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Desor, Les Palafittes, p

LA CÉRAxMIQUE. 405

de stries tous les traits ont été incrustés

d'une matière blanche qui existe encore en grande partie '. »

La belle série de céramiques mentionnée par M. Jeanjean, dans son ouvrage : V Homme et les Animaux des cavernes des Basses- Cêvennes, rappelle une industrie beaucoup plus avancée que lapoterie des stations néolithiques de la Champagne. S'il est vrai que les cavernes des Basses-Cévennes sont de la pierre polie, il est à croire qu'elles appartiennent à la fin de cette époque,

La poterie de la pierre polie est aussi beaucoup plus parfaite en Suède. M. Oscar Montelius, dans un splendide album, fait connaître des vases très-intéressants de l'âge de la pierre polie, qui revêtent un caractère de perfection relative qui ne permet pas même de leur comparer nos grossiers essais de la même époque. La comparaison autorise les mêmes conclusions poulies produits des autres contrées.

M. Chouquet, qui a pu étudier des stations successivement occupées à l'époque de la pierre et à l'âge du bronze, a facilement constaté le progrès de la céramique. Après avoir décrit les poteries du Croc-Marin, il ajoute : « On voit donc un progrès sur la céramique de l'époque néolithique, une préparation plus intelligente de la terre, une tendance à des formes nouvelles et une cuisson plus parfaite, mais rien encore qui accuse la régularité d'exécution des poteries de l'âge du fer ou gauloises 2. »

L'étude prolongée que nous avons faite des poteries de la vallée du Petit-Morin, les rapprochements multipliés que nous avons pu opérer, nous autorisent à préconiser nos vases comme les plus anciens de la période néolithique. Peut-être ne serait-il pas impossible de les donner comme les plus anciens même de la pierre. La discussion qui a eu lieu le iw mai 1879, dans la Société d'anthropologie de Paris, laisse encore dans le doute l'existence de la poterie paléolithique.

Nous devons donc aux grottes de la Champagne les premiers vases en terre cuite. D'autres ustensiles en corne ont précédé les céramiques proprement dites, qui tirent leur nom

1. Matéruux pour servir à l'hinoire de l'homme. 1874, p. 218.

2. Matériaux pour servir à l'histoire de l'homme. 1879, p. 277.

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de KEPA2, corne, et dont le rôle est si parfaitement exprimé par KEPÀNNYMI, verser à boire.

M. Joly insinue la même pensée à un autre point de vue. « L'étymologie du mot céramique, dit-il, est assez singulière pour que nous prenions le soin de la rappeler ici. Le mot îtepaç d'où vient céramique, a signifié d'abord la corne des animaux dont on se servait en guise de vase à boire : ce mot n'indique donc pas la matière employée, mais la forme et la nature originelle des vases à boire1. »

Un foyer préhistorique considérable, situé sur le territoire de Pierre-Morains, canton de Vertus (Marne), nous a fourni une cuillère en terre cuite de couleur brune. Elle ne provient donc pas des grottes, mais rien ne démontre qu'elle ne soit point de la même époque que celles que nous avons indiquées comme étant de la fin de la pierre polie. La cuillère pouvait parfaitement avoir un rôle qui ne comportait pas sa présence dans les grottes. Cette cuillère à bouche de forme allongée est formée d'une terre plus fine et mieux préparée que celle des vases. Elle se trouvait dans un amas de cendres profondément enfoui. La forme et la couleur rappellent les cuillères du camp de Chassey.

Quelques fusaïoles provenant des grottes d'Oyes sont les seuls produits céramiques que nous puissions ajouter à ceux que nous avons cités précédemment. La petite dimension de ces objets autoriserait à les regarder comme des grains de collier ; la perforation en est simple et très-petite. La pâte est solide et compacte. Les grottes qui ont donné ces fusaïoles appartiennent à la fin de l'époque néolithique.

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