‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 55 sur 112 · CHAPITRE XrX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XrX

PHÏÉS. — PORCHES.

I. Jusqu'au xii"« siècle, on a souvent employé la mosaïque, dont nous parlerons dans la troisième partie de cet ouvrage , non-seulement pour orner les murs des églises , mais encore pour en former des pavés , selon Tusage et les procédés des Romains (*). Comme ce pavage , néanmoins, était fort cher, on le réservait ordinairement pour le sanctuaire , Tabside et quelques chapelles plus soignées, etc. Pour le reste de Téglise, on se servait communément de briques ou de dalles simples ou en marbre taillées en pièces carrées, triangulaires, octogones, etc., et disposées de manière à former des compartiments symétriques combinés avec goût et d'un bel effet.

A partir du xii"® siècle et pendant toute la période ogivale , on remplaça ordinairement les mosaïques par des briques vernissées ou émaillées de diverses couleurs , avec lesquelles on faisait également les ornements les plus variés et les plus beaux. D'autrefois, on faisait à ces briques ainsi qu*aux dalles en pierre des entailles qu'on remplissait avec des ciments ou des mastics diversement colorés , en brun ou en rouge , de telle sorte qu'une fois ajustées ensemble , ces dalles formaient des armoiries, des personnages, des animaux, des fleurs, des fruits , etc. , et mille dessins agréables (215).

Quand les inhumations, dans les églises, furent autorisées, le sol se couvrit souvent de pierres tombales sculptées en creux, avec des inscriptions , des ornements variés et même avec la

{*) I.'abbaye de Saint-Denis possédait de ces pavés en mosaïques et en incrustations du xi<"« siècle , représentant les signes du Zodiaque et le« travaux qui y correspondent.

ligure du mort qu'elles recouvraient. Seulement, les lois ecclésiastiques défendaient d'y graver l'image de la croix, afin que ce signe vénéré de notre salut ne fut pas exposé à être foulé aux pieds et profané; mais souvent, malgré cette sage mesure, on continua à la représenter sur ces dalles funéraires par une piété mal entendue.

II. Le porche est une construction placée devant la porte d'une église, dans un but quelconque d'utilité, de décoration ou de nécessité. On en distingue de plusieurs sortes:

4® Le porche antique qui est le parvis des basiliques primitives, dont nous avons parle dans la première partie ;

2° Le porche en coupole, dont le nom fait comprendre la configuration ;

3*^ Le porche accidentel formé par la base d'un clocher placé au milieu de la façade et servant de premier portail ; tel est celui d'Alais , etc. Il est également formé quelquefois par le retrait de la porte dans l'épaisseur du mur, ou par l'étranglement qui se trouve entre deux clochers placés à droite et à gauche du portail ;

4® Le porche péristyle , imité du péristyle des anciennes basiliques ;

5° Le porche tribunal , ordinairement porté sur deux ou quatre colonnes et destiné, pendant le moyen-âge, à rendre la justice au peuple. Souvent , il était orné de deux lions ; d'où la formule des actes de cette époque : Inter leones ( du milieu des lions) (84 et frontispice) ;

6® Le porche militaire, avec mâchicoulis, meurtrières et autres défenses pour mettre l'église à l'abri d'un coup de main;

7<> Le porche de décoration, principalement en usage sous la période ogivale ; il est ordinairement formé par les retraits du portail. Sa décoration est souvent extrêmement riche.

8® Le porche auvent , destiné à garantir la porte de l'église de la pluie, etc. (220 a).

Les tambours de nos églises modernes sont de véritables porches intérieurs.

Nous signalerons comme fort remarquables , les porches de N--D.-de-Doms, à Avignon, et de la cathédrale de Montpellier (220 b).

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