CHAPITRE IX
VOILE , PURIFICATOIRE , MAHUTERGE . CHRÊHEAU.
I. Voile. Vélum. — Le voile, dont il est ici principalement question , est une pièce d'étoffe carrée , ayant ordinairement vers le milieu une croix en galons ou en broderies. Il doit être de soie et de la couleur de Tornement ; il sert à couvrir le calice au commencement de la messe. L'usage de couvrir d'un voile le calice remonte très-haut dans l'antiquité, puisqu'il en est question dans les Constitutions apostoliques; mais ce voile n'était probablement qu'un des corporaux dont il a été question précédemment et qui servaient à couvrir les oblations sacrées. Nous avons vu, en effet, qu'un de ces corporaux appelé /?a//e était souvent en soie dans les églises de France. Notre voile actuel ne serait donc qu'un reste de cet ancien corporal comme notre palle actuelle.
Cependant, il a pu se faire que ce voile, dont parlent les Constitutions apostoliques , ait été différent des corporaux et ait servi réellement à couvrir tout ce qui était sur l'autel pour en dérober la vue aux catéchumènes, tant que ceux-ci restaient dans l'assemblée des fidèles , c'est-à-dire jusqu'à l'offertoire. C'est, en effet, à ce moment qu'on l'enlève encore aujourd'hui.
Chez les Grecs, il y a trois voiles : le premier sert à couvrir la patène et le pain sacré, le second à couvrir le calice, et le troisième à couvrir le tout ensemble.
Le voile y depuis les premiers siècles de l'Église, a été l'attribut des vierges.
On donne encore le nom de voile à une petite bannière que l'on place devant le Saint-Sacrement lorsqu'on prêche pendant qu'il est exposé. (V. au chap. suivant, au mot poêle,)
II. PuRiFiCATOiRE. Purificatorium. — Les anciens liturgistes ne font aucune mention du purificatoire qui sert aujour-
d'hui à purifier le calice, principalement après la communion. Cependant, dès la plus haute antiquité , il était ordonné aux diacres de nettoyer les vases sacrés ; mais il n'est rien prescrit sur les moyens à prendre pour atteindre cette fin. Tout ce que nous apprennent les usages du moyen-âge, c'est que les moines, et entre autres ceux de Citeaux , attachaient au coin de Tautel , du côté de Tépître , un linge destiné à purifier le calice. Ce linge fut ensuite détaché, sans doute , et joint au calice pour plus de commodité, et devint notre purificatoire. Aujourd'hui ce linge doit être de lin et avoir environ 50 centimètres sur 35.
Chez les Grecs , c'est une éponge qui sert de purificatoire.
III. Manuterge , Lavabo , Manuiergium, — Nous avons déjà vu que la crédence-piscine devait renfermer un vase d'eau et une serviette blanche; lorsque, plus tard, on abandonna l'usage de ces piscines placées près de l'autel pour se servir de simples bassins , on en détacha la serviette qui fut mise au coin de l'autel , à la place du purificatoire qu'on en avait ôté , comme nous venons de le dire. Bientôt ce linge devint plus petit pour plus de commodité , et la serviette ne fut conservée que pour les évoques qui s'en servent encore aujourd'hui , au lieu du manuterge réservé au célébrant.
Le manuterge doit avoir environ 50 centimètres sur 40, et doit être en toile de lin ou de chanvre.
rv Chrémeau. CAmma/e, Sabanum, etc. — On appelle chrémeau un linge blanc que le prêtre met sur la tête de l'enfant après l'avoir baptisé. Il représente :
1°La robe blanche que portaient primitivement les nouveaux baptisés, et qu'ils déposaient le samedi du dimanche in albis, après l'avoir prise le Samedi-Saint , jour alors consacré au baptême solennel , ainsi que la veille de la Pentecôte ;
2** Le linge blanc dont on enveloppait leur tête après l'onction du saint chrême et qu'on appelait galea ou cappa;
3° Un autre linge assez grand dont on enveloppait le corps de ceux qui sortaient des fonts-baptismaux avant qu'ils eussent reçu leur robe blanche. C'est ce dernier linge qui portait le nom de sabanum.
Autrefois les confirmés portaient aussi ; pendant deux ou trois jours , une espèce de bandeau large de trois doigts environ , dont on leur enveloppait leur front par respect pour l'onction du saint chrême qu'ils avaient reçue. Après ce tcmps-
là , on le leur enlevait et on le brûlait. Il était également appelé chrémeau.
Les évoques avaient aussi, le jour de leur sacre, la tête couverte d'une barrette de toile. Aujourd'hui on se contente , dans les deux derniers cas , d'essuyer le front avec des étoupes de coton , etc.