‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 89 sur 112 · CHAPITRE VL TIARE, RIITRE, BftRRETTE , CkLOTTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL TIARE, RIITRE, BftRRETTE , CkLOTTE

I. Tiare ou Tmare. Regnum, Triregnum. — La tiare qui est réservée aux Souverains-Pontifes , est un bonnet rond, en drap d'or , entouré de trois couronnes précieuses et surmonté

du globe du monde , avec la croix. Elle a , comme les mitres, deux fanons qui tombent par derrière. Dans le principe, la tiare n'avait qu'une couronne ; selon toute vraisemblance , la seconde couronne existait déjà sous Nicolas II (1061), bien que , d'après plusieurs auteurs , ce soit Boniface VIII qui Tait ajoutée (1297); la troisième remonte à Clément V (1314) , quoique d'autres ne la fasse dater que d'Urbain V (1352) ou de Benoit XII (1334). Ce dernier pape est représenté avec la triple couronne, sur son tombeau que Ton voit à la métropole d'Avignon. Primitivement la tiare était tout-à-fait unie et fort simple (309). Le cardinal qui met la tiare au Souverain- Pontife , lui dit: Accipe tiaram tribus coronis ornatam et scioLs te esse patrem, regem et Christi vicarium... Reçois la tiare ornée de trois couronnes , et souviens-toi que tu es Père, Roi et Vicaire de J.-C.

II. Mitre. CidariSy Mitra, Infula, Phrygium, — L'apôtre saint Jean , d'après le témoignage des anciens auteurs ecclésiastiques (Eusèb. liv. 24, et saint Epiph. adver. hmr, liv. m. 14.), portait sur la tête une lame d'or en signe de sa dignité. On en dit autant de saint Jacques , évêque de Jérusalem. De là on a conclu , avec raison , que les évoques devaient porter généralement une coiffure ou une couronne particulière , dont parlent plusieurs auteurs, et qui, plus tard, en se transformant, est devenue la mitre épiscopale. Toutefois, ce n'est guère que vers la fln du x® siècle que la mitre est universellement adoptée par les évoques.

Primitivement la mitre était une coiffure commune aux hommes et aux femmes. Dans l'Ancien-Testament elle est donnée aux prêtres et aux rois , et Judith elle-même en prend une pour se présenter devant Holopherne. Au iv® siècle de l'ère chrétienne , elle est devenue la coiffure des vierges consacrées à Dieu. Mais ces mitres étaient fort différentes des mitres épiscopales dont il est ici question. Celles-ci consistaient, d'abord, en un bonnet de drap d'or ou d'étoffes précieuses , garni de deux rubans destinés à le fixer sur la tête. Ce sont ces deux rubans qui sont devenus plus tard les deux fanons de la mitre actuelle.

Jusques vers la fin du xiii® siècle , la mitre est fort basse et n'a guère que 8 à 10 centimètres de haut. C'est plutôt une coiffe ou une calotte qu'un bonnet. Sa forme varie assez ; les

unes sont en croissant, les autres arrondies ou aplaties pardessus. Il y en a à côtes de melons, etc. En général elles sont fort riches , ornées de lames d'or ou d'argent, de pierreries , de broderies remarquables. Quelques-unes sont ornées de personnages représentant des scènes du Nouveau-Testament , l'Annonciation , la Passion , le Jugement dernier. Au xiv® siècle , la mitre peut avoir 20 centimètres environ de hauteur ; au xv« , elle a jusqu'à 30 centimètres , et au xvi®, elle atteint à peu près la hauteur des mitres actuelles (295-300) (*).

Les évéques grecs portent une espèce de tiare en forme de bonnet assez élevé. En Arménie, les prêtres portent un bonnet rond , en étoffe précieuse , surmonté d'une croix. Les évoques ont une mitre à peu près semblable à celles des nôtres.

En Occident , les papes ont autorisé certains abbés et de simples prêtres ou chanoines à la porter aussi. Ils Tout même conservée pour eux dans presque toutes les cérémonies. Il est fort rare qu'ils portent le trirègne. Les cardinaux s'en servent aussi en plusieurs circonstances. Dans la sacristie de Saint- Sylvestre , à Rome , on conserve une mitre que l'on croit avoir appartenu à ce pape. Elle est en soiQ bleue ou verte , brodée d'or ; mais l'inscription qu'on y lit CAve Maria; est en lettres gothiques ; peut-être qu'elle a appartenu à Sylvestre IL

III. Barrette, Béret ou Berette. Biretum. — Il paraît que jusques vers le milieu du xni® siècle , les ecclésiastiques devaient avoir la tête nue pendant les offices. Mais en 1243 , le pape Innocent IV permit aux chanoines réguliers de Cantorbery de se couvrir la tête pendant une partie des saints offices. De là , l'usage de l'aumusse dont nous avons parlé , de la barrette, de la calotte, etc.

La barrette n'était d'abord que la cale ou calotte dont tout le monde se servait avant l'invention des chapeaux. On lui donna le nom de bonnet parce qu'elle était faite, ordinairement, d'une étoffe appelée bonnette. Primitivement cette coiffure qui était fort basse n'avait que deux plis. Bientôt on y en ajouta

{*) La fîg. 295 représente la mitre telle que nous Vayons trouvée sur ud vieux bas-relief de Téglise de Tarascon , et teMe que nous Tavons vue sur la copie d'un portrait de Kainaldus de Foresio , archevêque de Lyon , au iii« siècle. Ce portrait est conservé à rarchevêcbé.

un troisième et , enfin , un qjjatrième , ce qui la fit appeler bonnet carré. Chaque pli était surmonté d'une corne et les quatre cornes formaient dans leur ensemble une figure de la croix, au centre de laquelle était un gland ou une petite houppe. Sous Louis XV , la barrette s'éleva , les cornes s'effacèrent , la houppe grossit et ce fut le bonnet carré actuel qu'on commence à abandonner , avec raison , pour revenir à la barrette. En Italie, la barrette à quatre cornes est réservée aux docteurs. Les autres la portent à trois cornes seulement.

La barrette des cardinaux est rouge ; les évoques la portent violette , ainsi que quelques chanoines , par privilège ; celle des autres ecclésiastiques doit être noire. Par un privilège unique , la supérieure des Théatines de Naples a le droit de porter la barette , pardë que saint Philippe de Néri , pour honorer la pieuse institutrice de cet ordre , lui posa sur la tête sa propre barrette.

L'ancienne cale ou calotte est encore usitée aujourd'hui. On la fait en drap , en velours , en cuir , etc. Celle du Pape s'appelle camaure. Elle est blanche ou rouge , selon les circonstances. Celle des cardinaux est rouge; les évoques l'ont violette , les autres noire. Les enfants de chœur la portent ordinairement rouge.

D'après certaines miniatures, oa peut conclure que la calotte était usitée dès avant le xiv« siècle.

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