CHAPITRE VIII
CHftPELLE, CHŒUR. CIBORIUM.
!.• Chapelle. Sar^//ww. — Nous avons vu, en parlant des autels, que les premiers chrétiens en élevaient sur les tombeaux des martyrs, môme en pleine campagne. Or, il arriva que, souvent, pour abriter ces autels, on les enferma dans un petit édifice qui devint un oratoire, sous le nom de Martyrium, Apostoleum, Propheteum, etc. , selon qu'il était élevé en l'honneur d'un apôtre, d'un martyr, d'un prophète. Plus tard, on les adossa aux Eglises, et, pour les mettre en communication avec l'édifice principal , il fallut ouvrir des portes et puis des arcades. Ce n'est guère que vers le xi® siècle que les chapelles entrent dans le plan de la basilique; d'abord, elles n'existent qu'autour de l'abside et sont encore fort petites. Au xii® siècle elles deviennent généralement plus grandes , et au xiv® elles garnissent môme les bas-côtés. C'est vers cotte dernière époque qu'apparaissent aussi quelques chapelles fondées par de nobles familles, ayant une cheminée ; les chapelles ont suivi, dans leur style , toutes les phases de l'architecture chrétienne.
II. Choeur. Chorus. — Dans les premières basiliques , le chœur destiné aux chantres était placé en avant du sanctuaire et au haut de la nef centrale qui n'était pas encore entièrement livrée aux fidèles ; le sanctuaire se trouvait ainsi entre le presbyterium ou l'abside et le chœur. Au xi® siècle, le chœur était encore assez court ; il n'embrassait qu'une travée ; mais , pendant les xii® et xiii® siècles, il continue à s'agrandir jusqu'à ce qu'il occupe près de la moitié de la nef. Aujourd'hui, le
chœur se trouve, tantôt derrière l*autel, tantôt en avant, selon que Tautel est plus ou moms enfoncé dans Tabside.
Sous le point de vue de la décoration , nous citerons , dans le Midi, le magnifique chœur de la cathédrale d*Alby , avec ses boiseries, son jubé, etc., de la plus grande richesse.
III. Ciboire ou Ciborium. Ciborium, Umbraculum. — L'autel des basiliques était ordinairement placé sous un petit édifice , composé de quatre ou de six colonnes de marbre , de bois et quelquefois d'argent ou de bronze, supportant une coupole ou un riche baldaquin , en forme d'entablement carré avec fronton, et servant de dais à l'autel du sacrifice. Les entre-colonnements étaient garnis de magnifiques rideaux qu'on laissait tomber aux moments les plus solennels de la messe. Au-dessous de la coupole , on suspendait la Pyxide qui renfermait les saintes hosties, ou de riches couronnes d'or ornées de brillantes pierreries (192). Aux grandes solennités, le (îiborium était orné de fleurs , de feuillages , etc. On ignore si , pendant le moyen-âge, le ciborium reçut, en France, quelques modifications importantes, où si même il fut généralement conservé. Car, le plus souvent, il était remplacé par une POTENCE [voy, ce mot), qui consistait, tantôt en une grande crosse végétale, en or, en argent, en bronze ou en bois doré, ornée de pampres et d'autres feuillages, de fleurs, de fruits, etc. ; tantôt en un palmier, ou en tout autre arbre de mêm matière. Ces potences recevaient la Pyxide dans leur feuillage ou leur enroulement.
D'autres fois l'autel était recouvert d'un magnifique pavillon d'étoffe riche , appelé : Aplare, Aplaria, Apallarea, Apellaria, etc. (Voy. Millin, Dictionnaire des Beaux Arts, au mot parassol). Le cérémonial des évêques veut qu'il y ait sur l'autel un baldaquin, lorsqu'il n'y a pas de ciborium.
Les ciboriums qui ont pu exister pendant le moyen-âge ont dû nécessairement subir les mêmes transformations que les autres parties de l'édifice sacré. C'est, en effet, ce qui est arrivé en Italie , où l'on a conservé le ciborium ; il y a éprouvé les diverses modifications qu'y a subi l'art chrétien au moyen-âge. Les ciioriwm^ de la période ogivale y ont leurs arcades en ogives et sont surmontés de frontons ornés de crochets et accompagnés de clochetons placés à leur base , au-dessus des colonnes [Voy. Ciampini, vet. monim. t. 1 , p. 478, etc.)
M. Questel en a placé un fort beau sur Tautel de la nouvelle église de Saint-Paul à Nimes. Il est du style du xii" siècle, comme tout Tédifice, mais un peu lourd.
Nota. Dans les églises qui n'avaient ni baldaquin ni cibo< rium , il y avait souvent de chaque côté de Tautel deux grands rideaux fort riches , soutenus par des tringles en métal ou en bois , parallèles aux côtés de Tautel, ou par cjes colonnes.