‹ L'Archéologie préhistoriqueChapitre 47 sur 131 · NATURE DU SOL · texte numérisé non relu

NATURE DU SOL

Toutes les grottes ont été pratiquées dans le banc crétacé, qui a une grande puissance dans la contrée. Les localités où la craie est compacte, solide, formée par des couches d'une épaisseur considérable, ont été choisies de préférence. Les stations les plus nombreuses sont celles où la craie offrait le plus de sécurité par sa solidité. Les stations sont invariablement moins considérables dans les localités où le banc de craie peu solide était susceptible de tomber et de produire de dangereux éboulements. La nécessité de trouver des demeures sûres préoccupait très-sérieusement les tribus primitives, car elles ont très-fréquemment examiné le sol, et les traces de nombreux essais infructueusement tentés déposent en faveur de la persévérance de leurs recherches. Combien de grottes commencées

dont le travail a été abandonné sans autre motif apparent que le manque de solidité dans la craie!

Il faut à peine en faire la mention, les grottes de la Champagne sont sans aucune analogie avec les grottes naturelles de l'époque quaternaire. Cependant des archéologues firent des rapprochements entre les grottes naturelles ayant servi de sépultures à l'époque de la pierre polie et les grottes artificielles de l'Aveyron, du Finistère, de l'Oise, de la Seine-et- Marne et surtout de la Marne. Les instruments, le mode de sépulture, offrent en effet de grandes analogies dans les deux genres de grottes. Toutefois le caractère artificiel des grottes néolithiques ressort de leurs comparaisons. Selon la pensée de M. de Mortillet, les grottes artificielles et les dolmens ne doivent leur existence qu'à la nécessité de suppléer au manque de grottes naturelles. L'ensevelissement a d'abord eu lieu dans la grotte naturelle. Les grottes devenant rares et les morts toujours plus nombreux, on s'est mis à creuser des grottes artificielles ; puis on est arrivé à en construire de toutes pièces avec des matériaux rapportés : ce sont les dolmens1. » Une autre ressemblance moins frappante au premier aspect n'a pu échapper à la sagacité de M. de Mortillet; il voit de la similitude entre les grottes artificielles et les dolmens. Nous citons textuellement ses paroles pour conserver à la comparaison sa nuance originelle : « La construction de la grotte a une grande analogie avec les dolmens de la région voisine, allées couvertes à vestibule. En effet, dans les grottes artificielles de la Marne, la salle ou caveau mortuaire est précédée d'un petit vestibule, et l'entrée n'est qu'une étroite ouverture qui laisse juste assez de place pour s'introduire en glissant2. »

Toutes les grottes de la vallée du Petit-Morin ont été creusées artificiellement. Elles sont exclusivement l'œuvre de l'homme. Il ne faut point se les figurer comme ces grottes célèbres qui représentent la période paléolithique.

1. G. de Mortillet. Congrès intern. d'anthrop. et d'archéol. préhistoriques. Stockholm, 1876, p. 253.

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