‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 40 sur 112 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

BALUSTRADE OU CkNCEL.

I. Balustrade oucancel. Cancelli, Rugœ, — Nousavons vu, en parlant des autels , que dans les catacombes on en avait trouvé qui étaient enfermés dans une balustrade [cancellum]. Cet usage devint général dans les premières basiliques et s'est conservé, sous une forme ou sous une autre, jusqu'à nos jours. De tout temps , en effet , une barrière a communément séparé le sanctuaire et même le chœur du reste de l'église. Quelquefois aussi , outre cette première barrière , il y avait un second cancel autour de l'autel, comme il en existe encore en certaines églises.

Pendant les premiers siècles , les cancels consistèrent en grilles ou treillis en bois , en fer, en bronze, en argent même, de la plus grande magnificence (*) ; il y en avait aussi en marbre , ordinairement travaillés à jour , ouverts en arcades , ou

{*) Celui que saint Paulin avait fait faire pour sa basilique était, au dire d'Eusèbe , un chef-d'œuvre digne de la plus grande admiration, quoique en bois \ Lib . x -iv. )

On en voit beaucoup encore dans les églises grecques, de la plus grande richesse : quelques-uns sont en bois , sculptés à jour et tout dorés , et montent jusqu'aux retombées des voûtes; d'autres sont en pierre ; en marbre, etc.

formés de balustres. D'autrefois, ils consistaient en panneaux richement sculptés, ou couverts de peintures et de mosaïques. En général , ils ont suivi dans leur ornementation la marche et les variations de Tarchitecture , et surtout les formes des balustrades dont nous avons parlé dans la première partie (1 87) .

II. Au xiii*' siècle , le clergé les fit remplacer , dans le Nord surtout , par des murs massifs , ou des lambris de bois , bien fermés, pour se défendre du froid pendant les longs offices de la nuit généralement établis , alors , dans les cathédrales et les collégiales. Dans le Midi, où l'intempérie de l'hiver est moins rude , ces lourdes maçonneries furent plus rares, et presque partout on les remplaça par des balustrades ou des grilles qui , dans beaucoup de cas , ont servi et servent encore tout à la fois et de cancels et de tables de communion. Cependant les lambris se sont encore conservés dans- les monastères où Ton chante TofiSce de la nuit : par exemple, chez les Chartreux, les Trappistes , et dans certains autres couvents cloîtrés.

Un grand nombre de balustrades et de grilles des xiv® , xv* et XVI® siècles sont de la plus grande richesse (204, 205). Quelques-unes sont composées de véritables inscriptions en pierre ; ce sont des lettres gothiques qui en font la décoration. Parmi les belles grilles anciennes qui existent , nous signalerons celles de la cathédrale de Mende , fort remarquable , de l'église du Thor (Vaucluse) , de Béziers (Hérault) , de Notre- Dame duPuy, etc., et celle de Saint-Saturnin à Toulouse , qui est de la plus grande magnificence.

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