‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 56 sur 112 · PORTES. — POTENCES · texte numérisé non relu

PORTES. — POTENCES

I. Dans cet article, le mot portes doit s'entendre dans le même sens que xmntaux ou fermetures de portes. Boldéti a découvert dans les catacombes des salles ou cubicula qui étaient fermées par une porte de fer ; mais il est constant que le plus grand nombre des salles qui étaient fermées ne Tétaient que par des portes en bois , dont le môme auteur a retrouvé les gonds plus ou moins oxidés.

Dans les premières basiliques , et pendant tout le moyenâge, on a mis un soin tout particulier à orner les portes de la maison de Dieu. Elles étaient de bois, de bronze fondu ou ciselé, de bois couvert de lames d'airain ou même quelquefois de lames d'argent , ordinairement ornées de bas-reliefs , de ciselures ou d'incrustations de la plus grande beauté. Il paraît même que quelques-unes de ces portes étaient en marbre.

Les portes que saint Paulin fit faire pour sa basilique de Constantinople étaient, au dire d'Eusèbe, en airain richement sculpté. Au VIII"® siècle, nous voyons le pape Honorius faire couvrir en argent pur les portes de l'église de Saint-Pierre du Vatican. Il y employa 975 livres de ce précieux métal. Vers le milieu du ix"»® siècle, les Sarrazins les ayant dépouillées de leurs riches ornements , le pape Léon iv les fit restaurer et recouvrir de lames d'argent, avec des sculptures magnifiques. Les portes de la nouvelle basilique de Saint-Pierre offrent six superbes tableaux en bronze supérieurement travaillés; ils sont de l'habile et célèbre Philarète.

Celles que l'abbé Suger fit placer à son église de St-Denis étaient aussi en bronze ciselé et doré ; elles représentaient la Passion, la Résurrection et V Ascension du Sauveur. Tout le monde sait que les portes du baptistère de Florence, également en airain, sont si belles que Michel -Ange les disait dignes d'être les portes du Paradis.

IL A partir surtout du xi"« siècle, les portes en bois étaient ordinairement ornées de magnifiques et immenses ferrures ou pentures à feuillages plus ou moins compliqués, formant des enroulements, des rinceaux, des arabesques, etc., sur leurs vantaux. Au xi"® siècle , ces pentures sont encore fort grossières ; au xii"«, elles commencent à être très-belles ; mais au XIII"*® et au XIV"®, elles sont vraiment magnifiques (84).

Aux XII"® et XIII"® siècles , les vantaux en bois sont souvent sculptés en tableaux à demi-reliefs , représentant des personnages de Tancien ou du nouveau Testament, ou de la légende des saints.

Au XIV"®, ils sont plus communément ornés de moulures architectoniques; et au xv"®, lorsque la sculpture sur bois est arrivée à une très-haute perfection, on néglige les pentures, et les portes se couvrent de magnifiques bas-reliefs et de moulures de la plus grande richesse; ce sont des panneaux séparés par de petits contreforts et sculptés de manière à représenter des fenêtres flamboyantes , des pinacles , des draperies , etc., etc. (Se-lâl-iâS).

Les XVI"® et xvii"® siècles offrent aussi de fort belles portes admirablement travaillées ; mais les décorations changent de caractère ; ce sont des arabesques, des rinceaux, des médaillons et autres décorations imitées de l'antique; ce sont aussi parfois des personnages , tantôt sacrés , tantôt profanes , des saints, des sybilles, des génies, des petits amours, etc., etc.

Pendant le moyen-âge , il est arrivé , quelquefois , qu'on mettait aux portes de Téglise des heurtoirs de diverses formes , semblables à ceux qu'on plaçait aux portes des maisons civiles (299).

Parmi les portes en bois sculptées , nous citerons celles de la cathédrale du Puy, très-anciennes; de la cathédrale d'Aix, du xvi"® siècle; de Saint-Pierre d'Avignon; de Sainte-Marthe, à Tarascon ; de la chapelle ducale , à Uzès , dont nous donnons un panneau, etc., etc. (222).

IIL La POTENCE, dans le langage liturgique du moyen-âge, était un ornement en bois ou en métal , ayant la forme d'une grande crosse , d'un palmier , d'un arbre quelconque ou de tout autre objet en enroulement, ou garni de feuillages. Cette potence qui remplaça le ciborium, lorsque celui-ci ne fut plus en usage , se plaça derrière l'autel , de manière à le couvrir

de sa crosse ou de son feuillage ; et au moyen d'une petite poulie cachée dans son enroulement ou dans ses branches, on faisait descendre et monter à volonté la pyxide ou le petit tabernacle qui renfermait les saintes hosties. Ces potences étaient souvent fort riches , toutes dorées et garnies de rinceaux de feuilles, de fleurs, etc. Elles sont encore en usage en certaines contrées de France.

On donnait aussi le nom de potence à certains bâtons surmontés d'une petite traverse comme un T, et dont on se servait pour s'appuyer, pendant les offices, lorsqu'on était fatigué de rester debout, posture que l'on était obligé de garder fort longtemps , à cause de la longueur des offices. Pendant la lecture de l'évangile, on déposait la potence à terre. On l'appelait encore reclinatorium et miséricorde.

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