‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 108 sur 393 · Ann. soc. Metéor. 1867, Bulletin, p · texte numérisé non relu

Ann. soc. Metéor. 1867, Bulletin, p

5. Challenger Heportst Physic and Chemistry, t. II, Reports on atmospheric Circulation by Buchan, p. 48.

variable suivant les mois de Tannée ; comme la pression détermine la direction et la force des vents dominants, et ceux-ci à leur tour la température, l'humidité, la pluie et à un haut degré les courants de surface de l'océan, il est évident que la différence entre le climat astronomique et le climat réel reconnaît pour cause primordiale la distribution des terres et des mers. » C'est cette cause vraiment géographique qu'il faut avoir toujours devant les yeux, et dont on doit s'attacher à déterminer le rôle et l'influence propre dans les questions de climat. Les combinaisons sont aussi variées que les climats eux-mêmes, c'est-à-dire qu'il n'est pas deux points du globe qui se ressemblent à cet égard complètement.

On examinera donc successivement les pressions et les vents, les températures, les pluies, enfin le régime des fleuves, signe du climat, tels qu'ils se comportent en Nouvelle-Calédonie *. Conformément à la méthode employée dans les chapitres qui précèdent et dans ceux qui suivent, on rapprochera les phénomènes observés dans l'archipel Canaque de ceux que présentent les mers et les terres qui l'environnent. Seulement cette comparaison qui, pour le relief ou la flore, est un complément d'informations, indispensable à ce qu'il semble, mais enfin un complément, devient ici l'essence et le fond même du sujet. On peut bien concevoir, à la rigueur, que le relief ou la flore d'un pays puissent être étudiés à part et sans tenir compte de leurs rapports avec ce qui les environne ; mais on ne saurait même imaginer une étude de climat portant

1. Ici trouve sa place une remarque préliminaire; comme le dit très judicieusement M. Louvet, Tannée météorologique ne correspond pas exactement à Tannée civile, pas plus qu'aucune des saisons proprement dites n'est représentée respectivement par chacun des quatre trimestres ordinaires. Si on établissait une étude climatologique d'un pays austral quelconque en partant de la division ordinaire de Tannée, on arriverait à des données statistiques fausses, par ce fait que Tune des quatre saisons météorologiques serait coupée en deux tronçons. La division trimestrielle ordinaire ne pouvant que masquer Tallure des divers phénomènes météorologiques et le caractère véritable du climat, M . Louvet propose d'appeler été austral, les mois de décembre, janvier, février; automne austral, les mois de mars, avril, mai; hiver austral, les mois de juin, juillet, août ; printemps austral, les mois de septembre, octobre, novembre. (V. Louvet, Saisons en Nouvelle-Calédonie, lre notice. Automne austral, p. 3). On ne saurait manquer de reconnaître ce qu'il y a de fondé dans cette manière de voir, et de convenir qu'elle apporte beaucoup de clarté dans Tétude du climat calédonien. Mais il faut remarquer que l'inconvénient de la division de Tannée civile et des saisons telles qu'on les compte ordinairement, n'est pas propre à la Nouvelle-Calédonie ni même à Thémisphère austral ; on pourrait aussi chercher querelle à M. Louvet sur la date à laquelle il fait commencer chacune de ses saisons, date qui, exacte (avec des réserves) pour la Nouvelle-Calédonie, se trouverait factice plus près de TEquateur. On donnera donc à son observation une portée plus générale, en disant qu'il faut faire peu de fond sur la division en saisons, et qu'il est toujours préférable d'entrer dans le détail des caractères particuliers à chaque mois de Tannée. En tout cas, on a résolument supprimé, môme dans les citations, l'absurde appellation d'hivernage ; nos habitudes de langage sont déjà assez dérangées quand il s'agit d'un pays de Thémisphère Sud, sans qu'on embrouille les expressions à plaisir.

sur un point qui se suffirait à lui-même, puisque c'est précisément l'action et la réaction des diverses parties du globe les unes sur les autres qui détermine le climat d'une contrée : notion simple et féconde, trop souvent oubliée.

On ne trouvera ici, en fait de météorologie, que ce qui importe à la climatologie en tant que science auxiliaire de la géographie. L'importance relative des divers phénomènes dont la réunion constitue le climat d'un lieu n'est pas la même pour les deux sciences, dont les rapports ont été trop bien définis par M. Hann l pour qu'il y ait à y revenir. On se servira de la météorologie pour expliquer le climat, comme de la géologie pour expliquer le relief.

Un minimum équatorial, un maximum subtropical, un minimum subpolaire, un maximum polaire, tel serait, comme le démontrent les météorologistes, la répartition des pressions atmosphériques sur le globe dans un climat normal, c'est-à-dire si l'on supposait la terre entièrement couverte d'eau 2. Mais cette régularité idéale est troublée par les continents, qui s'échauffent et se refroidissent plus vite que les mers, et par leur inégale répartition suivant les degrés de latitude. Si l'on jette un coup d'oeil sur les cartes d'isobares annuelles 3, on voit que tout le système des hautes et basses pressions se trouve sensiblement reporté au nord de l'Equateur. Si on considère la pression moyenne de juillet et de janvier v, l'influence des terres devient bien plus marquée. Sur les mers, les minima et les maxima, tout en se déplaçant avec l'équateur thermique, persistent dans les deux saisons. Sur les continents, on trouve en hiver des maxima, en été des minima. Il y a donc opposition fondamentale entre les maxima et les minima continentaux et marins. Les premiers sont périodiques, les seconds permanents 8. La régularité des pressions est d'ailleurs beaucoup moins troublée dans l'hémis-

1. R&nn,HandbuchderKlimalologie(St\itlgeirt,l$&Z)yp. 2. « Die Klimatologieist nur ein Teil der Météorologie... Die Météorologie isttheoretisirend,siezergliedert denKoniplex der atmosph&rischen Vorgançe, um die einfacheren Teilphanomene an die Grundlehren der Physik anzuknûpfen. Die Klimatologie ist ihrer Natur nach mehr beschreibend, und ihre Aufgabe dabei ist ein môglichst lebendiges Bild des Zusammenwirkens aller atmosph&rischen £rscheinungen ùber eine Erds telle zu liefern... Die Klimatologie setzt die Kenntniss der wichtigsten Lehren der Météorologie ebenso voraus, wie die letztere die Kentniss der klimatischen Thatsachen. »

2. Supan, Grundzùge der physischen Erkdunde, p. 78 et 82. Woeikoff, Die Klimate der Erdey t. I, p. 339.

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