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LES LAMPES

Les lampes de terre sont nombreuses aux catacombes et dans les ruines chrétiennes. Beaucoup n'ont pas le moindre ornement, sinon parfois un semis de perles grossières; d'autres sont franchement païennes. Il est évident que les premiers chrétiens durent se servir, sans y attacher d'importance, de lampes communes à décor païen ; on ne peut guère imaginer qu'avant la Paix de l'Eglise, une fabrique de terres cuites moulât et mît en vente des lampes à figures chrétiennes. Remarquez que les lampes antiques à sujets païens sont d'une argile légère, d'une forme svelte, arrondie, se terminant souvent par un anneau ; les lampes d'époque chrétienne, d'une terre épaisse et lourde, ont une forme allongée, la queue non forée, relevée en arête aiguë. Il faut citer comme exception la charmante

I. Kraus, K, E., art. Lampen, — Roller, ch. xxviii, xcet xci. — Le Blant, D'une lampe païenne portant la marque ANNISER (Revue archéologique, iSyS), et De quelques sujets représentés sur des lampes en terre cuite (Mélanges de TÉcole française de Rome, 1886).

LES LAMPES. ijç

lampe d''argile grise où se détache le Bon Pasteur dans un médaillon entouré de pampres (fig. 249); elle est timbrée à son revers des lettres ANNISER, une marque de fabrique que l'on a retrouvée sur des lampes païennes.

Ces humbles lampes de terre, si décorées qu'elles soient , ont bien peu de valeur artistique ; mais elles s'imposent à l'attention par leur nombre considérable, et surtout elles nous présentent des types fort intéressants d'imagerie populaire, ce qu'aimaient et comprenaient les plus pauvres gens. Les Fig. j*». — Umpe d'argile.

sujets bibliques y

sont rares; on ne peut guère citer que le Sacrifice d'Abraham, la grappe de Chanaan, Jonas sous U courge, les Hébreux dans la fournaise, l'Adoration des Mages. Mais on trouve en quantité sur les lampes chrétiennes de petits symboles de piété ou de morale courante qui répondent fort bien à cette habitude des allusions mystiques qu'entretenaient dès lors les écrivains et les prédicateurs. Le poisson est tout naturel-

jâo L'ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

lement le plus fréquent de ces symboles; mais la colombe, l'agneau, le lion, le cheval, le cerf, le paon, le coq, dont nou$ avons trouvé les imagée sur les inscriptions et les fresques des catacombes, se multiplièrent aussi sur nos pauvres lampes; on se plaisait à ces simples figures du Sauveur, des apôtres, des fidèles. Le monogramme du Christ et la Croix sont reproduits sous vingt formes différentes, encadrés de palmettes, de dauphins^ d'ornements variés à Tin* fini. Voici Parbre du paradis, le vase eucharistique; voici la colombe et le paon qui reposent sur le vase et sur l'arbre; la poule entourée de ses poussins — c^est TEglise qui réunit les âmes; un docteur assis dans sa chaire, des bustes de personnages pieux; enfin le Christ jeune, nimbé, tenant la croix en main, adoré par les anges, et triomphant du démon qu'il foule aux pieds. L'imagination des ouvriers s'est exercée sur ce noble sujet du triomphe de la foi : une lampe trouvée au Palatin nous montre, aux pieds du Christ, les quatre animaux diaboliques: super asf idem et basiliscum ambulabis, et conculcabis leonem et dra* conem {Ps. 99, i3). Une autre, récemment trouvée à Carthage, associe le judaïsme vaincu, représenté par le candélabre aux sept branches, à la défaite du serpent écrasé par Jésus.

Les lampes de bronze, assez rares, sont de formes plus variées. Une des plus curieuses (fig. 25o), qui taisait partie autrefois de la collection Basilewsky, représente une petite basilique dont la nef simple et le chevet arrondi sont marqués par une fine colonnade. Une autre, conservée au musée des Offices de Florence, a la

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