Congrès de Bruxelles, 1872, p
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sur le Monte Aperto. Une abondante moisson d'ossements fossiles provenant de cétacés, du genre Balœnotus, fut le résultat de ses actives recherches. Ces ossements fossiles sont précieux, puisque, comme ledit le savant professeur de Bologne, ils sont destinés à prouver, d'une manière incontestable, que l'homme a vécu en Toscane à la fin de l'époque tertiaire. En effet, continue-t-il, à peine avais-je commencé à laver ces ossements qui avaient été trouvés dans l'argile pliocène, que je fus grandement surpris de voir sur une apophyse dorsale une entaille et une rainure. Cette dernière, spécialement, est si nette et si profonde, qu'on était tenté d'admettre qu'un acier bien affilé avait été l'instrument avec lequel elle avait été faite. En poursuivant infatigablement le pénible travail de recomposition de chacune des côtes qui avaient été trouvées brisées en une quantité considérable de pièces et de minimes fragments, en lavant avec soin ces ossements pour les dépouiller de l'argile qui était encore adhérente, j'ai découvert, dit le professeur Capellini, d'autres rayures bien évidentes sur la face externe de l'extrémité inférieure. Plusieurs rayures et entailles entre-croisées furent également remarquées sur une autre apophyse de vertèbre vers l'extrémité inférieure, mais seulement d'un côté.
Ce sont ces ossements de la baleine de Monte Aperto qui sont soumis à l'examen de plusieurs savants de l'Académie des sciences de l'Institut de Bologne. Une vertèbre lombaire, à laquelle il ne manque que de minimes fragments sans importance, mérite une attention spéciale. Vers l'extrémité supérieure de cette vertèbre restaurée avec beaucoup de patience, on voit sur le côté droit quelques entailles entre-croisées qui, à la différence des autres, semblent avoir été faites non en frappant des coups successifs, mais en frottant avec un instrument tranchant. Toutes ces entailles sont autant de preuves évidentes que les ossements de la baleine de Monte Aperto ont été maniés, avant d'être ensevelis dans les sédiments de la mer pliocène et pétrifiés. Ils fournissent ainsi, dans cette circonstance, l'occasion de conclure que l'homme a vécu sur les rivages de cette mer pliocène et qu'il a pu laisser sur la baleine
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de Monte Aperto des preuves non douteuses de sa présence dans cette région à la fin d'une époque si reculée l.
11 y a lieu de croire qu'une baleine est venue s'échouer sur la côte de la mer pliocène, comme il est souvent arrivé depuis à d'autres baleines, et que les hommes primitifs de la contrée s'empressèrent d'en tirer parti. Les entailles et les coupures proviennent des coups des instruments en pierre employés pour dépecer le cétacé jeté à la côte, et laissant probablement apercevoir son côté droit, pendant que la partie gauche était enfouie dans le sable.
La récente découverte de M. Capellini lui fournit l'occasion de rappeler que les faits de ce genre ne sont pas sans précédents en Italie. Il mentionne la mâchoire humaine et les autres ossements trouvés par M. Issel dans l'argile pliocène de colle del vento à Savone. Le crâne humain des dépôts pliocènes du Valdarno découvert par M. Cocchi2. Les ossements incisés de mammifères signalés par M. Ramorino. Tous ces faits sont connus, ils ont même été discutés dans la paléontologie humaine du docteur Hamy3. Mais ils avaient été accueillis avec une grande réserve en Italie, et généralement les constatations n'ont pas été l'objet de l'attention qu'elles méritaient.
Aujourd'hui, les savants italiens attachent une sérieuse importance à la question de l'existence de l'homme à l'époque tertiaire. Leurs conclusions revêtent un caractère très-afîirmatif en faveur de l'existence de l'homme tertiaire. L'auteur de la note : L 'uomo pliocenico in Toscana, termine en disant que la question de l'antiquité de l'homme est destinée encore à faire de notables progrès4.
Les silex tertiaires, regardés comme produits de l'industrie humaine, sont assez généralement d'une imperfection qui touche à la grossièreté. Il existe cependant des exceptions,
i. Prof. G. Capellini. L 'uomo pliocenico in Toscana } 1875.
2. Prof. Cocchi. Uuomo fossile nelV Italia centrale. Mem. délia Società italiana di Science naturali. Vol. II. Milano, 1867.