‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 90 sur 112 · CHAPITRE VIL GKNTS ET CHAUSSURES DE CEREMONIES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL GKNTS ET CHAUSSURES DE CEREMONIES

I. Gants. Manicm^ CAiroiAeéîÉ&. -— Il n'est nullement question des gants des évoques dans les premiers siècles de l'Eglise. Cependant leur usage est fort ancien et remonte au commencement du moyen âge. Des tombeaux du xi® siècle offrent des statues d'évêques , dont les mains sont couvertes de gants ornés d'une croix , de broderies , de pierres précieuses , etc. Bien

avant cette époijue , les Evoques portaient des espèces de manches fmanicasj qui étaient , dès le xi* siècle , d'un usage commun et qui descendaient sur les mains pour les préserver du froid. Dès que les gants furent connus, ils durent remplacer ces manches bien moins commodes ; et , soit par besoin , soit par convenance , soit par raison de propreté , ils firent bientôt partie des insignes épiscopaux. Vers le milieu du xi« siècle , néanmoins , le Pape Léon IX permit aux abbés du Mont-Cassin de porter des gants semblables à ceux des Evoques , privilège qui passa dans la suite à plusieurs autres abbés.

On possède encore les gants de saint Bertrand-de-Comminge» ornés de broderies, dans le goût du xi* siècle. On a trouvé ceux de Tabbé Ingon dans son tombeau. Us sont en tissu de soie à jour et paraissent faits à l'aiguille. Ils datent du xi^ siècle. En 1844, on a également découvert, dans le tombeau d'Hervée, évoque de Troyes au commencement du xiii* siècle, un reste de broderie ayant appartenu aux gants de ce prélat. La broderie représente une main bénissant avec cette légende : Innomine patris et filii et spiritûs sancti, et un agneau près d'une croix avec ces mots : Agnus Dei,

Autrefois les simples prêtres portaient des gants aux messes solennelles en allant à l'autel ; mais ces gants devaient être en peau et différents de ceux des évoques. Les chantres dignitaires qui portent le bâton cantoral, les ecclésiastiques qui portent les insignes pontificaux auprès de l'évêque, les laïques même qui portent le dais, etc., en doivent avoir aux mains , en coton ou en peau.

II. Sandales. Sandalia, Pedules. Bas. Caligœ, Compagi, Nous avons déjà vu que par respect pour l'auguste sacrifice on obligea, dès les premiers siècles, les ecclésiastiques à avoir des habits particuliers et plus propres pour les cérémonies sacrées. Or, on porta ce soin jusqu'à la chaussure, et l'on ordonna que les évoques et les prêtres en changeraient avant de monter à l'autel. D'abord cette chaussure ne consistait qu'en une semelle de bois ou de cuir attachée au pied au moyen de courroies entrelacées par-dessus. Plus tard , ce fut une espèce de soulier découpé à jour. Ces sandales étaient au commencement communes à tous les ministres de l'autel. Depuis longtemps , les évêques seuls ont conservé l'usage de changer de chaussure quand ils oflQcient solennellement , et

cette chaussure, depuis plusieurs siècles, est en étoffe de soie brodée en or. De bonne heure, quelques abbés ont obtenu des Souverains-Pontifes le privilège de porter les sandales comme les évoques. Nous donnons, d'après A. Rocca, (t. ii, p. 375), la chaussure qu'on croit être du pape saint Sylvestre (306) , celle de saint Martin, pape et martyr (307), et celle d'Honorius I®' (308). On conserve à la Chartreuse de Valbonne une chaussure de saint Malachie, archevêque au xii*' siècle.

Les BAS étaient primitivement des espèces de guêtres qui montaient jusqu'aux genoux , ou bien des brodequins qui se laçaient autour de la jambe. Il n'y avait d'abord que les évêques et les prêtres qui en portassent; puis les papes les permirent , dès le vi® siècle , aux diacres de Rome et de quel- <iues autres églises. Aujourd'hui presque tous les évêques les ont remplacés par les bas de cérémonie.

La chaussure pontificale de Pierre Lombard , trouvée dans son tombeau, consistait en des souliers ou sandales brodées et montées sur une semelle de liège. Celle de l'abbé Ingon, du XI*' siècle, également trouvée dans son tombeau, était semblable à des guêtres en soie violette , ornées de dessins en or trèsvariés , d'arabesques , d'oiseaux , de lévriers, etc.

La chaussure du pape appelée mule n'est que le soulier que le Souverain-Pontife porte habituellement. Il est en maroquin ou en soie de couleur rouge; une croix brodée en or décore cette chaussure , et c'est cette croix que l'on baise ; ce qui s'appelle baiser la mule du pape. (V. les n®" 306-307-308.)

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