‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 76 sur 112 · CROIX PROCESSIONNELLES ET PECTORALES · texte numérisé non relu

CROIX PROCESSIONNELLES ET PECTORALES

I. Les Croix processionnelles furent usitées dans TEglise dès les premiers siècles. Il est au moins certain qu'à peine Constantin eut rendu la liberté aux chrétiens ceux-ci en profitèrent pour donner plus de pompe à leur culte, et que de bonne heure une des pompes les plus solennelles du christianisme furent les processions à la tête desquelles marchait toujours la croix. Socrate (liv. vi, c. 8), Sozomène {lib. viii, c, 8), parlent des croix que saint Jean-Chrisostôme faisait porter en tête de certaines processions qu'il avait établies à Constantinoplc. Elles étaient en argent mais on en faisait en bois simple ou couvertes de feuilles d'argent. Il y en avait même qui étaient en or.

Pendant le reste du moyen-âge, on continua à y employer les métaux les plus riches comme aussi les matières les plus simples, selon les circonstances et les lieux. Il y en eut en bois , en fer , en or et en argent, ornées souvent d'émaux , de pierres précieuses , de riches ciselures , de sculptures (258) représentant des scènes tirées de l'ancien et du nouveau Testaments, des images du Sauveur , de la sainte Vierge et des Saints , des séries d'évéques, etc. Quelques-unes renfermaient des reliques de saints ou des parcelles de la vraie croix. Il y en avait aussi dont les branches étaient garnies de piquants destinés à recevoir des cierges que l'on allumait pendant la procession. Charlemagne avait fait don au pape Léon III d'une de ces croix en or pur, ornée de pierres précieuses de la plus grande beauté ; et saint Louis en donna une plus tard aux grands Carmes , en cuivre doré. Les croix dont on se servait aux funérailles étaient des croix plus simples que les autres (*).

(*) On appelait croix hosannières celles qui se portaient à la procession des Rameaui , à cause deVhosanna qu'on y chantait. Quelques-unes étaient

Le trésor de Saint-Jean de Lyon , possède deux croix du moyen-âge dont une est byzantine. Dijon en possède quelquesunes , aux archives.

IL Les Croix PECTORALES des évêques méritent aussi Tattention des archéologues. Leur usage remonte aux premiers siècles de TEglise. Mamachi , un des savants les plus exercés dans les antiquités religieuses , prouve par des faits positifs que, sous Dioctétien même, les fidèles et jusqu'aux soldats chrétiens portaient des croix d'or et d'argent suspendues à leur cou. C'est là, sans doute, l'origine des croix pectorales qui devinrent plus tard des insignes de l'autorité épiscopale. Ce qui est positif, c'est que la croix pectorale proprement-dite existait pour les évoques au v« siècle. Ordinairement ces croix étaient en or ou en argent, souvent enrichies de pierreries , d'émaux précieux , etc. Quelques-unes renfermaient des reliques de saints ou des parcelles de la croix du Sauveur. Cependant il en existait de moins riches et de moins précieuses; car, dans plusieurs tombeaux d'évêques des xi«, xii« et xiii® siècles, on n'a trouvé que des croix pectorales en plomb. Certains abbés portent aussi la croix pectorale, mais souvent elle n'est qu'en bois , telle est entre autres celle des abbés de la Trappe.

Les croix que les papes , les archevêques et les évoques font porter devant eux sont toujours à croisillon simple. Ce n'est que dans les peintures et les sculptures que l'on donne aux Papes une croix à triple croisillon et aux archevêques une croix double. Cependant les patriarches orientaux portent la croix à double croisillon et peut-être aussi que quelques archevêques d'Occident, dont les siégesontpujouir du titre de patriarchat, l'ont portée quelquefois.

Nota. — Souvent on a pris pour un second croisillon dans

munies d'un petit pupitre.On donne aussi le nom d« croix stationnales à des croix qui se portaient à Rome aux processions des stations des trois principales églises de la ville papale; savoir: Saint-Jean-de-Latran, Saint-Pierre et Sainte-Marie-Majeure. Par stations,on entendait des processions dans lesquelles le peuple romain s'assemblait dans une église pour aller delà dans une autre où le Pape devait officier. Ces stations étaient réglées par un ancien cérémonial , et quant au jour et quant à Téglise où elle devait avoir lieu.

les croix grecques, l'écriteau de la croix, comme aussi le support des pieds est devenu parfois un troisième croisillon ; c'est de là sans doute que sont venues les croix à deux et à trois croisillons ; c'est au moins probable.

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