‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 50 sur 112 · DIPTYQUES ET TRIPTYQUES. ÉCRAN · texte numérisé non relu

DIPTYQUES ET TRIPTYQUES. ÉCRAN

I. Diptyques. Diptycha. — Chez les Romains, on donnait le nom de diptyques ou de triptyques à des tablettes , ordinairement composées de deux ou trois pièces de bois, d'ivoire , ou môme de métal , plus ou moins riches et enduites intérieure-

ment d'une couche de cire, sur laquelle on écrivait, au moyen d'un poinçon , des pensées, des sentences et autres choses dont on voulait conserver le souvenir. On s'en servait encore pour écrire à des amis , ou à d'autres personnes , comme nous le faisons aujourd'hui par lettres cachetées. D'abord , ces diptyques furent assez simples, mais bientôt les personnes aisées, et surtout les consuls , en firent faire d'extrêmement riches , qu'ils envoyaient à leurs amis, comme cadeaux ou comme souvenir. Il est probable qu'après la conversion de Constantin , ils en envoyèrent môme aux Evoques, puisque les diptyques de cette époque, qu'on conserve encore, ne se sont guère trouvés que dans les trésors des églises.

II. Chez les premiers chrétiens, on a donné le nom de diptyques à des espèces de catalogues à deux ou trois colonnes , qui servaient à écrire les noms des personnes mortes ou vivantes dont l'Evêque devait faire mention au Saint-Sacrifice de la Messe , ou dont on voulait conserver le souvenir.

Il y en avait de quatre sortes ; le diptyque des baptisés , le diptyque des Saints et des Martyrs , le diptyque des morts, et le diptyque des vivants , à la tête duquel étaient inscrits les noms du Pape, des Evêques, de l'Empereur, etc.

Lorsque l'Empereur, ou quelque Evêque, ou quelqu'autre fidèle était excommunié, on effaçait son nom du diptyque. On comprend facilement que toutes ces listes de noms ont pu être inscrites sur les diptyques consulaires dont nous avons parlé, ou sur des feuilles de parchemin, placées dans ces mêmes diptyques.

III. On a encore donné le nom de diptyques ou de triptyques , chez les Chrétiens, à des tablettes semblables, pour la forme et quant à la matière , à celles des Romains ; mais , au lieu d'une couche de cire et de sculptures payennes qui accompagnaient celles-ci, les Chrétiens faisaient peindre ou sculpter, sur les faces intérieures ou extérieures de leurs diptyques, des sujets religieux tirés de l'Ecriture sainte , ou des portraits de Saints, etc. (200). Ces diptyques se plaçaient sur l'autel, pendant le Saint-Sacrifice ; et comme les tablettes de ces diptyques et triptyques pouvaient se plier les unes sur les autres, il était facile de les enlever au premier danger; aussi , devinrent, ils extrêmement communs pendant les siècles de persécution. Par-là on satisfaisait, tout à la fois, à la dévotion des fidèles

pour les saintes images et aux prescriptions du concile d'Elvire, qui , par crainte de profanation , avait défendu de peindre sur les murs de TEglise des sujets religieux. Cet usage des diptyques a persévéré pendant tout le moyen-âge ; et lorsqu'on n'en plaçait plus sur les autels , les fidèles en faisaient faire encore pour leur usage particulier (*).

IV. On a donné, enfin, le nom de diptyques et de triptyques à ces grands tableaux d'autel , composés de deux ou de trois volets qui se ferment les uns sur les autres, tels qu'on en trouve un grand nombre en Italie et ailleurs (286). La cathédrale d'Aix en possède un magnifique , que l'on dit avoir été peiut par le roi René (**).

Souvent, au moyen -âge, les couvertures des Evangiles et autres livres liturgiques n'étaient que d'anciens diptyques en bois , en ivoire , en métal plus ou moins précieux , ornés de ciselures et de sculptures (298). (Voir Gori, Thésaurus Diptychorum.j

V. Ecran. — On a quelquefois confondu l'écran avec le jubé, mais celui-ci était toujours surmonté d'une tribune, en forme d'ambon , tandis que l'écran n'était qu'une simple clôture qui séparait ordinairement le chœur du reste de l'église , comme le cancel du sanctuaire. [Voy. Cancel.)

L'écran était souvent d'une grande richesse, car il était susceptible de recevoir des ornements en sculpture, en dorure et en peinture. On en faisait en bois, en marbre et en métal, pleins ou à jour, et il s'en plaçait, non-seulement autour du chœur, mais encore devant les chapelles, autour des tombeaux, etc. (204-203).

(*) Il est encore question , pendant le moyen-Age , d'une sorte de tablettes nommées Jntathemata ^ Tabules^ Pallia ^ Frontaliay Dorsale ^ Dossole, Elles étaient sculptées en bois,. en ivoire, en or, en argent, etc.; on inscrivait dessus les dons faits à TEglise par les fidèles , et on les plaçait sur l'autel qu'elles servaient à orner.

[**) M. Velu, pharmacien à Nimes, possède^ dans son musée, deux tablettes en ivoire sculptées qui, très-probablement, sont les deux parties d'un diptyque; les sculptures , qui représentent des scènes de la passion, m'ont paru être du xv« au xvi^ siècles . 11 a aussi un triptique du xv« siècle. Le trésor de Saint-Jean de Lyon possède également des diptyques fort curieux et un triptique du xv« siècle.

Aujourd'hui , on emploie ordinairement à cet usage , de fiimples grilles en fer, en fonte ou en bois , parfois assez belles , mais le plus souvent fort mesquines.

On a aussi donné le nom A* écran a des ouvrages en pierre, délicatement travaillés à jour, placés devant certains membres d'architecture soignés, comme pour les doubler ou les protéger, sans cependant les masquer.

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