II. Tours, —Ce n'est guères qu'au vii^ siècle et peut-être
même au viii» que parurent les premiers clochers ou campaniles ; ils furent d'abord assez souvent isolés de Téglise , de forme carrée , quelquefois circulaire, et percés de petites fenêtres à plein cintre, simples ou géminées, séparées par une petite colonne et enfermées dans un arc commun, en* forme d*archivolte. Lorsque le clocher n*était pas isolé, il était placé tantôt au milieu du transept , tantôt sur le portail principal , tantôt , enfin , sur Tun des côtés de la façaide ou d'une des nefs latérales (90).
Dans les petites églises , le clocher n'était fort souvent qu'un pan de mur épais terminé en pignon et percé d'une ou de plusieurs baies (88).
III. Ornements. — D'habitude , les sculptures de cette époque sont grossières et gauchement imitées de l'antique, au moins dans le nord de la France ; car dans le Midi , où les beaux modèles de l'art romain ont toujours été assez communs, les moulures et les autres ornements sculptés sont ordinairement mieux exécutés , d'un meilleur goût et d'un travail plus parfait. Généralement parlant , on peut assurer que pendant cette période les monuments du Midi de la France sont bien supérieurs aux monuments du Nord, pour la délicatesse et le fini. Les briques symétriquement arrangées , disposées en lozanges, en arcatures, en fronton, etc. ,(116) forment le fond de l'ornementation extérieure des églises. A l'intérieur , la décoration en était souvent riche et variée , comme nous l'avons vu ; toutefois la sculpture ne s'y faisait guère remarquer que sur les chapiteaux : les bas-reliefs proprement-dits y étaient fort rares et on ne les y employait ordinairement qu'à la décoration des tombeaux , dont plusteurs étaient dès-lors d'une richesse de sculpture fort remarquable, comme on peut en juger par ceux qui sont encore conservés au musée d'Arles et ailleurs.
IV. Inscriptions. — Comme sous l'ère basilicale, les monogrammes et les inscriptions qu'on rencontre souvent sur les tailloirs , les linteaux et autres parties des églises romanes , peuvent aider par la forme des lettres , leurs positions , leurs abréviations, etc. , à déterminer l'âge des monuments.
En général , les inscriptions de cette époque sont en lettres romaines majuscules ou capitales, assez bien exécutées et ayant beaucoup de rapports avec les inscriptions latines païen-
nés avec lesquelles on risque de les confondre, si Ton n*y apporte une grande attention, surtout quand le sens est ambigu. Les abréviations sont fort rares ; les lettres majuscules y sont mêlées aux onciales et les mots se suivent généralement sans séparation. Les inscriptions de haut en bas ou perpendiculaires sont dès-lors assez communes pour les noms des saints, et cet usages'estperpétuéà-peu-prèsjusqu*au XIII* siècle : les lettres à extrémités fourchues sont antérieures au ix« siècle.