Les Âges de la pierre, Paris, 1878. p
que nous devons à M. Engelhardt, un grand nombre d'instruments en pierre taillée, outre les cornes de cerf qui portent des traces du travail de l'homme, et de plus de 1,200 petites flèches. Elles appartiennent au type à tranchant transversal. J'ai pu les examiner et m'en convaincre. Dans une autre série moins abondante, le musée possède une flèche à tranchant transversal provenant de la chambre de géant à Uggerslev, près d'Odense. Cette flèche inédite porte encore une adhérence de bois (fig. 32). J'ai eu plusieurs fois l'heureuse facilité de m'entretenir avec des archéologues danois, et tous les silex
Fig. 52.
dont nous avons fait mention sont regardés comme des flèches. M. Oscar Montelius, dans son ouvrage ayant pour titre : Svëriges Forntid (les Temps préhistoriques en Suède, p. 98), s'occupe longuement des flèches à tranchant transversal et ne formule point de doutes au sujet de leur emploi.
Avant de terminer ce que nous nous proposons de mentionner en ce moment au sujet des flèches à tranchant transversal, il paraît important de signaler une variété d'un genre particulier. Elle est capable de jeter une certaine lumière sur nos flèches et de faire disparaître quelques difficultés. « Une autre nation africaine, dit M. Evans, outre les Éthiopiens, se servait de flèches ayant des pointes en pierre, ainsi que le prouvent les flèches provenant des tombes égyptiennes dont on trouve des spécimens dans plusieurs de nos musées. La pointe, qui est en silex, diffère de toutes les formes ordinaires, en ce qu'elle ressemble à un ciseau ou plutôt à une petite
pierre à fusil, au lieu d'être pointue. L'arme originale se trouve au British Muséum. Il est probable qu'on s'est servi, dans l'Europe occidentale, de pointes de fer ayant le même caractère ; mais, jusque tout récemment, l'extrême simplicité de leur forme les a fait échapper aux recherches1. » Nous reproduisons ici la figure de cet intéressant projectile (fig. 33), afin qu'il puisse être comparé avec nos types européens.
Mo Chabas a traité la question à un point de vue qui peut réagir utilement sur nos études. Son travail, très substantiel, ne saurait être analysé sans perdre de sa valeur.
Fis- 33
Nous le citons in extenso : « Nous retrouvons, en ce qui concerne les armes, les traces historiques de l'emploi du silex; sans parler des flèches nombreuses provenant des garnisons égyptiennes du Sinaï, on trouve en Egypte même des pointes de flèche de silex de formes diverses. M. Prisse en a figuré une dans ses Monuments égyptiens. Elle est en jonc et armée d'un silex aigu, qui paraît être fixé au moyen d'un mastic; mais la forme la plus remarquable est celle dont les musées de Leyde, de Berlin et du Louvre possèdent un assez grand nombre de spécimens.
En guise de pointe, ces flèches ont un silex à tranchant, ajusté dans la fente d'un bois dur long de 25 centimètres de diamètre. Les ajustages sont maintenus au moyen d'un mastic résineux. Deux pointes de silex aigu, faisant saillie de chaque côté, sont placées au bas du silex principal et retenues parle même mastic. Elles sont évidemment destinées à rendre la blessure plus dangereuse. Voici la reproduction de l'un des