‹ L'archéologie chrétienneChapitre 57 sur 68 · DÉCADENCE. — LE IX' SIÈCLE · texte numérisé non relu

DÉCADENCE. — LE IX' SIÈCLE

jaspe, et la ville éiait d'un or pur, semblable à du verre très clair. Et les fondements de la muraille de la ville étaient ornés de toutes sortes de pierres précieuses, » Dans cette enceinte sont debout vingt et un personnages : au centre le Christ bénissant, avec deux anges; sur le devant les douze apôtres divisés en deux groupes, à la téie desquels on voit d'un côté la Vierge Marie et saint Jean-Baptisie, de l'autre sainte Praxède; en ar-

rière, près des portes, deux prophètes, Isaie et Jérémie, le premier imberbe, tenant un parchemin avec l'inscription ; LEGE (Us), l'autre barbu et précédé d'un ange qui lui montre le Seigneur. Le Christ est vêtu de pourpre et d'or; la Vierge porte une robe jaune très simple, avec un manteau noir ramené sur la téie ; sainte Praxède, vêtue de pourpre, a un diadème et un collier de perles, comme il sied à la titulaire de l'église ; saint Jean-Baptiste est couvert d'un manteau sombre; quant aux apôires et aux deux prophètes, ils sont tous vêtus de blanc. Des trois anges, deux sont en blanc, un en rouge; enfin le Précurseur et les apôtres (à l'exception

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de saint Pierre tenant une clef d'or) portent des couronnes d'oblation.

De petits nuages parsèment le ciel. Hors de Penceinte se pressent les cent quarante-quatre mille élus (Ap.jXiv, i), qui forment pluisieurs groupes; hommes et femmes, tous sans nimbe, d'âge et d'aspect diffe'rents, couvrant leurs mains d'un voile, ou élevant des couronnes, ou encore tendant leurs bras vers la Jérusalem céleste, ils s'approchent des portes que gardent quatre anges avec les apôtres Pierre et Paul.

La gaucherie des mouvements , la barbarie des visages, tous les défauts qui éclatent dans cette composition singulière n'empêchent point qu'elle ne frappe l'attention par son étrangeté môme. Jamais encore les mosaïstes n'avaient réuni dans un seul tableau une quantité si prodigieuse de figures, jamais ils ne les avaient groupées, avec un labeur aussi visible, pour

obtenir un effet de perspective. A S*® Marie Majeure, dans les mosaïques de la nef, ce soiici de la perspective apparaît plus d'une fois; et, bien que l'artiste du v« siècle soit infiniment supérieur à celui du ix®, par son habileté à composer et à faire mouvoir les petits groupes, il n'est guère plus heureux lorsqu'il lui faut représenter les multitudes, par exemple dans le Passage de la mer Rouge (fig. 145). Combien la diflSculté n'était -elle pas accrue, à S*® Praxède, par les dimensions énormes de l'arc à décorer !

La chapelle de S' Zenon, appelée aussi chapelle du Paradis, s'ouvre dans la nef droite de la basilique. Elle est entièrement décorée de mosaïques à fond d'or. Sur la façade se déploient deux zones de médaillons où

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