‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 54 sur 112 · ORGUES · texte numérisé non relu

ORGUES

I. Dans riiistoire de VOrgue, il faut en distinguer de deux sortes : Torgue hydraulique mis en jeu par le moyen de Teau , et Torgue pneumatique ou à vent. Or, il paraît que Torigine des orgues pneumatiques remonterait à une très-haute antiquité. On a prétendu que les Hébreux, les Grecs et les Romains en avaient connu Tusage ; quelques-uns môme les font inventer par No-ang-ti, roi de la Chine, 2601 ans avant J.-C. L'orgue hydraulique, au contraire, ne remonterait qu'à 234 ans avant Tère chrétienne , et aurait été inventé par Ctésibius d'Alexandrie. Mais d'autres prétendent, de leur côté, que les orgues hydrauliques sont plus anciennes que les orgues à vent. Quoi qu'il en soit de cette discussion d'origine, il est certain qu'au second siècle Tertullien parle d'une armée de tuyaux au son puissant et mélodieux. S. Augustin, dans son exposition du Psaume 56 , est encore plus explicite et parle expressément de l'orgue à soufiQet. Mais la description que l'Empereur Julien a laissée de l'orgue, dans une épigramme qui est parvenue jusqu'à nous , convient admirablement aux orgues pneumatiques fVoy. l'abbé Pascal, Dict, liturg.j

II. Quelques auteurs ont cru que c'était le Pape Damase, au IV® siècle, qui avait introduit les orgues dans le culte divin. Mais il est plus probable que ce fut le Pape Vitalien, vers le milieu du vn® siècle.

Le premier orgue qui ait été connu en France est, dit-on, celui que l'empereur Constantin Copronyme envoya à Pépin , vers le milieu du vni« siècle. Il est certain au moins que Charlemagne en reçut un d'Orient, et qu'il en fit faire de semblables. Mais il faut avouer que ces instruments étaient encore bien imparfaits. On voit, par les descriptions incomplètes qui en sont parvenues jusqu'à nous, qu'avant l'époque dont nous parlons, les orgues devaient être d'une assez petite dimension.

ce qui permettait de les transporter assez facilement. Cependant il pouvait y en avoir déjà de très-considérables.

Au X® siècle, alors qu'elles étaient devenues fort communes, non-seulement dans les églises des villes, mais aussi dans les chapelles des couvents , le mécanisme en était encore trèsgrossier. Les tuyaux en cuivre, en bois, etc. , étaient en général fort criards, les touches très-larges et très-raides; il fallait toute la force du poing ou du marteau pour les faire jouer. Les soufflets n'étaient pas mieux perfectionnés ; il fallait soixantedix hommes , par exemple , pour faire aller les vingt-six soufflets de Torgue de Winchester, qui était, il est vrai, d'une fort grande dimension.

III. Au xin« siècle, l'orgue subit quelques modifications importantes. Mais c'est surtout au xv® siècle qu'il reçut des perfectionnements extrêmement remarquables, qui n'ont fait que s'accroître de siècle en siècle jusqu'à nos jours, où l'art du facteur d'orgues a acquis une haute perfection.

On ignore à peu. près complètement la forme extérieure des orgues des premiers temps du moyen-âge. Les descriptions qui en restent sont trop insuffisantes pour nous en donner une idée assez claire. C'est dans les miniatures et les anciennes peintures et sculptures qu'on doit chercher les modèles les plus vieux de ces instruments.

Aux XIV® et XV® siècles, les bufîets d'orgues étaient sculptés avec toute la magnificence des autres boiseries de la période ogivale. Le xvi® et le xviii® siècles en fournissent encore d'extrêmement remarquables par leur belle ornementation.

Dans les environs, nous signalerons en particulier les orgues d'Uzès (190), celles de la cathédrale de Mende, etc.

Nota. 1® Nous devons faire remarquer qu'il est fort difficile aujourd'hui de se faire une idée claire de l'usage de l'eau dans les orgues hydrauliques. Millin pense qu'elle n'était employée que pour atténuer l'effet trop violent du vent. D'autres ont cru qu'elle servait à mettre le mécanisme ou les soufflets en mouvement , etc. Guillaume de Malesbury parle d'orgues mises en jeu par la vapeur de l'eau chaude , per mm aqum calidœ. Et ce serait le pape Sylvestre II (Gerbert) qui aurait inventé ces espèces d'orgues hydrauliques à vapeur;

2® L'affreux serpent, qui est aujourd'hui détrôné dans nos

églises par Tophicléide qui n'est guère plus harmonieuse, a été inventé au xvi"*^ siècle par dom Guillaume, chanoine d*Auxerre.

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