Chabas, Etudes sur l'antiquité historique, p. 390 à
flèches des Bosjemans ; ces derniers remplacent ordinairement le morceau de bois par un morceau d'os ou d'ivoire; la tige de leur flèche se compose donc ordinairement de trois parties : un roseau, un os d'autruche et un morceau d'ivoire ; c'est à ce dernier qu'est attachée la pointe en fer. Dans d'autres cas, les tiges se composent d'un rameau bien droit. Les Esquimaux, qui ont si peu de bois à leur disposition, se servent d'un outil particulier en os, traversé par un trou ovale ou en forme de losange, pour redresser les tiges de leurs flèches. Ils insèrent la soie de la pointe dans une espèce de douille, pratiquée dans la tige, et consolident le tout avec des nerfs d'animaux.
« Dans la plupart 4es pays, les flèches sont emplumées près de l'extrémité que l'on appuie sur la corde de l'axe; il en était ainsi dès la plus haute antiquité. Hésiode dit que les flèches d'Hercule portaient les plumes d'un aigle noir, et Homère parle des wrepoevreç olcxot'; mais on peut se demander, avec M. Yates, si cette expression se rapporte aux plumes. Toutefois, Hérodote cite, comme un fait remarquable, que les flèches des Lyciens, de l'armée de Xercès, tout comme celles des Bosjemans et de quelques autres tribus sauvages modernes, ne portaient pas de plumes ; il semblerait donc que cette addition à la tige n'est pas indispensable. On dit que quelques pointes de flèche des tribus de l'Amérique du Nord sont taillées en biseau dans des directions contraires, de façon à leur donner probablement un mouvement rotatoire ; ce qui remplit le même but que les plumes. Pour moi, je n'y crois pas l. »
Ces documents, sérieusement étudiés, serviront à la solution des objections qui ont été présentées. De plus, ils motivent la présence des flèches à tranchant transversal qui se trouvent répandues sur les points les plus éloignés du globe.