E. Heurteau, p
4. Imhaus, L*s Nouvelles- Hébrides, Paris, 1890, p. 122, d'après M. Levât.
5. Une seule des Nouvelles-Hébrides, Anaïtom, parait renfermer des serpentines en tout semblables à celles de la Nouvelle-Calédonie (Pelatan, rens. oral).
6. Guppy, The Solomon Islands, their geology, London, 1887, p. 25 et 32. The Solomon and their Natives, p. 6-7, Trans. Roy. Soc. Edinb., t. XXX11, p. 545.
roches coralliennes émergées et les roches volcaniques récentes dues à des volcans éteints ou encore actifs, on a rencontré des roches éruptives anciennes, porphyres granitoïdes, serpentines, et des roches sédimentaires anciennes représentées par des quartzites et des schistes ardoisiers compacts. L'analogie serait donc grande avec la Nouvelle- Calédonie. En Nouvelle-Irlande * on a signalé des montagnes qui ne sont pas exclusivement calcaires, et qui renferment aussi du granit, des porphyres et des diorites, avec d'autres roches éruptives anciennes. Dans l'archipel d'Entrecasteaux, de hautes montagnes sont formées de micaschistes, de schistes quartzifères et de schistes ardoisiers *.
A l'Est des Nouvelles-Hébrides, on rencontre un dernier archipel de grandes fies, celui des Fidji. Celles-ci ne sont plus des lies longues et étroites, comme la Nouvelle-Calédonie, ou disposées sur une môme ligne comme les Hébrides et les Salomon. On est assez mal renseigné sur la constitution de leur sol ; mais il est certain qu'on n'y trouve pas uniquement des roches volcaniques ou madréporiques et des calcaires tertiaires; on y observe aussi des roches éruptives anciennes et des schistes cristallins3.
Tous ces archipels paraissent bien avoir fait partie d'une même grande terre Mélanésienne qui devait être émergée pendant les temps secondaires. Quant à la zone volcanique du Taupo, qu'on a suivie en Nouvelle-Zélande jusqu'à Plenty Bay, sa continuation au Nord- Est est très clairement indiquée; sur une même fissure se placent les Kermadec, les Tonga, et les Samoa \ où les phénomènes éruptifs ont atteint, à l'époque historique et même très récemment, une si grande intensité. Or on se rappelle que, tout contre ces îles, se trouve, comme l'a montré l'étude du relief sous-marin, la fosse des Tonga, c'est-à-dire les abîmes les plus profonds qu'on ait rencontrés jusqu'ici dans les mers de l'hémisphère Sud ; on sera tenté de supposer que, comme on Ta constaté sur d'autres points du globe, ces effondrements se sont produits en
1. Ann.der Hydrogr., 1876, p. 365. Journ. and Proceed. Roy. Soc. N. S. Wales% 1882,
2. 0. Finsch, Samoa f ah rien. Thomson, Scott. Geogr. Mag., 1889, p. 513. Les Louisiades, les Iles d'Entrecasteaux et l'intérieur de la Nouvelle-Guinée britannique sont, d'après Maitland, composés principalement de roches métamorphiques et de schistes plus ou moins cristallins (Jack and Etheridge, Geology of Queensland,^. 687. Cf. Haddon, Sollasand Cole, On the GeologyofTorres Straits, Transact. Roy . Irish Academy, 1894, vol. XXX, part. 11).
3. Thomson, The M elanesian plateau {Proceed. Queensl. lh\ of the R. G. Soc. of Anstralasia, 1892-93, t. Vlll, p. 24). Encyclopedia Britannica, v° Fidji. « Den ganzen Archipel fur volcanisch erklaren ist ein Irrthum », dit Meinicke, Insein des Slillen Océans, II, p. 2. Cf. Arthur Wichmann, Ein Beilrag zur Pétrographie des Vili-Archipels (Mineratog. u. Petrogr. Mitteil., herausg. von G. Tschermak, t. V, Wien, 1883, p. 1).
4. Ces archipels paraissent exclusivement composés de roches volcaniques. Cependant (The Melanesian plateau, p. 24) il y a des raisons de croire que les Tonga, notamment Eua, reposent sur une base de roches cristallines.
avant d'une ancienne ligne de rivage, dont les îles Mélanésiennes sont les restes. Là est la véritable limite du Pacifique proprement dit, dont la mer de Tasman et la mer de Corail sont des « mers de bordure1 ».
Ce sont les deux chaînes des archipels mélanésiens, qui, prises ensemble, peuvent être considérées comme le second arc du système de chaînes entourant l'Australie à l'Est *. Cela ne résulte pas seulement de leur situation sur le prolongement de Tare de la Nouvelle-Zélande, ainsi que de leur orientation suivant cette courbe, mais encore et surtout de leur constitution, de la présence des terrains primaires et sédimentaires anciens qu'on y rencontre associés aux formations éruptives récentes.
Ainsi ces terres morcelées se comprennent tout autrement si on les regarde comme un grand système de chaînes extérieures, l'arc Néozélandais, et l'arc Mélanésien dont fait partie la Nouvelle-Calédonie, qui ont pour commune terre intérieure le massif Australien, avec lequel elles ne se relient directement qu'au détroit de Torrès, mais dont elles sont le complément stratigraphique 3. Par là s'explique le relief si singulier et si accentué de la Nouvelle-Calédonie. Dans l'ensemble des terres australasiennes, c'est la masse continentale qui offre précisément le moindre relief. Les chaînes les plus élevées de l'Australie, avec les 2237 mètres du mont Kosciusko, sont d'importance secondaire en comparaison des 3760 mètres du mont Cook, des montagnes de la Nouvelle-Guinée, neigeuses à moins de un degré de l'Equateur, et qui atteignent 4025 mètres au mont Stanley; même les îles Salomon ont des altitudes supérieures, et si la Nouvelle-Calédonie ne dépasse pas 4642 mètres par ses plus hauts sommets, on a vu qu'elle peut cependant passer ajuste titre pour un pays accidenté et montagneux, « un poisson où il n'y aurait que des arêtes ». C'est ainsi que les spéculations géologiques les plus aventureuses et en apparence les plus étrangères à notre sujet, qui est l'explication du relief calédonien, sont en réalité indispensables pour comprendre ce relief.
On n'a pas à suivre, sur tout le pourtour du Pacifique, les plissements montagneux qui le bordent. Il serait facile de montrer la continuation de ces courbures dans les Philippines, les chaînes de l'Asie orientale, les Aléoutiennes, enfin la côte occidentale de l'Amérique du Nord. Ce sont évidemment les arcs Papou et Néo-Zélandais dont la reconstitution est le plus difficile et le plus hypothétique, à cause de leur état morcelé. Qu'il suffise de constater avec Suess4 que « le Pacifique est complètement entouré par des chaînes de montagnes, dont les plissements, déjetés
1. Drasche, in Leonhard Geinitz, Neues Jahrbuch fur Minéralogie, 1879, p. 268.