CHAPITRE V
PILLIUH. GRERIIL, ROCHET ET SURPLIS. HOZETTE, CIHIL. ftUHUSSE.
I. Pallium, chez les Latins; Omâphorium , chez les Grecs. — Le pallium était, à ce que Ton croit, un ornement impérial, ayant la forme d'un manteau ; il ressemblait à peu près à nos chapes, mais il était fermé par devant. Dès le iv« siècle, les empereurs, de concert avec le Pape, l'envoyèrent aux patriarches comme insigne de leur autorité , et ceux-ci le donnaient aux métropolitains. Chez les Grecs, tous les évoques le portent. En Occident , au contraire , les Papes ne l'accordent qu'aux métropolitains et à quelques évoques par faveur. Quelques auteurs ont fait remonter l'origine du pallium à saint Lin. Mais quoi qu'il en soit de cette origine, le premier archevêque qui l'ait reçu en France est saint Césaire, archevêque d'Arles et vicaire du Saint-Siège dans les Gaules au vi« siècle. Parmi les simples évêques qui ont obtenu l'usage du pallium , on cite celui d'Autun et celui du Puy. Celui de Marseille vient de recevoir cette faveur de la part du saint pontife Pie IX.
Depuis bien des siècles et peut-être depuis le commencement du IV® siècle , le pallium est réduit à une simple bande de laine blanche , large de trois doigts, qui entoure le haut des épaules et dont les deux bouts pendent , l'un par devant et l'autre par derrière ; il est orné de croix maintenant noires et autrefois pourpres , d'après Durand ; ses deux extrémités sont garnies de petites lames de plomb couvertes avec de la soie noire. (302)
L'évêque de Toul portait autrefois une sorte de pallium appelé sur-huméral. C'était une espèce d'étole fort large , garnie de franges ayant par-devant et par-derrière deux courtes bandes en forme d'écussons chargés de pierreries.
IL Grémiâl. — Primitivement, lorsque les ornements furent devenus riches et somptueux, on dut les soigner pour les préserver de tout ce qui pouvait les endommager ou les salir. C'est pour cela que lorsque le célébrant s'asseyait, pendant le Saint- Sacrifice, on avait soin de placer sur ses genoux une serviette ou un voile, pour préserver la chasuble de la sueur de ses mains ; et c'est de là qu'est venu l'usage de mettre sur les genoux de l'évêque, lorsqu'il officie pontificalement et qu'il s'assied , un voile richement orné, appelé grémiaL Dans quelques églises on le donne à de simples prêtres , mais alors il doit être fort peu orné , en soie, bordé tout au plus d'un galon en or ou en argent.
III. RocHET, Surplis. Rochetum^ Superpellicium, Cotiay etc. — Le surplis et le rochet ne sont l'un et l'autre que l'aube raccourcie. Dans le Nord, les ecclésiastiques, pour se préserver des rigueurs du froid , pendant l'hiver , portaient une robe fourrée de peau. Ils furent donc obligés d'élargir les manches du surplis dont le nom même rappelle cette origine (superpellicium). De là le surplis à grandes manches adopté aujourd'hui dans presque tous les diocèses (303). Lorsque les fourrures n'ont plus été en usage, on rejeta, en certaines églises, les manches par-derrière ; on finit par les plisser, et de là est venu le surplis parisien à ailes. Ailleurs on se contenta de rétrécir les manches , et de là le rochet proprement dit , qui n'est porté ordinairement que par l'évêque et les chanoines.
Celui des évêques seul peut être orné de dentelles et de broderies , les autres doivent être simples et unis.
On distingue une autre espèce de rochet qui est sans manches. Il est en usage dans certains diocèses pour le confessionnal. On l'accorde aussi aux chantres laïques.
En Italie, on se sert aussi d'un rochet ou surplis extrêmement court. C'est là la vraie çotta,
IV. MozETTE, Camàil. Humevaley Mozetta. — L'on confond souvent la mozette avec le camail ; cependant le camail proprement dit a toujours un capuchon qui sert , aux ecclésiastiques qui le portent , à se couvrir la tête pendant l'hiver ; tandis que
la mozette n'en a qu'un fort petit qui n'est plus qu'un souvenir de ce qu'il était autrefois ; car , à vrai dire , primitivement le camail et la mozette étaient une môme chose et ont eu la môme origine. D'abord , ce n'était môme qu*un capuchon en tissu de mailles , dont on se couvrait la tôte, d'où le nom de cape-de-mailles y cape-mail, camail. Plus tard il s'agrandit, de manière à couvrir les épaules , et enfin il couvrit tout le corps et devint ce que l'on appelle la chape d'honneur, cappa magna, différente de la chape de cérémonie. On l'a conservé ainsi en certaines églises , surtout pour les cardinaux , les chanoines de Samt-Jean-de-Latran , etc. Dans le plus grand nombre des diocèses on le raccourcit de nouveau et on le réduisit à peu près à ce qu'il est aujourd'hui. A Paris et ailleurs, dans le Nord, il a conservé le grand capuchon pour les simples ecclésiastiques ; et pour les évoques et les chanoines il a pris le petit capuchon, et c'est la mozette actuelle plus ou moins riche, avec ou sans hermine, violette ou noire, etc.
V. AuMussE. Almutium, — L'aumusse est une fourrure qui , pendant l'hiver , servait aux chanoines à se couvrir la tôte , durant les longs offices de la nuit. Elle ne consistait d'abord qu*en un simple capuchon , puis on Tagrandit de manière à couvrir les épaules. Pendant l'été on la portait sur le bras gauche. Aujourd'hui, l'aumusse n*est plus qu'un ornement de cérémonie , sans utililité. Le capuchon qui portait le nom d'aumusson s'est transformé en une simple poche destinée à recevoir le bréviaire.
Le camail, dont nous avons parlé ci-dessus, remplaçait souvent l'aumusse.