‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 91 sur 112 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

ORNEHERTS DIVERS. LINGES D'IUTEL. HIPPE, CORPORIL, PILLE.

I. Il est question , dans les auteurs liturgiques du moyenâge, de beaucoup d'autres ornements qu'il est quelquefois fort difficile de déterminer , parce qu'ils ne sont plus usités au-

jourd'hui. En voici quelques-uns qui nous ont paru les plus intéressants à connaître :

1° Dominical. C'était un linge que les femmes mettaient sur leurs mains pour y recevoir la sainte Eucharistie, soit 'pour communier immédiatement, soit pour l'emporter chez elles, comme il leur était permis de le faire pendant les persécutions. Ce dominical était encore en usage au vi« siècle. Plus tard , il a été remplacé par la nappe de communion.

On a donné le même nom à un voile dont les femrnes devaient se couvrir la tête en communiant , usage qui s'est perpétué jusqu'à aujourd'hui.

2** Pectoral. C'était une pièce d'étoffe qui se plaçait sur la partie antérieure de quelques ornements ou vêtements ecclésiastiques. Cet ornement se rencontre dans quelques tableaux du moyen-âge.

3<* Le dorsal, qu'on rencontre aussi dans quelques tableaux, était une pièce d'étoffe riche et ornée , qui se plaçait sur la partie de derrière de certains ornements. On donnait encore ce nom à une draperie qui se mettait derrière le siège ou trône pontifical , ou même derrière tout le clergé, en forme de tenture. Ces espèces de rideaux étaient souvent fort riches et ornés de personnages, de scènes 'historiques , etc.*; des fresques du moyen-âge en offrent quelques exemples.

4** Barer ou parura, nom d'un ornement carré qui se plaçait au bas des aubes et sur leurs manches. On en rencontre sur les tombeaux , les vitraux , etc. (297-301).

II. Parements d'autels. Voiles d'autels. Linteamina, Velaminay Pallia, etc. — Il est certain que, dès les premiers siècles, les autels furent couverts, au moins pendant le Saint- Sacrifice, d'étoffes plus ou moins riches et précieuses. Il paraît même que du temps de saint Optât (iv« siècle) , ils l'étaient hors du temps des saints offices. Les voiles qui couvraient tout l'autel étaient fort souvent relevés par des broderies représentant des scènes du Nouveau -Testament, des légendes pieuses, des images de N. S. Jésus-Christ, de la Ste-Vierge, des Apôtres, des Martyrs , etc. Ces broderies étaient ordinairement en soie, en argent et en or, sur un fond de lin , de soie ou même sur un drap d'or , relevées par des perles ou des pierres précieuses (*).

(") Les Grecs mettaient aax quatre coins de l'autel qualrepans de drap

L'usage de ces parements a persévéré pendant tout le moyenâge et existe encore en certaines églises. Partout ailleurs ils ont été remplacés par les tours ou pentes d'autel en broderies plus ou moins riches dont on pare aujourd'hui nos autels {*). Les tapis dont on les couvre après les oflSces , sont encore un souvenir de ces anciens parements. Il paraît aussi que ces voiles tenaient lieu primitivement de nappes et de corporaux, dont nous allons parler.

m. Nappes. Mappœ, Tualea, Pallm, etc. — La nappe a été longtemps confondue avec le voile ou parement d'autel , dont nous venons de parler, et qui servait tout à la fois d'ornement et de nappe pendant le Saint-Sacrifice. Cependant , il est probable que lorsque ce voile était couvert de broderies, on devait étendre par-dessus une nappe plus simple et en même temps plus commode, d'autant plus que, dès le iv® siècle, le pape saint Sylvestre avait ordonné que, pendant le Saint-Sacrifice, l'autel serait couvert d'une toile de lin, comme nous l'apprend Anastase-le-Bibliothécaire. Jean IV se contenta d'ordonner qu'on le couvrît de linges très-propres. Depuis longtemps, on ne doit employer que des nappes en chanvre ou en lin. Primitivement , elles devaient couvrir tout l'autel et descendre jusqu'à terre, au moins sur les côtés. Il reste encore un vestige de cet usage, dans la nappe dont on couvre l'autel au Vendredi- Saint, et qui doit pendre tout autour de la table sacrée.

Les Grecs se servent encore de nappes en soie.

L'église de Saint-Etienne, à Lyon, possédait autrefois une nappe d'autel du ix® siècle extrêmement curieuse, et par son antiquité, et par les inscriptions fort remarquables qui la décoraient. (V. Hist, ecclés, de Lyon, par de la Mure , 1671 .)

IV. CoRPORAL. Palla Corporalis , Opertorium Dominici Corporis, Corporale, — Le corporal était primitivement une toile de lin, dont on couvrait l'autel au moment du Sacrifice et sur laquelle se faisait la consécration du corps et du sang de Jésus-Christ. Il était fort grand et couvrait tout le dessus

sippeUs évangélistei , parce qu'ils portaient chacun le nom etTimaged'un ëvangéliste, et on plaçait par-dessus au moins deux nappes.

(*) Ces devant-d'auteis en broderies étaient déjà usités au xy« siècle. Il en existe de cette époque qui sont fart remarquables.

de l'autel. Aussi l'a-t-on confoniu avec la nappe dont nous venons de parler. Il est cependant probable qu'il en était distinct. On le faisait très-grand, pendant les premiers siècles, à cause de la grande quantité de pain eucharistique qu'il fallait consacrer pour faire communier les fidèles. Dans la suite, on le réduisit à des dimensions plus petites. Cependant , jusque vers le in« siècle , il devait encore être assez grand pour couvrir le calice ; mais, depuis lors, il a été à peu près ce qu'il est aujourd'hui. Il doit avoir environ cinquante centimètres en tous sens.

La Bourse ou Gorporalier, connue dans les anciennes rubriques sous les noms latins de pera ou theca corporalium et qui sert à enfermer le corporal , remonte assez haut dans le moyen-âge. Il consiste, comme chacun sait, en deux cartons joints ensemble, recouverts en dehors d'une étoffe de la couleur de l'ornement, et à l'intérieur d'une toile blanche.

V. Palle. Palla , Opertorium. — Il paraît que notre palle actuelle était primitivement, ou le corporal même dont nous venons de parler et qui était assez ample pour couvrir tous les dons sacrés , ou un corporal distinct du premier, fort grand et destiné uniquement à couvrir le calice et le pain eucharistique. Il était en toile fine de lin, et, en France, il était parfois en étoffes de soie. Au xiii® siècle. Innocent III parle d'un corporal plié , différent de l'autre corporal , et servant à couvrir Iç calice. C'est là évidemment l'origine de notre palle actuelle, qu'on a garnie d'un carton pour plus de commodité. A Rome, la palle n'est recouverte des deux côtés que d'une toile de lin. En France, depuis longtemps, elle est ornée en dehors d'une étoffe plus ou moins riche et ornée souvent de broderies. L'église primatiale de Lyon a conservé l'ancien usage de couvrir le calice avec une partie du corporal qui est plus grand que les nôtres.

Dans certaines églises, les calices sont munis d'un couvercle à charnière du même métal que le vase. En Orient, on se sert d'un voile de fin lin pour le couvrir. La palle actuelle doit avoir dix centimètres en tous sens.

Page 1