‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 48 sur 112 · CRÉDENCE ET PISCINE · texte numérisé non relu

CRÉDENCE ET PISCINE

I . Crkdence . Credentia, Arcula, etc . — On appelle aujourd'hui crédence une table en bois ou en marbre , une console ou un cul-de-lampe placés à côté de l'autel pour recevoir les buretteset les autres objets nécessaires au Saint-Sacrifice. On voit par là que la crédence a remplacé la prothèse des anciennes basiliques. On trouve dans les catacombes , des niches qui ont servi aux mômes fins (*). Au moyen-âge, la crédence servait au même usage ; mais les diverses formes qu'elle subit alors méritent d'être signalées. D'abord , il paraît qu'à partir du IX"® siècle, elle dut recevoir une piscine destinée à jeter l'eau qui avait servi à laver les mains des prêtres ou les vases sacrés. D'après une prescription du pape Léon iv, cette piscine devait, en effet , être placée, ou dans la sacristie, ou à côté de l'autel, et devait contenir un vase d'eau et du linge blanc. Lorsqu'elle était à côté de l'autel , elle faisait souvent partie de la crédence. Quelquefois, cependant, elle en était séparée et consistait alors, ordinairement, en une cuvette fort simple, portée sur un pédicule percé d'un trou dans sa longueur , pour laisser échapper l'eau.

IL Au XII® siècle, oft commença à creuser dans l'épaisseur du mur, à côté de l'autel, des crédences en forme de niches, communément divisées en deux par une tablette destinée à recevoir les burettes , les vases sacrés , etc. Au bas de la niche , était ménagée la piscine percée d'un trou propre à recevoir l'eau et à la rejeter hors de l'église , à travers le mur.

(*) Voy. Gcrbet, Esquisse, etc., t. ii, p. 185.

Aux xm«, XIV® U XV* siècles, les crédcnces-niches se multiplièrent prodigieusement , et il en existe encore un très-grand nombre. Elles sont en ogive, et ordinairement ornées de moulures et autres décorations de l'époque. Souvent elles sont géminées , et ont chacune leur tablette et leur piscine. On les creusait généralement du côté de Tépître à cause des burettes toujours placées de ce côté. On en trouve toutefois un certain nombre qui sont situées du côté de l'évangile; mais celles-ci n'ont pas de piscine, et ne servaient probablement qu'à enfermer les ornements , les vases sacrés , les reliques , et quelquefois aussi la sainte Eucharistie, comme nous le verrons en parlant des tabernacles. ^^

On voit par là que si celle du côté de l'épître remplaçait la prothèse , celle du côté de l'évangile remplaçait l'ancien diaconicum (*).

III. Les crédences des xiv® et xv® siècles sont de la plus grande magnificence ; il y a peu d'églises de cette époque qui ne possèdent encore de ces belles crédences, qu'on doit tenir à conserver soigneusement. Elles sont ordinairement trilobées à leur sommet et elles sont ornées de riches dais, de clochetons élégants, et surmontées de frontons garnis de crochets et couronnés d'un bouquet de feuillages épanouis. Mais celles du XV® siècle, quoîque extrêmement riches, ont leurs ornements secs et maigres , comme tout ce qui se faisait alors ; leur sommet est souvent en accolade (4 95) . Pendant ces deux siècles, quelques crédences consistaient en magnifiques coffres de bois, merveilleusement sculptés.

Au XVI® siècle, les crédences deviennent de véritables monuments, d'une richesse merveilleuse; mais elles se ressentent

C) D'après saint Paulin-de-Nole , on avait placé , sur celle qui était au côté gauche de son ^lise, le distique suivant:

« Si quem sancta tenet meditandi in lege voluntas ,

» H de poterit residens sacris intendere libris. »

« Si quelqu'un désire méditer la sainte loi de Dieu , il pourra se livrer y» ici à rétude des livres sacrés. »

Et sur celle de droite où était renfermée la sainte Eucharistie :

« Ileic locus es^ veneranda penus quo conditur et quo

» Promitur aima sacri pompa ministerii . »

« C'est ici le lieu où l'on conserve et d'où l'on retire l'objet vénérable » et viviGant du culte du sacré ministère. »

du mauvais goût qui se manifestait alors dans toutes les branches de Tart chrétien redevenu presque païen.

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