‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 71 sur 112 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

MGUIERES , FUkBELLUM , MOULES D HOSTIES.

I. AiGVikhES fCucumellum, Aquoe-maniles). — ATépoque où les fidèles apportaient eux-mêmes le pain et le vin qui devaient servir au Saint-Sacrifice , il passait tant de ces matières par les mains des oflBciants , qu'il était nécessaire après l'offrande, que le prêtre et ses officiers se lavassent non-seulement le bout des doigts , comme on le fait actuellement , mais toute la main. Il y avait donc pour cela des vases préparés exprès auprès de l'autel , à savoir: un bassin, une aiguière et une serviette , remplacés maintenant par la burette de l'eau , le petit bassin et le manuterge. Cependant on aconservé l'aiguière, le bassin et la serviette pour les évêques qui se lavent encore les mains et non pas seulement le bout des doigts.

Au moyen âge, ces vases étaient souvent extrêmement riches, en or ou en argent, artistement travaillés. L'aiguière prenait les formes les plus variées, la figure d'un lion, d'un dragon, d'un griffon et autres animaux réels ou fantastiques, ou toute autre forme arbitraire.

Dans les églises pauvres , ces vases n'étaient qu'en terre cuite, en verre, en cuivre, en étain , etc. , comme aujourd'hui.

II. Le Flabellum ou Eventail était un petit instrument destiné à éloigner les mouches des saintes oblations et à éteindre les luminaires après les offices. Son usage paraît remonter aux premiers siècles de l'Eglise. Les constitutions apostoliques nous apprendent , en effet [Lib. 8, chap. 12) , que, lorsque le pain et le vin eucharistiques étaient placés sur l'autel , deux diacres agitaient des éventails pour en éloigner les mouches. Le flabellum devait être fait d'une matière légère, de plumes, d'étoffes fines , etc. Sa forme a beaucoup varié. C'était tantôt un petit étendard , tantôt un petit voile léger et flottant (244), un panache, un éventail de plumjes de paon , d'autruche, etc. Chex

les Grecs , c'est souvent un chérubin à six ailes porté au bout d'un bâton qui lui sert de manche.

L'on a trouvé dans les catacombes une coupe ancienne sur laquelle est représenté un pelât saint Jean agitant un flabellum sur le visage de l'Enfant-Jésus , pour en éloigner les mouches ; ce qui n'est au fond qu'une gracieuse figure de ce qui se passait alors à l'autel.

Au XIII® siècle , le flabellum était encore en usage en France , et Ton ne sait pas bien à quelle époque il a cessé d'être em[)loyé. Celui de l'ancienne abbaye de Turnus, en Bourgogne, dit M. Guenebault, est une curiosité de première classe ; on y voit représentés les douze apôtres et divers sujets mythologiques entremêlés d'une foule d'inscriptions , d'arabesques , etc.

Dans les grandes solennités, lorsque ]e pape officie, on porte à ses côtés deux grands éventails en plumes de paon : c'est peut-être un ancien souvenir de l'ancien flabellum ou peut-être aussi une simple marque de distinction et d'autorité qui remonterait bien haut dans l'antiquité ; car dans les ruines nouvellement découvertes en Perse , on voit un roi de Babyloiie aux côtés duquel on porte de semblables éventails. C'était peut-être pour rafraîchir l'air autour de lui, dans ces climats si chauds.

III. Moules d'hosties. — Comme on le comprend bien , pendant les premiers siècles de l'Eglise , il n'était nullement question de fer à mouler les formules eucharistiques. On sait , cependant que, de bonne heure , les pains destinés au Saint- Sacrifice portaient l'image de la Croix et même parfois l'image de N. S. J.-C. crucifié , ce qui ne pouvait guère se faire sans une espèce de moule. Néanmoins , les fers à mouler les hosties, tels à peu près qu'ils sont aujourd'hui, ne remontent pas au-delà du ix® siècle.

Au xi*' siècle , il est fait mention d'hosties qui avaient la forme d'un denier avec l'image du Sauveur ; les hosties destinées aux fidèles étaient donc alors au moins aussi petites qu'elles le sont aujourd'hui ; mais la formule du célébrant était toujours bien plus grande. Les moules dont on se servait pour les faire , sont aujourd'hui fort rares ; on en rencontre cependant encore quelques-uns. Il y en avait un à l'abbîiyo (1(î Moissac, sur lequel N. S. J.-C était représenté en squolctte.

Dès le iV siècle, les pains eucharistiques étaient déjà ronds et on les appelait couronnes , cercles , petites roues , etc.

Nota. — Lorsque le pape officie, on place une étoile d'or à douze rayons sur Thostie, pour qu'elle ne soit pas exposée à être emportée par le vent (241 b).

Le même usage existe chez les Grecs , au moins au Mont- Sinaï et ailleurs ; mais la croix est différente , comme on peut le voir dans le grand ouvrage de Lebrun sur les liturgies.

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