accentue encore la tristesse.

Auprès des nombreux monuments du vu® siècle, la part du VIII® nous paraîtrait médiocre, si nous ne tenions compte que des mosaïques assez insignifiantes aujourd'hui conservées ; et cependant l'activité artistique de ce malheureux siècle n'eut pour ainsi dire point d'arrêt. Il ne reste que de bien petits fragments

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