Evans, les Ages de lu pierre^ p. 403 et
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i l'emploi des flèches à tranchant transversal a été l'objet d'une discussion prolongée, les pointes de flèches artistement retaillées ont été au contraire unanimement admises comme des traits, des projectiles destinés à être lancés par une arme de jet. Ces sortes de projectiles, de formes extrêmement variées, d'un travail souvent délicat, attirèrent toujours l'attention. Leur ancienneté, un usage remontant à une civilisation oubliée, leur abandon absolu dans des temps plus rapprochés avaient fait attribuer à ces produits étonnants une origine extraordinaire. La superstition attachant une grande importance à ces pierres, elles furent pour ce motif recherchées et recueillies avec un soin empressé. Les flèches ont en outre inspiré de nombreux travaux 5 elles ont été en effet la matière de beaucoup d'études, qui les ont préconisées sous des aspects très différents. L'ouvrage de M. Evans, les Ages de la pierre, contient une dissertation fort intéressante sur leur usage et les différentes appréciations qui en ont été faites
parles écrivains anciens1. Leur rôle et leur importance, au point de vue superstitieux, fournissent des détails très intéressants. L'origine des flèches revêt, chez certains auteurs, un caractère mystérieux qui exclut souvent l'idée de les considérer comme un travail humain. Les recherches sérieuses établissent sûrement qu'elles sont d'un usage très ancien, et il n'y a pas du reste à en douter, elles sont contemporaines des flèches à tranchant transversal, qui ont été regardées comme la flèche primitive par certains archéologues.
Lubbock a écrit sur les flèches quelques pages remplies de détails pleins d'érudition et d'intérêt2. M. Cartailhac leur a consacré un chapitre d'une réelle importance, où les principales superstitions dont elles ont été l'objet sont relatées 3.
Les flèches ont été, de la part de plusieurs archéologues, l'objet de divers classements. M. Nilsson les a divisées en deux groupes : i° les flèches munies de soies ; 2° les flèches dépourvues de soies4. Sir W.-R. Wilde, cité par Lubbock, divise les pointes de flèches en cinq variétés : i° triangulaires, ces pointes de flèches ont souvent une entaille de chaque côté, entailles destinées à recevoir la corde qui les attachait à la tige; 2° celles qui sont creusées ou évidées à la base; 3°les pointes de flèches à tige, qui portent une saillie destinée à s'enfoncer dans la tige; 40 celles où les deux côtés se prolongent, et enfin la pointe de flèche en forme de feuille. Les vraies pointes de flèche ont ordinairement environ 1 pouce de longueur; plus grandes, ce sont des javelines et enfin des têtes de lances5.
L'abbé Bourgeois, dont l'espritméthodique était bien connu, a sommairement désigné plusieurs formes de flèches; nous le citons, car les notions si claires qu'il donne peuvent servir utilement. « Nous trouvons plusieurs formes de flèches : flèches barbelées ou à ailerons, avec pédoncule pour attache; flèches avec pédoncule sans ailerons ; flèches avec échancrures sur