CHAPITRE XL CONFESSIONNftUX> COUPOLES
L Confessionnal. Sedes confes^sionalis , Tribunal confes^ sarii. — Le père Marchi, un des antiquaires les plus distingués^ que possède la ville de Rome , a cru reconnaître des confessionnaux dans certains sièges ménagés dans l'épaisseur des murs latéraux et aux angles des cubicula des catacombes (*). Le prêtre ou le pontife y était assis ; et le pénitent devait se tenir à genoux devant lui , un peu tourné de côté par raison de modestie et de convenance, comme cela s'est pratiqué pendant fort longtemps au moyen-âge. De bonne heure cependant le siège du confesseur fut ordinairement accompagné d'un ou de deux sièges un peu plus bas pour les pénitents qui devaient se tenir assis pendant une partie de leur confession , à cause des longues et fatigantes prières qui accompagnaient alors cet acte important de religion. Cet usage existait encore au siècle de Charlemagne, d'après le témoignage d'Alcuin. A Montmajour , près d'Arles , on montre encore une petite chapelle fort ancienne, qui servait de confessionnal à saint Trophime. Elle est fort curieuse et porte encore le nom de confessionnal de Saint-Trophime.
Pendant le moyen-âge , le siège du confesseur était tantôt une espèce de fauteuil avec ou sans grille , tantôt un simple banc de bois, de pierre, etc. Il paraît que sa place n'était pas
(♦) Voy. Gerbet; Esquisse, elc, t. u, p. 179.
ncore toujours fixée dans Tintérieur de l'église; mais que souvent il devait être situé, soit dans la sacristie, soit dans quelque narthex ou vestibule du temple.
Au XV® siècle, comme on peut le conjecturer, d'après une miniature de cette époque, le pénitent se tenait encore à genoux devant le prêtre, la face tournée de côté; et cet usage a encore lieu à Rome et en plusieurs autres villes d'Italie. Dans une gravure récente d'un livre liturgique à l'usage des Grecs , on voit également le prêtre assis dans une espèce de fauteuil ; devant lui est un prie-Dieu avec un livre ouvert , et devant le prie-Dieu, le pénitent à genoux, la face tournée de côté. Dès le xni® siècle, néanmoins, les pénitents s'appuyaient quelquefois sur une espèce de prie-Dieu. Mais les confessionnaux, tels que ceux dont on se sert aujourd'hui , ne remontent pas très-haut. Ce n'est guère qu'au ^vi'' siècle qu'ils deviennent communs. Cependant, M. Didron en a rencontré deux en Allemagne, qu'il croit à peu près du xiv® siècle, et qui se rapprochent assez de la forme qu'on leur donne depuis trois cents ans. Ils consistent en trois compartiments , dont celui du milieu est disposé de telle sorte que le prêtre peut être vu de tout le monde , tandis que les deux autres destinés aux pénitents sont construits de façon à les cacher presque entièrement. Nous donnons à la figure 304 le dessin d'un pareil confessionnal.
II. Cou POLE ou DÔME. Conconheratum,Fastigium.(i\xt\{\\xQ?>uns confondent ces deux mots ; d'autres disent que la coupole et le dôme se distinguent en ce que le dôme conserve à l'extérieur sa forme sphérique , tandis que la coupole n'existe qu'à l'intérieur, et n'est pas couverte en dehors d'un dôme. En ce sens, la coupole serait assez ancienne dans les églises de France , puisqu'on la trouve dans les édifices de la période latine , tandis que le dôme qui nous vient de l'Orient n'apparaîtrait chez nous qu'au xi"® siècle. Le dôme prend, pendant le moyen-âge, différentes formes. Il est tantôt hémisphérique, tantôt elliptique, tantôt hexagone, tantôt octogone, etc. Généralement , les dômes sont en pierre ; cependant , depuis la Renaissance , il s'en fait en bois. De tout temps , on les a ornés de peintures, de dorures, de moulures en compartiments, etc. Quelques-uns sont entièrement fermés; d'autres sont portés sur une galerie à jour, et d'autres sont ouverts à leur
sommet , et parfois cette ouverture est surmontée d'une lanterne en forme de petite tour à jour, etc. (^65, 466).