‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 72 sur 112 · CHAPITRE V CIBOIRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE V CIBOIRES

I. Ciboire. Ciborium , pyxis, arcula. — Dés les premiers siècles de TEglise , on sentit le besoin d'avoir un vase destiné à conserver la sainte Euc)iaristie pour le besoin des malades. Aussi , comme nous l'avons vu au mot Tabernacle de l'article précédent, l'on avait, dès-lors , des espèces de custodes , en matière précieuse , en or , en argent , en cuivre doré , etc. , pour cet usage. C'étaient des vases en forme de colombes (256), d'étoiles, de coffrets ou de petites tours qui se conservaient sous le ciborium. Mais ces vases n'étaient pas des ciboires ; ils étaient au moins bien différents de nos ciboires actuels. Le vase même qui renfermait la sainte Eucharistie , et que sainte Claire fit placer devant elle , lors de l'invasion de son monastère par les Sarrasins , n'était pas un ciboire , bien qu'on lui ait donné ce nom; il consistait simplement en une boîte d'argent garnie en ivoire. On donnait à tous ces vases le nom iepyxide ou de conserve, et ils ne servaient nullement à distribuer la sainte communion aux fidèles pendant la sainte messe , mais seulement à conserver la divine Eucharistie pour les malades.

Nous avons vu , en effet , au chapitre 2 du présent article , que dans les premiers siècles de l'Eglise^ et même pendant une

bonne partie du moyen-âge , on ne se servait pour donner la communion que d'une grande patène ; ce qui rendait évidemment les ciboires inutiles.

II. Mais lorsque , par suite du relâchement des mœurs et de la foi , la communion devint moins fréquente pour le peuple, et que partout les grandes patènes devinrent plus embarrassantes qu'utiles , on en fit faire de petites à peu près semblables à celles d'aujourd'hui. Dès-lors, il fallut se procurer un vase commode, ni trop grand ni trop petit, destiné à distribuer la sainte communion aux jours de fêtes où les fidèles communiaient en plus grand nombre ; et ces vases sont nos ciboires actuels qui, néanmoins, ont souffert plus d'une modification dans leur forme comme dans leur ornementation.

On en fit de fort simples et de très-riches (249) , il y en eut en or, en argent , en cuivre , en ivoire , en pierre d'onyx , d'agate, etc. Ceux qui étaient en or^ étaient souvent ornés de perles fines ; le ciboire devait être toujours en matière solide. Plusieurs conciles ordonnèrent positivement que la pyxide dont on se servait pour porter le Saint- Viatique aux malades , fût au moins en ivoire , par raison de solidité ( Voir Ducange , un mot pyxis).

Les plus anciens ciboires consistaient en vases assez profonds , avec un couvercle , et sans pied. La cathérale de Milan en possède un que l'on croit du iv« au v« siècle ; il est en ivoire, orné de sculptures curieuses; son couvercle est attaché au vase par une charnière (248).

Le musée de Dijon en possède un autre de môme genre ; mais peut-être que ce n'est encore là que de simples pyxides (*) .

Nota. — On donne aujourd'hui le nom de custode : 1® à un petit vase sacré, avec ou sans pieds, destiné à porter le Saint-Viatique aux malades ; 2° à la petite boîte en or ou en vermeil , garnie* de deux verres , et qui reçoit la sainte hostie et s'adapte à l'ostensoir pour l'exposition et la bénédiction du Très-Saint-Sacrement.

Les archives de Dijon et la métropole de Lyon possèdent des custodes du moyen-âge peu différentes des nôtres (247) .

(*) M. Clair, chanoine de la métropole d'Avignon , en possède un fort beau f en ivoire aussi. Il a la forme de nos ciboires actuels et son cou- Ycrclc est surmonté d'une croix. Il est dans le style de la Bcnaissancc.

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