‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 94 sur 112 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

SOUTftNE. CHKPEKU, RftBKT.

I. Soutane. Togasubtanea, Vestis talaris, — Vendmiles premiers siècles de l'Eglise , les ecclésiastiques ne se distinguaient pas des simples fidèles dans la forme de leurs habits.

C'eût été dangereux aux époques de persécution. Mais , lorsque la paix eut été accordée à TEglise par l'empereur Constantin , ils commencèrent à s'en distinguer , sinon par la forme des vêtements, au moins par la couleur qui , d'après saint Jérôme» ne devait être ni trop éclatante , ni trop obscure. CEpis. ad nepot.j. Les Conciles du vi« siècle prescrivent la môme chose et prohibent , entre autres , la couleur rouge. Il paraîtrait , d'après les monuments du temps , qu'à cette époque et longtemps après , la couleur blanche était communément préférée par les ecclésiastiques. Les papes seuls ont continué jusqu'à nos jours , à porter habituellement la soutane blanche.

De nombreuses miniatures du moyen-âge nous font croire , qu'à cette époque, l'habit ecclésiastique était souvent de couleur bleue. Plusieurs évoques , vers ce temps-là , ainsi que de simples ecclésiastiques, adoptèrent le violet ou le brun et quelquesuns prirent le rouge. Plus tard le violet fut réservé aux évêques et , par privilège , à quelques chanoines. Ce fut vers l'an 1 464, que le pape Paul II donna aux cardinaux la soutane rouge. Cependant, les cardinaux religieux ont continué à porter l'habit de leur ordre , seulement il est doublé de rouge. Le noir n'est devenu obligatoire pour les ecclésiastiques que depuis le Concile de Trente.

Quanta la forme, la soutane qui n'est que l'ancienne toge romaine que le peuple abandonna vers le vi® siècle , et que les ecclésiastiques ont continué à porter , a dû toujours être fort longue et descendre jusqu'aux talons. Du xiv« au xv« siècles , on commença à lui ajouter une immense queue à l'exemple des princes et des magistrats qui avaient conservé la toge romaine , au moins comme habit de cérémonie. En général , la soutane était large et ample ; ce qui nécessitait une ceinture pour la serrer autour du corps. Aujourd'hui , en France surtout, la soutane est souvent si étroite que la ceinture n'est plus qu'un simple souvenir, ou un ornement sans objet.

Primitivement, on portait souvent, sur la tunique ou soutane , un manteau appelé penula , birrus, 11 en est question dans la ii® éplt. de saint Paul à Timothée. Quelques clercs réguliers ont conservé cet usage, et portent encore une espèce de manteau sur la soutane. C'est de là , aussi , qu'a pu venir notre manteau long de cérémonie. D'ailleurs , comn^ nous Tavons déjà vu, les ecclésiastiques furent pendant longtemps,

presque pendant tout le moyen-âge , obligés de porter soit l'aube , soit la chape antique , lorsqu'ils sortaient de chez eux; rhabit de dessous pouvait alors être plus court. Mais hors de ce cas , la tunique ou soutane devait descendre jusque sur les pieds. (V. TomB.ss\n. DiscipL eccL).

II. Chapeau.- Galerus, Pileus. — Il est certain que d'abord, les ecclésiastiques n'avaient pas une coiffure différente de celle des laïques. Lorsqu'on abandonna le capuchon , que les religieux ont conservé jusqu'à présent, les prêtres suivirent l'exemple des séculiers et se coiffèrent comme eux d'un bonnet d'étoffe, qui prit insensiblement la forme carrée ou triangulaire, à cause des plis qu'y formait la main en le prenant fréquemment. De là est né le bonnet carré ou barrette dont nous avons déjà parlé , et que les ecclésiastiques portaient même dehors. Ces bonnets prirent plus tard un rebord qu'on releva sur les quatre faces. Mais cette forme quadrangulaire parut désagréable, et l'on se contenta d'en relever trois côtés , ce qui donna une espèce de chapeau triangulaire ou à trois cornes, qui a été l'origine du nôtre. Il était en laine ou en feutre foulé et noir ; et c'était , sous Louis XIII , Louis XIV et Louis XV, le chapeau commun à tout le monde. Vers la lin du xviii® siècle , il changea de forme pour les laïques , et les ecclésiastiques seuls l'ont conservé généralement , jusqu'à nos jours , tel qu'il était alors .

Depuis quelque temps on a commencé , dans certains diocèses , à en rabattre les ailes , et à lui donner une forme qui s'éloigne un peu trop de l'ancienne.

C'est au Concile de Lyon (1245) que le Pape Innocent IV donna le chapeau rouge aux cardinaux. Au reste , les cardinaux ont quatre sortes de chapeaux :

i^ Un chapeau rouge , en soie , orné de quinze glands de chaque côté. On conserve encore à Saint-Pierre d'Avignon celui de saint Pierre de Luxembourg ( xiv« siècle) ;

2° Un chapeau très-ample appelé Capellare ou parasol. Il est eh soie rouge et est porté par un officier , au-dessus de la tête du cardinal, en façon d'ombrelle ou de parasol, aux grandes solennités ;

3^ Un chapeau usuel , en feutre rouge , avec galons en or ;

4** Un chapeau en feutre noir , semblable d'ailleurs au précédent , avec des galons rouges et de petits glands en or.

Les évoques , outre le chapeau noir à galons en or , qu'ils

portent habituellement, en ont un autre de pure cérémonie et Uont ils ne se couvrent jamais ; il est vert et a des glands semblables, pour la forme, à ceux des cardinaux , mais au nombre de six seulement.

Les patriarches Tout également vert , avec dix glands. En Orient, les prêtres grecs portent un turban bleu et les religieux un turban noir.

III. Rabat. Collare, Collarium. — Le rabat ne fut d'abord qu'un linge blanc , placé autour du cou pour remplacer le col de la chemise que Ton rabattait alors sur la soutane. Le rabat fut préféré comme étant plus commode et plus propre , pouvant être plus facilement enlevé et remplacé que le col de la chemise.

Sous Louis XIV , le rabat consistait en deux pièces de toile fine et blanche , comme on le voit aux portraits des évêques et des prêtres du xvii® siècle, et tel que les Frères des écoles chrétiennes et d'autres religieux l'ont conservé jusqu'à présent. C'est au commencement du xviii® siècle qu'on le fit , pour les ecclésiastiques , de deux pièces de soie ou de camelot noires et bordées de blanc comme aujourd'hui.

En Italie , le rabat ou petit collet ne consiste qu'en un petit rebord blanc , et il n'est pas même universellement porté par tous les ecclésiastiques. Les Jésuites, les Lazaristes et d'autres prêtres religieux portent le rabat italien , même en France.

Au moyen-âge, on donnait le nom àe collare, collarium h. un ornement qui se mettait autour du cou des prêtres et des diacres. Aujourd'hui encore la dalmatique et la tunique sont parfois accompagnées d'une espèce de collare séparé , qui se met sur les épaules du diacre et du sous-diacre, et qui peut bien n'être qu'un souvenir de l'ancien ornement de ce nom attaché à la chasuble, à la chape, à la tunique , etc. ; il était rabattu et richement orné, (1 96-i 97-301 ) .

§ IV. — Uwrem Uiurgîquem.

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