‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 60 sur 112 · TABERNACLES, TOITURE · texte numérisé non relu

TABERNACLES, TOITURE

I. Tabernacle. Tabernaculum, Arca, Reposiiorium, Condiiorium. — Les premiers autels, comme nous l'avons déjà vu fVoy. CHAP. Il), n'avaient pas de tabernacles semblables aux nôtres ; mais le plus souvent , on conservait la sainte Eucharistie dans une armoire, ou une crédence fSacrarmm, Armariumj, ménagée dans l'épaisseur d'un des piliers du sanctuaire.

ou dans le mur de l'abside, derrière Tautel, ou à l'un de ses côtés , communément au côté droit. Ces armoires étaient ordinairement ornées d'images saintes, de peintures, d'or et d'azur , de sculptures, etc. En général, on pratiquait, à l'extérieur même de l'Eglise et vis-à-vis de l'armoire eucharistique, une petite fenêtre simulée , pour indiquer aux pieux fidèles , môme en dehors du lieu saint, l'endroit où reposait la divine Eucharistie, attention admirable, qui révèle toute la foi du moyen-âge !

Dans plusieurs églises des premiers siècles, lesacrarium était une véritable sacristie uniquement réservée aux mêmes usages que l'armoire eucharistique ; dans d'autres, les saintes espèces étaient conservées dans des pyxides en forme de co~ lombes, d'étoiles en or, en argent, en cuivre doré, etc. Elles étaient suspendues sous le ciborium ou dans la crosse de la potence qui en tenait lieu; et, au moyen d'une petite poulie, on les élevait et on les abaissait à volonté (256).

Les colombes avaient, au milieu du corps, une espèce de boîte ronde, où l'on plaçait la sainte Eucharistie ; cette boîte s'ouvrait et se fermait au moyen d'un petit couvercle placé entre les deux aîles. On s'est aussi servi quelquefois , pendant le moyen-âge, de petits tabernacles portatifs en or, en argent , en cuivre et même en bois doré, ayant la forme d'un agneau, d'une petite arche, arcula, d'une tour, etc. (292), que l'on plaçait sur l'autel pendant le Saint-Sacrifice, et que l'on enlevait ensuite pour les porter dans le sacrarium, selon Tusage , ou ailleurs, en cas de persécution.

IL Quelques auteurs croient, et non sans fondement, que, dès le xiii® siècle, il y eut quelquefois des tabernacles fixes sur les autels. La chose est du moins certaine pour les xiv* et XV® siècles ; et rien n'était élégant comme ces tabernacles de la période ogivale, en pierre ou en bois sculptés , et plus souvent encore en orfèvrerie ; ce sont alors des objets admirables de goût et d'exécution, d'un travail extrêmement délicat, ordinairement émaillés ou couverts de superbes incrustations; de petits édicules, des portails d'Eglises, des tours magnifiques, des pyramides sveltes ou délicatement sculptées à jour, etc. , le tout accompagné de clochetons , de pinacles , d'arcatures , de bas-reliefs et de tous les ornements les plus riches de l'époque (291). Cependant, les tabernacles n'étaient pas toujours placés sur l'autel môme ; mais, parfois, on se contentait de les

suspendre ou de les fixer au fond de l'abside, ou à une colonne du sanctuaire ; ils étaient alors communément en pierre ou en marbre, richement sculptés (288) ; rarement en' orfèvrerie.

Au xvi« siècle , beaucoup d'autels étaient encore sans tabernacles proprement-dits ; et Ton continuait à conserver la sainte Eucharistie dans des armoires , dans des colombes et autres pyxides placées quelquefois sous un simple pavillon en soie , ménagé sur le retable ; c'est de là que nous est venu l'usage de garnir l'intérieur des tabernacles avec une étoffe de velours ou de damas cramoisi , et de couvrir au moins le ciboire d'un petit pavillon de soie appelé custode.

Au XVII® siècle , les tabernacles étaient déjà communs et prirent dès lors les formes extrêmement variées et plus ou moins riches, élégantes ou disgracieuses, qu'ils ont conservées jusqu'à nos jours. Dans quelques églises , néanmoins , on a retenu plus ou moins fidèlement les anciens usages , et le tabernacle actuel n'y a pas encore été adopté.

Iir. La toiture des églises a varié , selon les époques , les pays et les ressources des populations. Il y en a eu en bois, en tuiles , en ardoises , en pierres , en lames de plomb et de cuivre, et même , si nous en croyons quelques anciens écrivains , en feuilles d'argent ; ce qui probablement ne doit s'entendre que des toits du sanctuaire.

Dès le temps de Constantin les basiliques chrétiennes étaient souvent recouvertes en plomb ou en cuivre doré ; et parfois ces toitures métalliques étaient en forme d'écaillés fixées par des clous , ou ornées de dessins variés.

Sous les périodes latines et romano-byzantines , on se servit tantôt de tuiles plates ou à la romaine (223) , tantôt de tuiles creuses en demi-cylindres comme aujourd'hui , tantôt aussi de nappes de plomb ou de cuivre, simples ou ciselées, travaillées avec soin et couvertes de figures curieuses. Quelquefois on n'y employa que l'ardoise , ou la pierre de taille disposée de manière à former des arêtes , des treillis , etc.

IV. Sous la période ogivale , indépendamment du cuivre, du plomb et des autres matériaux usités précédemment, on employa souvent des tuiles polychromes vernissées avec lesquelles on formait des dessins variés et symétriques fort agréables , et même des inscriptions religieuses qu'on pouvait lire ainsi de

très loin; cette espèce de toiture en briques polychromes s'est perpétuée jusqu'à nos jours.

A partir du xi® siècle , on commença à orner les arêtes des combles des églises d'une dentelle de pierre ou de métal , fort élégante et d'un très-bel effet (168-169-170). Cet ornement qui continua d'être en usage pendant toute la période ogivale , a reçu le nom de crête. Les églises de Sainte-Croix à Montmajour et de Saint-Trophime à Arles en fournissent des modules du style romano-byzantin.

Nota. Les belles charpentes de nos anciennes cathédrales qu'on avait cru en bois de châtaignier sont réellement en chêne blanc.

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