CHAPITRE XXII
SKCRISTIES , SKLLES CAPITULKIRES.
I. Les premières sacristies dont il est fait mention dans les auteurs ecclésiastiques , sont ces anciennes chapelles ou salles des basiliques que nous avons désignées , dans la première partie de cet ouvrage, sous le nom de diaconicum, local destiné^ à recevoir les ornements et les vases sacrés et ainsi appelé, parce qu'il était sous la garde des diacres. Mais indépendamment du diaconicumy la basilique primitive, comme nous l'avons vu au même endroit, était ordinairement accompagnée de plusieurs autres appartements consacrés à divers usager relatifs soit aux besoins du culte , soit aux besoins des ministres des saints autels. Quelques-uns de ces bâtiments connus, de bonne heure , sous les noms de vestiarium, prœparatorium secretarium, receptorium, salutatorium, etc., servaient indubitablement aux mêmes usages que nos sacristies actuelles , et à bien d'autres fins , comme leurs noms l'indiquent assez et comme on peut s'en assurer par le témoignage des anciens auteurs ecclésiastiques. C'est là, en effet, que Tévêque s'habillait et se préparait à célébrer le Saint-Sacrifice ; c'est là qu'il tenait parfois ses séances et recevait l'hommage et les honneurs que lui rendaient, en certaines circonstances, le clergé et les fidèles, etc., etc. Il pouvait aussi s'y retirer pour s'y reposer quand il en avait besoin ; quelques-unes de ces salles étaient >
en effet, parfois assez vastes, pour recevoir plusieurs cellules destinées aux diverses nécessités des ministres sacrés. D'après cela , il est évident que les auteurs qui ont avancé qu'avant le xvi« ou le XVII® siècle il n'existait pas de sacristies, se sont trompés. Il est probable, cependant, que beaucoup de petites églises de campagne, ou même certaines églises de ville, n'avaient pas de sacristies, et qu'alors le célébrant et le reste du clergé s'habillaient sur la crédence placée du côté de l'épître ou ailleurs ; car, il est à remarquer que, pendant le moyenâge, les demeures épiscopales ou presbytérales, et surtout les monastères étaient attenants aux églises , de manière que le clergé pouvait arriver tout habillé à l'autel. C'est, sans doute, ce qui rendit les sacristies très-rares pendant plusieurs siècles de cet âge.
Nota. Lesacrarium était une espèce de sacristie et quelquefois une simple armoire ou crédence destinée à conserver uniquement la sainte Eucharistie. fVoy, Crédence, Tabernacle,) Ce n'est donc pas le sacrarium primitif qui a précédé nos sacristies actuelles, mais bien le secretarium, etc. , dont il est ici question.
II. La SALLE CÂPiTULAiRE est uue salle plus ou moins grande selon les besoins et le nombre des membres d'un chapitre régulier ou séculier, qui s'y réunissent pour traiter en commun les affaires du chapitre ou de la communauté , et quelquefois aussi pour discuter des points de théologie dogmatique et morale, ou de discipline particulière et générale.
La salle capitulaire n'a pas de forme constante ; il en est d'oblongues et de carrées, sous la période romano-byzantine ; de circulaires et de polygonales , sous la période ogivale. On détermine leur âge par les mêmes caractères qui servent à connaître l'époque des autres parties d'un édifice. En général» les salles capitulaires étaient richement ornées de sculptures, de belles boiseries, de peintures à fresque, de vitraux coloriés etc. , etc. On y voyait souvent des bancs ou des stalles fort remarquables; et quelquefois aussi on y élevait un autel comme aujourd'hui.