‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 87 sur 112 · CHAPES, RICHESSE ET COULEURS DES ORNERENTS · texte numérisé non relu

CHAPES, RICHESSE ET COULEURS DES ORNERENTS

I. Chape. Cappa ou Capa, Pluviale, — La chape était primitivement une espèce de manteau fort simple, dont le célébrant se servait dans les processions extérieures en temps de pluie , d'où lui est venu le nom de pluvial. D'après plusieurs auteurs , c'était l'ancien manteau de campagne appelé penula, commun à tout le monde et dont il est question dans la II® épître de saint Paul à Timothée. La chape primitive , comme Idi penula , avait un capuchon appelé cape qui servaità couvrir la tête ; c'est le chaperon actuel de nos chapes sous une autre forme. Lorsque, plus tard, le pluvial fut devenu un ornement pour les cérémonies intérieures et extérieures du culte, on le fit d'étoffes précieuses ordinairement ornées de riches broderies, d'orfrois, de franges, etc. Cette étoffe représentait souvent des animaux , des personnages , des scènes bibliques, etc. (297). On conserveà Metz une chape du moyenâge où l'on voit représenté de grands aigles. A Dolckum (Frise), il en existe une autre sur laquelle on a représenté des espèces de cygnes blancs et bleus, et à Chinon, une avec des tigres, etc. La chape de Jean XXII est entre les mains d'une personne d'Avignon qui se propose , dit-on , de la rendre à la métropole.

On appelle chapes chorales celles qui sont destinées aux chantres.

La chape de saint Martin, si fameuse pendant le moyen-âge, n'était qu*un voile de taffetas, sur lequel était peinte l'image du saint.

Nota. — 1*» Il paraît que quelquefois la chape était fermée et cousue par devant, et que le chaperon , tel qu'il est aujourd'hui , remonte au moins au xvi® siècle.

â** Vers le xiii« siècle, Tusage d'ajouter des manches à la chape commençait à s'introduire ; mais le pape Innocent III et plusieurs conciles condamnèrent cette innovation comme contraire aux traditions liturgiques.

II. Au moyen-âge, les ornements sacrés étaient souvent d'une magnificence et d'une richesse vraiment étonnantes. Ils étaient parfois tellement chargés d'or, d'argent, de pierreries, de perles, de diamants même , qu'ils se tenaient droits , qu'on ne pouvait pas les plier, et qu'il fallait être très-robuste pour pouvoir s'en servir, tant ils étaient lourds. La cathédrale de Mayence, entre autres, en possédait un tellement lourd, qu'après l'évangile, le célébrant était obligé de l'échanger pour un autre plus léger. Toutefois, malgré leurs richesses, les ornements du moyen-âge étaient généralement souples et soyeux, et se drapaient avec autant de grâce que de noblesse sur le corps du célébrant; tandis qu'aujourd'hui nos ornements, doublés d'un bougran fortement collé, sont raides et secs, et partant fort disgracieux. Depuis plusieurs années, le clergé catholique d'Angleterre revient, avec le consentement du Pape, aux formes majestueuses du moyen-âge. Plusieurs évoques français en ont déjà fait autant.

III. Pendant les neuf ou dix premiers siècles de l'Église, îl ne paraît pas qu'il y eût rien de généralement établi , au moins par un règlement particulier , touchant la couleur des ornements sacrés. Toutefois, les monuments les plus anciens semblent démontrer que l'on préférait ordinairement le blanc et le rouge. Au xni* siècle, on était déjà à peu près fixé pour le nombre des couleurs et leur emploi en certaines fêtes ou fériés déterminées. Innocent III parle du blanc y du rouge, du vert et du noir. Durand de Monde , y ajoute le violet et même le jaune. Dès lors, le hleu était également compté parmi les couleurs liturgiques , et était employé dans certains diocèses, pour l'Avent, le Carême et aux messes de mort.

Dans rÉglise d'Orient, on a adopté toutes ces couleurs, moins le noir qui n*est jamais employé. C'est le rouge qui est la couleur de deuil.

On sait que le drap d'or peut remplacer toutes les couleurs , moins le noir; mais plusieurs auteurs prétendent qu'il n'en est pas de même de la couleur jaune.

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