‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 16 sur 112 · ART. 2. — PHASE SECONDAIRE OU RÉTROGRADE, IX* ET X* SIÈCLES · texte numérisé non relu

ART. 2. — PHASE SECONDAIRE OU RÉTROGRADE, IX* ET X* SIÈCLES

PARAGRAPHE UNIQUE. — Caractères architcctoniques de cette

époque,

I. Après avoir dégénéré de siècle en siècle jusqu'à Charlemagne, ^architecture chrétienne reçut de ce grand prince une impulsion salutaire et puissante. C'est alors que furent construites un agsez grand nombre d'églises, dont quelques-unes existent encore aujourd'hui , dans un état , il est vrai , de délabrement et de ruines plus ou moins avancé. Et ces monuments religieux d'un âge si éloigné de nous , sans être d'un goût pur et parfait , ne manquent généralement ni d'une certaine grandeur , ni même d'une certaine élégance , qui porte le sceau de cette trop courte époque de gloire pour les lettres comme pour les arts.

Mais après la mort de Charlemagne , rien ne put arrêter la décadence complète de l'architecture chrétienne. Pendant le IX* siècle , et surtout pendant le x* , les peuples qui s'attendaient à voir bientôt arriver la fin du monde , non-seulement ne pensaient pas à élever beaucoup de nouvelles églises , mais laissaient encore dépérir et tomber en ruines celles qui existaient déjà.

II. Le plan des églises romanes de la seconde pha&eest le môme que sous la phase précédente; seulement, vers le x® siècle , le grand appareil est quelquefois employé dans les constructions religieuses , surtout dans le Midi. Car, ailleurs , les murs sont encore généralement en moellons grossiers ou en pierres de petit appareil.

Les colonnes et les chapiteaux sont ordinairement plus mal exécutés encore que sous la phase primitive ; sauf les exceptions assez rares qui se rencontrent çà et là dans nos contrées méridionales , grâce à Tinfluence des modèles antiques. Dans quelques églises de campagne , on a employé comme colonnes , des pierres milliaires romaines , lorsqu'on a pu s'en procurer. La petite chapelle de Saint-Laurent, de Jonquières, sur la route de Nimes à Beaucaire , en offre un exemple remarquable ; les deux gros piliers qui supportent Tare du sanctuaire , sont deux de ces pierres , avec leur inscription latine : il y en a deux autres dans Téglise de Milhaud ( Gard). Les chapiteaux de la phase précédente sont souvent remplacés , pendant celleci , par des pierres informes à peine taillées.

III. Les fenêtres et les portes sont à-peu-près, alors, ce qu'elles étaient aux siècles précédents. Néanmoins , les fenêtres de l'abside sont quelquefois ouvertes.

L'arcade est en plein cintre , comme précédemment ; elle est unie ou décorée des ornements et des moulures de l'époque. Quelques églises, surtout parmi les plus petites, étaient, dès-lors, entièrement voûtées; d'autres ne l'étaient qu'aux basses-nefs. Ces voûtes étaient faites en moellons noyés dans le mortier.

Les clochers sont encore lourds, souvent carrés, surmontés d'un toit à double égoût ou à deux pentes , quelquefois à quatre pans, en forme de pyramide écrasée et sans grâce (90).

Les clochers-arcades continent à être très-usités pour les petites églises (88).

IV. Les décorations sont à-peu-près les mêmes quant au fond ; cependant, on commence à rencontrer, dès-lors , quelques-unes des moulures qui furent principalement en usage , sous la période suivante , comme les zigzags (118) , les/re^ tes (120(, \e& palmettes (138), les billettes. (123), etc.

Les mosaïques , au contraire , les peintures murales , les riches décorations en or, en argent et en couleurs éclatantes,

sont devenues extrêmement rares; on les remplace généralement , dans certaines contrées surtout , par des incrustations très-variées , en briques , en pierres de couleur ou simplement en briques rouges. Quelques églises romanes sont crénelées comme de véritables forteresses ; ces précautions militaires étaient sans doute nécessaires pour défendre et protéger. les fidèles et les monuments eux-mêmes , en cas de surprise de la part des barbares, ce qui n'était pas certainement fort rare pendant ces malheureuses époques de désorganisation sociale. L*église des Saintes-Mariés (475) , à six lieues d'Arles, en est un modèle très-remarquable. Nous en signalerons d'autres sous la phase suivante.

Les inscriptions sont encore en lettres capitales romaines ; mais elles ont perdu de leur pureté et de leur beauté première. Les abréviations deviennent assez communes.

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