LA SITUATION DES GROTTES
Le plus grand nombre des stations se trouvent sur des collines presque toutes situées au midi. Le choix d'une pareille exposition a été certainement intentionnel. Du haut des monticules où les grottes ont été creusées, le regard plonge dans la vallée et s'étend au loin sur les divers mouvements de terrain dont la contrée est accidentée. Il faut remarquer que tous les points où les grottes ont été pratiquées sont situés de manière à permettre les communications entre les différents groupes. Le panorama qui se développe peut être embrassé par un regard d'ensemble. Dans les circonstances graves, dans un danger quelconque, il était facile de donner l'alarme, de communiquer par des signaux.
Le choix d'un site regardant le midi offrait, on le comprend, des avantages précieux sous le rapport de la température et de la lumière. Cependant la station de Vert-la-Gravelle forme une exception. Là les grottes ont leur ouverture tournée vers l'est. Il est très-probable que cette exception était motivée, comme nous l'avons déjà fait remarquer. D'un autre côté, les accidents de terrain sont tels que la situation est admirablement abritée. Il est, du reste, à constater que toutes les collines des environs se trouvant habitées, la population aug-
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mentant, il était devenu nécessaire de se montrer moins difficile dans le choix des sites.
Une exception d'un autre genre mérite aussi d'être signalée. La dernière grotte découverte jusqu'à ce moment à Courjeonnet est située sur un sol dont la surface est plane et dans un lieu très-rapproché de la vallée. Le monticule aurait-il été entraîné par les eaux? Il y a lieu de le supposer. Il existe effectivement dans le marais des alluvions de calcaire qui ont dû se former aux dépens des collines voisines. Une observation plus significative encore a été faite. Dans une couche sédimentaire inférieure à la tourbe, on trouve dans le marais des silex travaillés qui ont pu être entraînés avec les alluvions auxquelles ils sont incorporés. Enfin l'ouverture qui a trahi l'existence de la grotte affleurait pour ainsi dire la surface de la terre. Il est donc évident que les érosions successives, opérées par les eaux qui se précipitaient vers le marais en descendant des collines, entraînèrent une grande partie du sol et firent disparaître le tertre où la grotte avait été creusée.